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Doors Open – Ian Rankin

Doors Open

Ian Rankin (2008)

Orion

260 pages

(Traduction: Portes ouvertes, Le Masque, 2011)

**Attention, possibles révélations pour ceux et celles qui n’auraient pas lu le livre. Je ne dévoile pas la fin, mais bon. J’aime mieux vous avertir***

Résumé

Mike Mackenzie, riche entrepreneur en informatique, Allan Cruikshank, conseiller financier, et Robert Gissing, professeur d’art près de la retraite, forment un drôle de trio. Ils ont très peu en commun si ce n’est leur amour réel pour l’art. Quand je parle d’amour réel, je parle d’amour des oeuvres, des artistes, de l’Art avec un grand A. Ces types méprisent les gens ou les organismes qui achètent des oeuvres pour les cacher ou les revendre au gros prix plus tard. Ils voudraient plutôt que l’art soit accessible, que le public puisse en profiter partout et n’importe quand, et ils détestent les  entrepôts où se cachent des oeuvres qui devraient être vues et admirées. C’est un peu pour ça que ces voleurs amateurs vont décider de tenter un vol d’oeuvres d’art de l’entrepôt de la National Gallery of Scotland qui ouvrira ses portes, pour un jour seulement, lors de la journée Portes ouvertes. Tout semble rouler pour nos amis : le professeur Gissing a trouvé un contrefacteur, Mike a su rallier quelques contacts parmi le monde du crime organisé et Allan revoit les derniers détails. Évidemment, comme dans tout bon livre ou film de vol, rien n’ira comme sur des roulettes…

Mon avis

Avant même de lire ce livre, je savais qu’il me donnerait du fil à retordre. C’est que les Rebus de Rankin, j’adore. Alors,  l’auteur saurait-il me séduire avec un roman hors-Rebus ? Les premières pages m’ont rassurée. L’écriture était la même, soit directe et drôle. Puis, quand est venue la trame principale, l’organisation du vol, j’ai décroché ben raide, comme on dit ici. Pour moi, c’était tellement irréaliste. Oui, on peut bien s’imaginer ces trois gars parler d’art de cette façon, même rêver de commettre ce vol, mais dans les faits, je n’y ai pas cru une seule minute. Pour moi, c’était tout à fait impossible qu’ils aillent de l’avant. J’ai toutefois continué ma lecture, pas très impressionnée, mais l’arrivée du crime organisé et des péripéties m’ont un peu eue à l’usure. Je trouvais encore l’histoire tirée par les cheveux, mais au moins, le rythme était réellement haletant. À quelques reprises, lors du vol ou des agressions, je retenais réellement mon souffle. Ça faisait longtemps que ça m’était arrivé.

Au final, malgré le rythme et l’écriture, l’histoire m’a peu accrochée. Cela dit, je mets la barre haute, car j’adore Rankin, mais ce petit polar n’est pas mauvais du tout si on s’abandonne à l’idée que ce vol pourrait être plausible.

Voir l’avis de Cryssilda, ici.

—————————-

Parlant de Cryssilda, ma copine folle amoureuse de l’Écosse nous a mis au défi de lire 6 publications écossaises récentes. Il n’en fallait pas plus pour m’intéresser. Donc, pour attribuer le Prix Kiltissime au meilleur livre écossais, nous lirons (pas nécessairement dans l’ordre) :

1) Louise Welsh – Naming the bones (De Vieux Os)

2) Peter May – The Blackhouse (L’Île des chasseurs d’oiseaux) ou The Lewis Man (L’Homme de Lewis)

3) John Burnside – Glister (Scintillation)

4) Ian Rankin – Doors Open (Portes ouvertes)

5) Philip Kerr – If The Dead Rise Not (Hôtel Adlon)

6) Dominic Cooper – Men at Axlir (Nuage de cendre)

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Ainsi saigne-t-il – Ian Rankin

Ainsi Saigne-T-Il - Une Enquête De L'inspecteur Rebus de Ian Rankin

Ian RANKIN (2000)

Éditions du Rocher

403 pages

(version originale: Let it Bleed, 1995)

Je devrais être en train de travailler. Ou de vous parler de Great Expectations. Mais je n’ai qu’une envie: rester dans l’univers de Rebus. J’en mange. Et j’en rêve. (Oui, hier soir, Rebus est venu à ma rescousse dans un rêve.)

