Archives de Tag: livres électroniques

Lady Windermere’s Fan – Oscar Wilde

Lady Windermere's Fan by Oscar Wilde

Pièce jouée en 1892 et publiée en 1893

Lu en version Kindle, alors combien de pages ? Sais pas…

(Traduction française : L’Éventail de Lady Windermere)

Ça y est, dernier coup de coeur en date. Comment ai-je fait pour vivre sans jamais avoir lu Wilde ? En quelques phrases, je suis devenue accro et je prévois déjà des heures de plaisir avec ses autres oeuvres, ses bios, tout ce qui se trouve dans le domaine public (j’ai un budget limité ces temps-ci…)

L’intrigue de L’Éventail de Lady Windermere se déroule pendant une journée/soirée. Lady Windermere, jeune aristocrate pure et morale qui vient d’avoir 21 ans, organise une fête. Son mari, Lord Windermere, veut absolument qu’elle invite une certaine Mrs Erlynne, une femme peu recommandable qui veut reprendre du gallon dans la société, mais Lady Windermere, qui a eu vent de rumeurs entre Mrs Erlynne et son mari, ne veut rien entendre et menace de faire un scandale si son mari l’invite. Ce qui doit arriver arrive, et Mrs Erlynne est quand même invitée à la fête. Lady Windermere, bouleversée, se laisse convaincre par Lord Darlington que son mariage n’est que poudre aux yeux et qu’elle devrait tout laisser pour le suivre, lui, car il l’aime vraiment. Lady Windermere écrit donc une lettre à son mari et va rejoindre Darlington chez lui.

Évidemment, comme dans toute bonne pièce avec quiproquo, rien n’est exactement comme il semble : Lord Windermere a une bonne raison pour traiter avec Mrs Erlynne, qui elle n’est pas aussi amorale qu’on peut le penser. À la fin, tous nos préjugés ou nos idées préconçues peuvent aussi bien s’appliquer à l’une ou à l’autre des femmes. Le bien et le mal ne sont pas si bien délimités et, en fait, l’histoire se termine avec le couple qui parle de la même femme, mais de deux façons bien différentes :

Lord Windermere, qui parle à Lord Augustus: Well, you are certainly marrying a very clever woman!

Lady Windermere: Ah, you’re marrying a very good woman!

Comme si l’histoire, le rythme et l’écriture n’étaient pas assez pour me faire baver de plaisir, il y a aussi des personnages secondaires aux répliques tordantes, comme la duchesse Berwick, qui dit blanc une minute et noir l’autre, dont la seule obsession est de marier sa fille Agatha au plus vite à un homme de la société qui vit en Australie et à qui elle dit : « It must be so pretty with all the dear little kangaroos flying about. » Ouaip. les kangourous, ça vole… Il y a aussi les hommes autour de Lord Windermere, tous marrants, comme Cecil Graham qui a toujours la phrase pour faire rire : « Now, Tuppy, you’ve lost your figure and you’ve lost your character. Don’t lose your temper; you have only got one. » Ou encore : « My dear fellow, what on earth should we men do going about with purity and innocence ? A carefully thought-out buttonhole is much more effective. »

Bref, un pur moment de plaisir! Vive Oscar Wilde!

Petit supplément amusant

Saviez-vous qu’il existe un syndrome Lady Windermere ? Cette infection pulmonaire a différents symptômes dont possiblement des crachats sanguins. Alors, quand dans la pièce Lady Windermere dit : « How do you do, Lord Darlington. No, I can’t shake hands with you. My hands are all wet with the roses », c’est qu’elle aurait craché du sang… Mais cette hypothèse aurait été réfutée, et on dit que Lady Windermere aurait littéralement eu les mains dans l’eau de son pot de roses, et non les mains tachées de rose…

C’était un deuxième billet pour le mois irlandais ! Suivez-nous si l’île d’émeraude vous intéresse. Visitez les blogues des participantes pour trouver des idées de lectures et voir si on a tous la même opinion de ces auteurs… Cryssilda nous fait une super récap tous les jours !!

