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Azteca – Gary Jennings

JENNINGS, Gary (1981)

France Loisirs

729 pages

Le roi d’Espagne demande à l’évêque en charge du territoire appelé Nouvelle-Espagne (aujourd’hui le Mexique) de trouver et d’interroger un autochtone natif de la région qui lui relatera l’histoire et les moeurs de son peuple. Grâce à des lettres, des mémoires nous rencontrerons une grande civilisation, les Aztèques.

Comme d’autres, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Beaucoup de noms, d’endroits, de mots en nuahtal (langue autochtone) faisaient en sorte que je m’ennuyais un peu. Puis, le déclic s’est fait, et j’ai été absorbée par l’histoire, la vie, les habitudes, les inventions, les coutumes de ce peuple. On y décrit de merveilleuses choses (l’invention du cadran solaire, les teintures, etc.) autant que des plus repoussantes (surtout les sacrifices humains).

C’était un grand cours d’histoire qui manquait à ma culture. À travers les récits du vieil Aztèque, nous parcourons au moins 60 ans de l’histoire du Mexique, de 1470 à 1531, environ. Les cent dernières pages du livre sont extrêmement déchirantes. C’est la bataille finale entre les Aztèques et les hommes de Cortez, c’est l’extinction quasi totale d’un peuple très avant-gardiste, mais aussi très traditionnel. Nous connaissons tous la fin de cette triste histoire, mais on se prend à espérer qu’il en soit autrement.

La seule chose qui m’a un peu déplu (et j’ai entendu dire que c’est encore plus présent dans les deux autres livres qui suivent Azteca), c’est que parfois, on aurait dit un roman Harlequin historique. Il y avait énormément de sexe dans l’histoire du vieil Aztèque et cela était rarement pertinent. Mais bon, ça n’enlève rien à l’histoire.

4.5/5

(critique d’origine – 2005)

MAJ 2011: Peu après ma lecture, je suis tombée sur un article de Philippe Mercure dans La Presse. Je l’ai gardé en vue d’un voyage au Mexique et je le recopie ici, car je le trouve très pertinent.

Teotihuacan, la cité des Dieux – Philippe Mercure
La Presse
Une fine brume flotte sur la cité sacrée de Teotihuacan. L’herbe est parsemée de flaques d’eau laissées par les pluies de la veille. Debout sur l’autel de la Citadelle, le regard domine une place carrée de près d’un demi-kilomètre de côté.

Au loin, la pyramide du Soleil et sa petite soeur, la pyramide de la Lune, se confondent presque avec les montagnes. Seul le chant des oiseaux vient troubler le silence.

Il y a deux millénaires, des prêtres animaient d’ici des cérémonies religieuses auxquelles prenaient part des milliers de fidèles. Aujourd’hui on s’attendrait presque à voir Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, percer la brume matinale et descendre les marches du temple érigé en son honneur qui se dresse droit devant.

Ce sont plutôt trois petits Mexicains qui prennent l’escalier d’assaut en criant joyeusement. Derrière, parents et grands-parents suivent lentement, portant des paniers où dépassent les sacs de croustilles et les deux litres de Pepsi. Teotihuacan fut longtemps un lieu de pèlerinage pour les Aztèques, qui découvrirent la cité abandonnée au XIVe siècle. Aujourd’hui, les familles des environs viennent y pique-niquer, et les touristes du monde entier la contempler.

Des temples, des rues, des pyramides

Le site archéologique est immense. Partout, des pyramides à grimper, des temples à explorer, des restes de terrasses et d’habitations qui témoignent du haut niveau d’avancement de la civilisation Teotihuacan.

Au centre de ce tableau s’étale l’avenue des Morts, une majestueuse artère de 40 mètres de largeur. On peut aujourd’hui l’arpenter sur deux kilomètres, mais elle en comptait à l’origine cinq. Pensez aux Champs-Élysées, version mexicaine. La parcourir d’un bout à l’autre permet de plonger au coeur des ruines et de les apprécier «de l’intérieur».

Pour une tout autre perspective, l’ascension de la pyramide du Soleil s’impose. Les 248 marches sont abruptes et inégales. On parvient au sommet à bout de souffle, non sans raison : à 2300 mètres au-dessus du niveau de la mer, les effets de l’altitude se font sentir. Et on vient tout de même de gravir la troisième pyramide du monde.

Au sommet, plusieurs refont le plein d’énergie en posant le doigt sur une petite plaque de métal qui indique le centre exact de la pyramide. Selon la légende, l’énergie du soleil emmagasinée par la pyramide se transmet alors au corps. «Ooooouuu, j’en ai besoin!» s’exclame Isabelle Chapuis, une touriste française visiblement éprouvée par la montée.

Des vestiges sous les champs

Une fois les piles rechargées, on peut se concentrer sur la vue. C’est d’ici qu’on peut réaliser toute l’ampleur qu’avait jadis cette colossale cité. À nos pieds s’étale un incroyable complexe de ruines et de bâtiments. Penser qu’à son apogée, Teotihuacan était 10 fois plus vaste donne le vertige.