Cette fois-ci, l’histoire commence par une poursuite policière. Rebus est passager d’une voiture conduite par un Lauderdale déchaîné qui suit un véhicule conduit par deux jeunes, Willie et Dixie, soupçonnés d’avoir enlevé Kirstie Kennedy, la fille du maire. Presque au même moment, un ex-prisonnier va se suicider devant le conseiller municipal Gillespie qui tient sa séance mensuelle. Notre Rebus commencera à travailler sur l’enquête, avant de se voir mis en congé forcé (est-on surpris?), ce qui n’aide pas son humeur déjà morose. C’est que Rebus a été viré par Patience, et  Sammy, sa fille, est revenue à Édimbourg pour travailler pour ONET, l’Organisme national d’éducation par le travail, un organisme qui vient en aide aux ex-prisonniers. Rebus ne voit pas d’un bon oeil que sa fille côtoient ces gens, ce qui entraîne quelques flammèches entre les deux. On retrouve aussi Gill Templer, qui a monté en grade et qui est devenue vraiment chiante. Enfin, Rebus a une rage de dents. Donc, il n’y a rien pour faire sourire notre inspecteur préféré dans cette histoire, si ce n’est qu’il pourra enfin se venger de son ennemi juré, Flower.

J’ai beaucoup beaucoup aimé cette enquête de Rebus. La précédente, Causes mortelles, m’avait laissé un goût amer (mais ma copine Maeve a adoré, alors ne vous fiez pas qu’à moi). Dans ce tome, il y a encore tout ce que j’aime chez Rebus, comme ses problèmes, son inaptitude sociale et son petit côté peu orthodoxe, mais pour la première fois, on commence à entrevoir ce qui se cache vraiment sous le côté baveur et frondeur de John Rebus. Lui qui assume sa consommation d’alcool et sa mauvaise humeur semble au fait qu’il est comme ça pour cacher quelque chose. Je n’ai jamais vu Rebus comme un personnage unidimensionnel, mais cette fois-ci, on développe le personnage beaucoup plus et on ne peut qu’espérer de grandes choses pour les suites:

« Si Rebus buvait, c’était entre autres choses pour pouvoir dormir. Le sommeil avait tendance à le fuir quand il faisait abstinence. Il scrutait l’obscurité, souhaitant la voir se matérialiser sous diverses formes afin de mieux la cerner. Il essayait de donner un sens à sa vie – évoquait ses années catastrophiques dans l’armée, le fiasco de son mariage, ses échecs de père, d’ami, d’amant -, et terminait en larmes. » (p. 255)

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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A Good Hanging and Other Stories – Ian Rankin

A good hanging and other stories by Ian Rankin

Ian Rankin (1998 – 1re édition 1992)

Orion

253 pages

En temps normal, je n’aurais pas parlé de ce livre, car je n’ai vraiment pas grand-chose à dire, mais comme il s’insère dans mon challenge personnel et informel Rebus, j’ai décidé d’en faire un court billet.

Cet ouvrage de Rankin met en vedette notre Rebus adoré, mais c’est plutôt 12 nouvelles et non une enquête principale. Je ne suis pas folle folle des nouvelles, mais comme c’était Rebus et Orion, je me suis lancée, car j’étais sûre d’aimer. Mais la chimie n’a pas opéré. Même si j’ai aimé entrer plus en détail dans la vie quotidienne d’un Rebus qui n’est pas toujours au centre d’une méga enquête de fous, qui a un travail quotidien plus normal, j’ai eu l’impression que ces nouvelles tombaient à plat et  qu’elles étaient un peu des essais de romans ratés: pas assez intéressantes pour devenir un « vrai » livre, une longue enquête.

Il y a quand même quelques trucs sympathiques, comme une interaction avec George Flight, rencontré dans Le Loup-garou de Londres, et l’arrivée d’un inspecteur français, Cluzeau… Oui, oui. Mais le tout s’arrête un peu là. Je lis habituellement mes Rebus en 2 jours, mais celui-ci, plus court que les autres, m’a pris 2 mois. Ça dit tout. Mais bon, passons à un autre, car je n’abandonne pas ! J’ai déjà commencé le prochain, et j’aime! Rebus forever !

