Archives de Tag: littérature américaine

The Shakespeare Thefts. In Search of the First Folios – Eric Rasmussen

Eric Rasmussen (2011)

Palgrave and MacMillan

212 pages

La semaine dernière, en passant chercher mes réservations à la biblio, je suis tombée sur ce livre qui a tout de suite attiré mon attention. Puis, la quatrième de couverture qui parle de cette oeuvre de non-fiction comme d’un travail de détectives m’a conquise et je suis repartie avec le bouquin. Que j’ai adoré.

Un peu d’info sur l’auteur

Eric Rasmussen est un universitaire spécialisé dans l’oeuvre de Shakespeare et le coéditeur de The Shakespeare First Folios: A Descriptive Catalogue, la référence ultime pour ce qui est des First Folios, qu’on peut acheter pour la modique somme de 250 $. Depuis plus de 20 ans, Rasmussen et son équipe parcourent le monde pour cataloguer chaque parcelle, page, défaut, des 232 First Folios encore existants auxquels ils ont accès. Et cette tâche n’est pas de tout repos, car chaque Folio catalogué a une histoire, souvent abracadabrante (vol, trouvaille, propriétaires excentriques, etc.)

(Qu’est-ce qu’un First Folio, vous demandez-vous? C’est la première édition des oeuvres complètes de Shakespeare publiées en 1623 en 750 exemplaires. Aujourd’hui, il n’en reste que 232 et ils se volent, pardon, se vendent, comme des petits pains chauds.)

Ce petit livre (182 pages sans les notes et l’index) se lit rapidement et pratiquement tout seul. Il est divisé en 20 chapitres dans lesquels on découvre les histoires des différents exemplaires des First Folios ou on en apprend un peu plus sur cette équipe de chercheurs, leurs défis, leurs méthodes, etc. C’est un livre absolument passionnant pour tous ceux qui aiment la littérature et qui rêvent de découvrir un trésor caché dans un grenier. Les histoires entourant les exemplaires encore existants du First Folio sont plus folles les unes que les autres: les universités qui se font voler leurs exemplaires, le Pape qui croit qu’on lui donne un First Folio original en cadeau alors qu’on veut seulement qu’il la bénisse, les morts inexpliquées des gens entrant en possession d’un exemplaire, le bibliomane qui se fait construire des pièces pour mettre ses livres, le voleur qui se retrouvera à Montréal (!), etc.

Le seul point faible du livre est son manque de linéarité. Parfois, on parle d’un Folio en particulier, puis on passe à un autre ou à un autre sujet, puis on revient au premier. Ça devient un peu mêlant à la fin, mais malgré tout, on se laisse vraiment prendre au jeu. L’écriture est fluide et le sujet a été vraiment vulgarisé pour tous. Un vrai suspense!

Je n’ai pas réussi à trouver un vrai First Folio numérisé, mais pour en voir une reproduction, cliquez ici.

Pour avoir plus d’information sur la genèse du First Folio, il y a ce site web géré par Eric Rasmussen et son équipe. Il y a même des petites vidéos chouettes (en anglais).

Malheureusement, il ne semble pas traduit en français pour l’instant, mais j’espère qu’il le sera, car c’est un livre passionnant.

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Jane Goes Batty – Michael Thomas Ford

Michael Thomas Ford (2011)

Ballantine

286 pages

On est en 2011, dans l’État de New York. Jane « Fairfax » (lire « Jane Austen ») est un vampire propriétaire d’une librairie. C’est aussi une « nouvelle » auteure qui vient d’avoir un grand succès avec Constance. Jane essaie de concilier vampirisme, auteure à succès renommée et vie quotidienne avec son copain « normal » Walter, mais tout n’est pas facile, car avec son ami, Lord Byron (aussi vampire), Jane devra combattre les chasseurs de vampires et espérer ne plus revoir la méchante Charlotte Brontë, vampire aussi, of course.