Grouillante d’activité avec ses 200 000 habitants et s’étalant sur plus de 20 kilomètres carrés, la ville était trois fois plus grande que le Plateau Mont-Royal et 10 fois plus peuplée. Les champs et les propriétés des environs regorgent encore de vestiges à demi enfouis que les archéologues n’ont pas eu le temps de mettre au jour.

De retour sur la terre ferme, les « vendeurs du temple » prennent les touristes d’assaut pour leur vendre souvenirs et babioles. Vous pouvez les semer en vous attaquant à une nouvelle ascension : la pyramide de la Lune. Située tout au bout de l’avenue des Morts, elle procure une vue spectaculaire sur celle-ci, qui s’étale droit devant dans toute sa splendeur.

Si vos jambes n’ont pas flanché, il reste encore des temples un peu à l’écart du site avec d’impressionnantes fresques à admirer. Après une journée de découvertes sous le soleil, la langueur s’installe. Même les vendeurs du temple, las, se font moins insistants. C’est le temps d’aller se désaltérer au restaurant « Las Pyramidas », qui offre une baie vitrée avec vue sur le site. « Una cerveza por favor. »

LA MYSTÉRIEUSE CHUTE D’UNE CIVILISATION

Teotihuacan fut fondée avant l’ère chrétienne par un peuple dont on connaît peu de choses. Pendant cinq siècles, la ville a régné sur tout le plateau central du Mexique et les régions environnantes. La plus grande métropole des Amériques était défendue par une armée et abritait architectes, astronomes et commerçants.

Les habitants faisaient venir d’aussi loin que l’Amérique centrale et ce qui est aujourd’hui le sud des États-Unis les matériaux et les produits de luxe nécessaires à leurs nombreux rituels.

L’art y a fleuri : les poteries, peintures et sculptures sont encore visibles aujourd’hui. Des fouilles récentes sous la pyramide de la Lune ont mis au jour de riches sépultures, indiquant que les dirigeants de la cité étaient puissants et respectés. Les sacrifices humains faisaient partie des rituels : on a retrouvé la pyramide du Soleil entourée d’une centaine de cadavres, tous placés avec les mains derrière le dos.

Puis, au VIIe siècle de notre ère, l’empire s’est effondré. Un incendie de nature inconnue a ravagé la ville, qui ne s’en est jamais remise. Les guerres avec les puissances ennemies, la surexploitation des ressources et la surpopulation sont évoquées pour expliquer la chute.

Plusieurs siècles plus tard, les Aztèques ont découvert la cité abandonnée. Ils ont cru qu’elle avait été construite par les dieux, et en ont fait un lieu de culte. L’avenue des Morts est baptisée : les Aztèques croyaient que les temples qui bordent l’artère étaient d’immenses tombeaux construits par des géants.

DÉCOUVRIR LE TOMBEAU DES ROIS GRÂCE AUX RAYONS COSMIQUES

En gravissant les marches de la pyramide du Soleil, peu de touristes savent qu’une curieuse expérience se déroule sous leurs pieds. Une expérience relie la pyramide du Soleil aux rayons cosmiques, perpétuant les anciennes traditions de ce bâtiment conçu selon des considérations astronomiques.

L’histoire commence dans les années 70, alors que les archéologues découvrent un tunnel naturel au centre de l’escalier de la pyramide. En le suivant sur une centaine de mètres, ils aboutissent dans une grotte formée de quatre chambres située au coeur de la pyramide. Sur le sol de lave, ils trouvent un petit autel et divers objets de culte.

Les touristes ne peuvent pas visiter cette grotte. Andres Fuentes étudiant en archéologie rencontré sur le site, a quant à lui eu la chance d’y pénétrer. «C’est hallucinant. Il y a quatre chambres orientées selon chacun des points cardinaux. Ils ont découvert qu’il y a eu des sacrifices là-dedans», raconte-t-il.

Cette découverte a aiguisé la curiosité des chercheurs, qui croient maintenant que la pyramide a peut-être servi de tombeau aux rois de l’ancienne cité sacrée. Pour en avoir le coeur net, des physiciens ont placé un détecteur de muons (particules qui se forment lorsque des rayons cosmiques frappent la terre). Les chercheurs veulent se servir des muons exactement comme des rayons X d’une radiographie. Ils espèrent qu’ils leur permettront de détecter des cavités dans la structure, où pourraient reposer les rois de Teotihuacan depuis deux millénaires.

REPÈRES

TEOTIHUACAN est situé à 50 kilomètres au nord-est de la ville de Mexico. La plupart des touristes y passent la journée, puis retournent dormir dans la capitale. Il est aussi possible de séjourner au Club Med Villa Arqueologica, à distance de marche du site, ou dans la petite ville de San Juan Teotihuacan.

Il faut compter une bonne journée pour visiter le site. La visite implique de marcher de bonnes distances sur des terrains inégaux et gravir de nombreuses marches de pierre. Ce n’est certainement pas l’endroit idéal pour traîner Junior en poussette.

Le soleil peut taper fort : prévoyez un chapeau, de la crème solaire et une bouteille d’eau. L’été, les pluies sont fréquentes en après-midi.

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