Si vous êtes fanas de Rebus comme moi, vous apprécierez le coup d’oeil dans le quotidien de Rebus, mais sans plus. Mais empruntez-le à la biblio.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Causes mortelles – Ian Rankin

Ian RANKIN (1999)

Éditions du Rocher

344 pages

(version d’origine: Mortal Causes – 1994)

C’est le festival fringe à Édimbourg. La plupart des habitants et des touristes sont heureux, mais pas tous. Évidemment, toute cette activité ne plaît pas trop à notre Rebus, car les crimes augmentent et surtout, ça bloque la circulation, et il ne peut plus circuler aussi aisément. Les jeunes du Gourbi, un HLM limitrophe du centre, eux non plus n’apprécient pas le festival qui représente tout ce qu’ils ne sont pas. Un peu avant la fin du festival, un cadavre est retrouvé dans les couloirs souterrains de Mary King’s Close. Le jeune homme a été exécuté à la façon des traîtres de l’IRA. Rebus, qui a fait partie de la SAS et qui a été posté à Belfast durant le gros de la guerre civile, le sait trop bien, et c’est pour ça que ses supérieurs le mettent en charge de l’enquête.

Eh bien, il fallait que ça arrive. Après un départ canon avec Rebus (4 livres aimés fort fort sur 5), en voici un qui m’a beaucoup moins intéressée. En fait, Rebus est toujours aussi délectable, de plus en plus alcoolo et asocial, mais l’intrigue m’a ennuyée presque au plus haut point. Je ne connais pas grand-chose aux guerres en général et j’étais complètement perdue avec tous les acronymes qui désignaient les groupes et les sous-groupes terroristes irlandais: SAS, UVF, RUC, UFF, UDR, UDA, alouette. De plus, comme ce livre traite de la « nouvelle technologie » de l’époque, lire les disquettes informatiques, il a moins bien vieilli que les autres qui passeront l’épreuve du temps sans trop d’anachronismes.

Même si je donne presque le bon Dieu sans confession à Rebus et que je me fiche un peu des coïncidences heureuses qu’il  y a dans ces livres, cette fois, j’ai trouvé l’histoire un peu trop tirée par les cheveux: d’un côté, le meurtre de Mary King’s Close, de l’autre côté,  Rebus qui, à la demande de son ami le père Leary, va dans le Gourbi rencontrer un jeune prêtre-travailleur social qui semble avoir perdu la foi. Ajoutez à l’intrigue Mairie Henderson et Morris Gerald Cafferty (en criminel éthique?), brassez un peu et obtenez, au final, deux histoires qui, évidemment, auront rapport l’une avec l’autre. C’est un peu exagéré.

Le point fort du livre: d’excellents personnages, comme les policiers de Fettes, le nouveau Q.G., Caroline Rattray, une avocate qui intéressera notre Rebus, Flower, le collègue de Rebus qu’on aime détester, etc.

Enfin, j’ai bien aimé ce que dit Rebus sur les Borders, les Marches de l’Écosse. C’est un peu long, mais c’est aussi l’impression que j’ai eue en allant là-bas:

« À chaque fois que John Rebus avait traversé l’une des villes des Marches d’Écosse, que ce soit en service ou par choix personnel, le même mot lui était venu à l’esprit: Propre. Ces villes étaient bâties selon des plans simples et d’une netteté presque chirurgicale. Les immeubles, construits de pierre brute, étaient carrés, sans fioritures. Les gens qui circulaient de la banque à l’épicerie et de l’épicerie au pharmacien avaient de bonnes joues roses et pétaient de santé, comme s’ils se passaient le visage à la pierre ponce chaque matin avant de s’installer devant leur petit déjeuner à la ferme. […] À vrai dire, les habitants des Borders épouvantaient Rebus. Il ne parvenait pas à les comprendre. Mais il subodorait que la situation géographique – beaucoup plus proche de la frontière avec l’Angleterre que de n’importe quelle ville importante d’Écosse – avait sans doute provoqué une sorte de schizophrénie dans ces villes et chez leurs habitants. » (p. 133)

Je termine en disant quelques mots sur la traduction de Michèle et Frédéric Witta. Elle m’a beaucoup plus plu que celle de Rebus et le loup-garou de Londres et que celle du Carnet noir, même si c’était les mêmes traducteurs pour Le Carnet noir. Toutefois, en enchaînant les traducteurs, il survient des incohérences auxquelles il faut se réhabituer. Par exemple, dans Le fond de l’enfer, Watson est surnommé le Fermier. Maintenant, c’est le Péquenot. Mais bon. J’ai espoir de trouver des versions anglaises pour les prochains.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Le Carnet noir – Ian Rankin