Publicités

12 Commentaires

Classé dans Wilde Oscar

In Wicklow and West Kerry – J.M. Synge

J.M. Synge (1912)

(traduction française : Dans le Wicklow, l’Ouest du Kerry et le Connemara)

Lu en format électronique, donc aucune idée du nombre de pages, mais la lecture fut assez rapide…

Fichier:John Millington Synge.jpg

Je ne connaissais rien de Synge, si ce n’est son nom et le livre Muse de Joseph O’Connor, vanté par ma copine Maeve, dans lequel on parle de Synge… Donc, pardonnez-moi si je vous colle quelques infos trouvées ici et là sur l’auteur : Synge (1871-1909) est un dramaturge, écrivain et poète (la Sainte Trinité, quoi!) irlandais reconnu et controversé. Il est l’un des fondateurs de l’Abbey Theater à Dublin, et il est mort jeune, à 37 ans, du cancer de Hodgkin. Il venait d’une famille de classe sociale plutôt élevée, mais sans argent (oui, un peu contradictoire). Synge était beaucoup plus intéressé par le « vrai » monde que par les gens de son milieu, d’où l’intérêt des promenades partout dans le pays pour rencontrer les gens et discuter avec eux.

Ce livre, que j’ai choisi au hasard parmi les livres libres de droits d’auteur de Synge, je l’ai beaucoup aimé. Si je connaissais mieux Synge, je pourrais sûrement dire que ce n’est pas son meilleur livre, car il a des défauts certains, mais l’écriture est superbe : pleine de poésie sans être obscure, un tas de détails sans que ce soit surchargé de mots, des personnages qui prennent vie devant nos yeux.

Mon édition de In Wicklow and West Kerry contient 8 textes, des essais qui ont été publiés à l’époque dans divers journaux. Étrangement, il devrait y avoir une troisième partie au livre (Dans le Wicklow, l’Ouest du Kerry et le Connemara), mais elle  été a perdue durant la numérisation, je pense…

La première partie, Dans le Wicklow, contient 7 textes qui racontent les pérégrinations de l’auteur qui se déplace, parfois à pied, parfois en train, et qui nous présente des lieux ou des personnages tous un peu caricaturés. Beaucoup de personnages hauts en couleur, et des vagabonds dans tous les textes! Chemineaux, rétameurs, gens espiègles, poèmes, langue celtique. Synge chante les louanges de son pays, mais n’ose pas à caricaturer certains traits des habitants.

Dans L’Ouest du Kerry, il n’y a qu’un texte, mais cette fois, il est plus long. Dans celui-ci, l’auteur fait un plus long séjour dans le Kerry, avec les pêcheurs du coin. D’un côté, ses descriptions des lieux sont magnifiques, et celle des personnages trop drôles et touchantes, mais à mon avis, ça n’a ni queue ni tête. Mais comme ce n’est pas une nouvelle ni un roman, l’auteur se donne le droit. C’est plutôt un journal de bord avec des impressions et des souvenirs de ce qui l’a marqué, comme la fierté des Irlandais, de leur culture et de leur langue, le whisky qu’on boit le matin dans cette drôle de petite pension où l’auteur partage la même chambre que l’homme de la maison, qui lui doit maintenant partager son lit avec son fils comme l’auteur prend le lit du fils… Ça fait un peu brouillon, mais c’était intéressant.

Enfin, une petite référence aux Français pour faire rire mes copines. J’espère qu’aucune ne vient de Boulogne…

« The Frenchmen from Fecamp, ‘he said,’ are Catholics and decent people; but those who come from Boulogne have no religion, and are little better than a wild beast would lep on you out of a wood. »

Quelques photos du Kerry (certaines aux mêmes endroits que Synge) prises en 2007 lors d’un superbe voyage en Irlande avec GG. On ne pourrait pas inventer plus beaux paysages.

C’était un premier billet pour le mois irlandais ! Suivez-nous si l’île d’émeraude vous intéresse. Visitez les blogues des participantes pour trouver des idées de lectures et voir si on a tous la même opinion de ces auteurs…

  • 1er Juin : John Millington Synge
  • 05 juin : Oscar Wilde
  • 08 juin : Liam O’Flaherty
  • 12 juin : Joseph O’Connor
  • 15 juin : Robert McLiam Wilson
  • 19 juin : Joseph Sheridan Le Fanu
  • 22 juin : Maggie O’Farrell
  • 26 juin : Colm Toibin
  • 29 juin : James Joyce

12 Commentaires

Classé dans Synge J.M.