Ian RANKIN (1998)

Éditions du Rocher

358 pages

(version d’origine: The Black Book – 1993)

« Tout advint parce que John Rebus était occupé à lire la Bible dans son salon de massage préféré. »

Quel bon début! C’est du Rebus tout craché! À l’amorce, ça semble assez calme pour John Rebus. Il est chez le masseur (rien d’illégal, quand même), et même si tout n’est pas rose avec Patience, ça va. Puis tout à coup, tout dérape: un homme poignardé vient s’écrouler à la boucherie Sansaz, Brian Holmes, le collègue de Rebus, se fait assommer à la sortie de son resto préféré, le Heartbreak Café, tenu par deux mordus d’Elvis, Patience le vire, un pédophile refait surface, etc. Rebus devra jongler avec toutes ces affaires et choisir ses priorités, qui le mèneront vers un cas plus important, et plus dangereux, celui de l’incendie du Central, qui a eu lieu il y a cinq ans, là où un mort n’a jamais été identifié.

Pour moi, Rebus, c’est du bonbon. Si j’ai une panne de lecture, je peux me tourner vers lui et j’embarque. Ici, je me suis délectée. J’avoue que je n’ai pas aimé autant que le précédent, Strip Jack, mais c’était quand même très bien, et notre Rebus est toujours aussi peu orthodoxe qu’avant: il coupe la communication téléphonique d’un gars dans un bar, car il doit faire un appel, il retourne dans son appartement qu’il loue à des étudiants quand Patience le vire, etc.

On continue aussi dans l’humour noir, et Rankin n’a pas peur de rire des Écossais:

« Je l’ai surnommé Hamish, confia Curt, parce qu’il vient de ces contrées peu évoluées que sont les îles Hébrides. » (p. 225)

Seul bémol: cette édition française… Aïe aïe aïe! Des coquilles, de l’alternance entre le tutoiement et le vouvoiement, parfois dans la même phrase. Il y a Rebus qui vouvoie Brian (qu’il tutoyait dans Le Fond de l’enfer), mais qui tutoie Nell, la copine de Brian. C’est à n’y rien comprendre. D’autres traductions sont aussi suspectes, et j’aimerais bien savoir, pour ceux qui l’ont lu en anglais, ou qui le liront en anglais, que dit le passage suivant en anglais:

À la page 191 de l’édition française, Rebus parle à Pat Calder au téléphone et lui demande des nouvelles du cuisinier, Willie. Que dit Pat dans la version originale ? I am the chef? I am the king? En français, c’est « Je suis le chef », mais comme on parle de fans d’Elvis, j’ai un doute. Mais bon, simple curiosité.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Strip Jack – Ian Rankin

Ian RANKIN (1993)

Orion

279 pages

(version traduite: Piège pour un élu)

Gregor Jack, un député écossais, est arrêté lors d’une descente dans un bordel d’Édimbourg. Les médias, alertés au préalable par on ne sait qui, sont déjà là et sont trop heureux de prendre sa photo et de la diffuser dans les journaux. Parallèlement, Rebus enquête sur une histoire de livres rares volés et un peu par hasard, il décide d’arrêter chez Jack pour prendre de ses nouvelles. Là-bas, notre futé Rebus flaire un mystère: la femme de Gregor Jack n’a pas donné signe de vie depuis des jours, ce qui semble étrange à Rebus compte tenu de la situation de son mari, mais qui semble tout à fait normal à Jack, car sa femme vit ce qu’on pourrait appeler une double vie dans laquelle les fêtes orgiaques avec ses amis d’enfance, aucun d’entre eux blanc comme neige, font légion dans la région.

Voici la quatrième enquête de l’inspecteur Rebus et mon plaisir est toujours le même. Je pense que je l’aime d’amour… Je l’aime parce qu’il a un sens de l’humour noir et malsain, je l’aime parce qu’il est terrible et imparfait et je l’aime parce qu’il est futé et qu’il fait rarement des compromis.

De tous les Rebus que j’ai lus jusqu’à maintenant, je pense que celui-ci est le plus drôle. Notre Rebus, fidèle à lui-même, est toujours un peu bêta et jamais très orthodoxe: il s’essuie les mains sur un tapis de bain et non sur une serviette; il se sert du whisky dans la maison d’une victime; il pense empocher l’argent que son employeur lui donne pour payer son B&B et dormir dans sa voiture, etc. Il y a aussi énormément de jeux de mots assez comiques et, par curiosité, j’aimerais bien savoir comment ça a été traduit (note à ceux qui le liront en français): male member pour décrire un membre mâle du Parlement et le membre masculin; brothel creepers pour décrire un type de chaussures et les clients du bordel; Strip Jack, le titre, qui fait référence à un jeu de cartes et en même temps, à quelqu’un qui voudrait mettre Gregor Jack à nu.

Évidemment, comme dans les autres livres, il y a des éléments récurrents, comme une autre femme, la Dre Patience Aitken (plutôt barbante), des références aux dents gâtées de Rebus, des références à Muriel Spark et à George Orwell, etc. Certains diront que c’est facile pour un auteur de reprendre des éléments antérieurs, mais je trouve que c’est réconfortant et amusant, si on aime le personnage et si c’est bien fait.

Dans ce tome, une partie de l’intrigue se déroule en dehors d’Édimbourg mais, bien sûr, la capitale est toujours aussi bien décrite:

« Springtime in Edinburgh. A freezing wind, and near-horizontal rain. Ah, the Edinburgh wind, that joke of a wind, that black farce of a wind. Making everyone walk like mime artists, making eyes water and then drying the tears to a crust on red-nipped cheeks. And throughout it all, that slightly sour yeasty smell in the air, the smell of not-so-distant breweries. » (p.50)

Et les clins d’oeil écossais sont très présents:

« He looked at the list of delights printed above the counter. Red, white and black puddings, haggis, smoked sausage, sausage in batter, steak pie, mince pie, chicken… with pickled onions or pickled eggs on the side. » (p.114)

Encore une fois, j’avais la superbe réédition d’Orion dans laquelle l’introduction écrite par Rankin m’a appris un tas de faits intéressants. En voici quelques-uns:

  • Ce livre a été écrit pendant que l’auteur vivait en France, et c’est à ce moment qu’il a ressenti un besoin de retourner à ses racines écossaises. Les références sont nombreuses, le vocabulaire est écossais, les lieux aussi:  « Curiously, it was only in leaving Scotland that I began really to become interested in my native country’s history and politics. I started to devour books on these subjects, and would return to Edinburgh three or four times a year… » (p. xii)
  • Les amis un peu déjantés de Gregor Jack et de sa femme sont inspirés de ses amis. C’en dit assez sur Rankin…
  • Pour la première fois, Rankin se met vraiment dans la peau de Rebus et lui donne certaines de ses caractéristiques physiques et psychologiques et certains de ses souvenirs, comme les pique-niques et les voyages en famille.
  • La fin de ce livre annonce le début du « vrai » Édimbourg pour Rankin. Alors que dans les quatre premiers livres certains lieux étaient inventés (le poste de police, par exemple), à partir du prochain, ce sera beaucoup plus réaliste: « I would take Rebus out of my made-up Edinburgh and into the real one: he would work in a real cop-shop and drink in real bars. » (p.xiv)
C’est toujours un bonheur presque sans faille de lire une enquête de l’inspecteur Rebus. Je me dis qu’à un moment donné, je ne pourrai qu’être déçue, mais pour l’instant, je jubile encore.
Ce livre a été lu en lecture commune avec Cryss. Dans quelques jours, Maeve nous rejoindra.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Tooth & Nail – Ian Rankin

Ian RANKIN (1re édition 1992)

Orion (réédition – 1998)

275 pages

L’inspecteur Rebus, qu’on a appris à connaître et qu’on aime, est appelé à Londres pour enquêter sur les crimes d’un meurtrier en série qui s’attaque sauvagement aux femmes. Depuis qu’il a résolu ce qui ressemblait à un cas semblable quelques années plus tôt à Édimbourg, Rebus est reconnu jusque dans le Sud, c’est-à-dire à Londres, mais ce n’est pas toute la bridage anglaise qui est heureuse de voir débarquer ce « paysan » d’Écossais. Toujours adepte de méthodes peu orthodoxes, Rebus, en compagnie de son homologue anglais George Flight, essaiera de résoudre ce nouveau mystère.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé ce livre de Rankin. Bon, j’adore l’Écosse et cet auteur, alors le fait qu’il aille visiter ma ville préférée au monde ne fait qu’en ajouter. De plus, l’intrigue est bien ficelée, et comme je suis bon public, je n’ai pas découvert le pot aux roses avant d’arriver vers la fin. C’est un livre plutôt noir où certains éléments qui semblent maintenant récurrents dans les livres de Rankin reviennent (références à M. Hyde; une autre histoire cul-de-sac avec une femme, etc.) J’ai adoré les différences soulignées entre l’Écosse et les Écossais et l’Angleterre et les Anglais. Est-ce un vieux restant de complexe colonial Québec-France? Peut-être, mais ça m’a plu. Notez aussi l’apparition-éclair de Morris Gerald Cafferty, un gangster écossais qui reviendra dans les prochains livres.

Encore une fois, j’avais entre les mains la super réédition d’Orion, dans laquelle Rankin écrit une introduction. On y apprend donc quelques faits divers intéressants qui ne font qu’ajouter du plaisir à notre lecture. En voici quelques-uns:

  • Rankin a vécu à Londres de 1986 à 1990, à Tottenham près de la Lea, où se situe le dernier meurtre du loup-garou. Fidèle à lui-même, Rankin aime bien placer ses histoires dans des lieux qui lui sont familiers.
  • La première édition anglaise s’appelait Wolfman, et non Tooth & Nail. C’est l’éditeur américain de Rankin qui l’a convaincu de changer le titre, disant que le livre serait pris pour un livre d’horreur.
  • D’après Rankin, ce livre a été influencé par sa lecture de The Silence of the Lambs de Thomas Harris. Il avoue sans honte qu’il voulait atteindre les ventes de Harris. Il a donc écrit une histoire de tueur en série, genre à la mode à l’époque, et il en a mis épais. Son éditeur, bouleversé,  lui a dit de couper, car il y avait trop de sexe et de violence.
  • Pendant ses années à Londres, Rankin a été juré à l’Old Bailey, et le temps qu’il a passé là-bas a servi pour sa description de l’endroit dans ce livre. Un jour, alors qu’il prenait des notes, un garde de sécurité l’a arrêté et lui a demandé de lui montrer ce qu’il écrivait. Horrifié, le garde qui croyait à une menace terroriste, a tout confisqué. Mais Rankin est allé s’asseoir dehors, sur un banc, et a tout retranscrit.
  • La liste des remerciements est une plaisanterie d’initiés: elle contient le nom de ses amis. Notez le nom du Pr J. Curt, qui est en fait Jon Curt, un ami d’université de Rebus avec qui il a beaucoup bu, qui deviendra le Dr Curt dans de futurs romans de Rebus.

Maintenant, un mot sur la traduction de Frédéric Grellier, qui est terrible, à mon avis. En lisant l’introduction de Rankin, qui disait que ce livre contenait beaucoup d’expressions écossaises, j’ai décidé de sortir aussi la version traduite de la bibliothèque, histoire de m’aider si je ne comprenais plus rien à la version originale. Eh bien, j’ai compris la version anglaise, et j’ai détesté la traduction. Celle-ci est très européenne (gonzesses, buter, tronches, etc.) et semble faire fi des passages plus compliqués en écossais.

Voici un exemple d’écossais qui n’a pas été traduit. La phrase a carrément été effacée. Je comprends que traduire une telle chose tient probablement de l’horreur et j’ignore ce que j’aurais fait, mais comme ce tome utilise beaucoup d’expressions écossaises et fait référence à quelques reprises au père de Rebus, à mon avis, il fallait l’inclure.

The argumentative punk was tall and immensely thin, his size and shape accentuated by the black he wore from tip to toe. ‘Twa ply o’ reek,’ Rebus’s father would have called him.  Was the Wolfman fat or thin? (p.126 de l’édition anglaise)

Celui qui ne voulait pas lâcher le morceau était une espèce de grand échalas, l’impression de maigreur et de grandeur accentuée par sa tenue noire de la tête aux pieds. Et le Loup-Garou, était-il maigre ou gros? (p.167 de la traduction)

Ici, un exemple de mauvaise traduction de « get this » et de vocabulaire très européen:

Get this, I’m not homosexul, O.K. ? (p.186 de l’édition anglaise)

T’es pas cool, gonzesse, je suis pas homossexuel, OK ? (p.240 de la traduction)

Merci à Isa pour le super logo Rebus. Si vous voulez lire son avis sur le livre, cliquez ici. Et pour savoir la signification du « FYTP » sur l’affiche, eh bien, il faudra lire le livre…

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
Et hop! Un autre livre Kiltissme!

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