Que dire de ce livre? Qu’il est minable? Ce serait mentir, car j’ai quand même été divertie. Qu’il est extraordinaire? Ce serait aussi mentir, car je ne peux pas m’empêcher de penser que Michael Thomas Ford ne fait que surfer sur deux éléments à succès, soit Jane Austen et les vampires. À mon avis, même s’il faut un certain talent pour écrire un livre, il faut un sacré talent pour écrire un livre original de toutes parts et ce n’est sûrement pas le cas ici quand la moitié des personnages ont déjà été pensés pour lui. Cependant, les amoureux de fanafiction seront sûrement servis. On retrouve Jane Austen, Byron, Charlotte Brontë et un tas de références à leurs époques et leurs histoires, mais on les transpose à l’époque contemporaine et ça donne quelques trucs amusants. Le festival de littérature qui met en compétition les Janeites et les Brontëites est rigolo, et ceux qui adorent ces auteures aimeraient sûrement assister à une telle réunion.

Côté vampirisme, Michael Thomas Ford ne s’est pas encombré des lieux communs, et ses vampires peuvent aller dehors et manger la même nourriture que les humains la plupart du temps. Une fois par semaine ou par mois (pas clair), le vampire doit boire du sang, mais pas plus. Sont quasiment gentils. On pourrait dire que ces éléments sont nouveaux et originaux, mais en même temps, ils enlèvent toutes contraintes à l’auteur, qui a alors carte blanche pour faire ce qu’il veut (et il y va fort). Même si c’était sûrement son intention d’exagérer et de faire rire les lecteurs (moi, ça m’a surtout fait soupirer), on dirait que l’auteur a couché sur papier un tas d’idées qui sortent de nulle part: les membres d’ABBA étaient des vampires (voyons, c’est pour ça qu’ils ont encore l’air si jeunes), et Lincoln, Cléopâtre, Guy Fawkes et la princesse Diana étaient des chasseurs de vampires. Vraiment? On dirait qu’il a mis des noms connus dans un chapeau et qu’il a tiré au sort.

Vous pouvez donc en déduire que je n’ai pas aimé ce livre. Je ne l’ai pas détesté non plus, mais ma relation avec Michael Thomas Ford s’arrête ici maintenant. Je ne lirai pas le premier tome de la trilogie, Jane Bites Back, ni la suite, Jane Vows Vengeance. Je pense que la fanafiction, ce n’est pas pour moi… même si j’ai entendu beaucoup de bien de Death Comes to Pemberley de P.D. James. Qui sait?

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True Blood. Tomes 1 à 6 – Charlaine Harris

Comme c’est souvent le cas, j’ai du retard… Dix ans de retard, à ce qu’il paraît! Il y a quelques mois, ne sachant pas trop quoi regarder à la télé alors que mon copain était parti en conférence, j’ai loué les DVD de la 1re saison de True Blood. J’ai adoré. Tout à fait mon genre. La 2e et la 3e saisons ont suivi de près. Là, c’est la 4e qui est en marche. Alors que je cassais les oreilles des amies avec cette série télévisée, on m’a dit de la fermer et de lire les livres plutôt. Bon, on ne me l’a pas dit ainsi, mais on m’a fortement conseillé de lire les livres. Je suis donc allée chercher le 1er à ma biblio, histoire de voir si j’aimerais ça, et depuis, je n’ai pas arrêté de visiter l’établissement. J’ai lu 9 des 12 tomes en 1 mois, à peu près. Mon travail et mes études n’en souffrent pas trop, mais le sommeil, oui. Et là, je mélange tout: les différents tomes, la série télé, les rêves. Donc, soyez prévenus: ce 1er billet pourrait être incohérent ou un mélange des genres, et il pourrait contenir des révélations. Vous connaissez sûrement tous la série, télé ou imprimée, et vous n’êtes sûrement pas aussi en retard que moi, donc je passerai par-dessus les longues descriptions et critiques, mais j’irai de quelques lignes de trucs qui m’ont marquée.

Tome 1 : Dead Until Dark (2001)

Sookie Stackhouse est une serveuse de 25 ans. Elle habite dans une petite ville de la Louisiane avec sa grand-mère. Sa vie est plutôt ennuyeuse, car Sookie est télépathe et trouve vraiment trop complexe de sortir avec des gars normaux parce qu’elle entend leurs pensées. Jusqu’au jour où Bill le vampire débarque dans son patelin. Comme elle ne peut lire ses pensées, elle est aussitôt attirée vers lui. Mais tout ne sera pas rose pour Sookie et Bill, car quand deux filles se font assassiner, on accuse immédiatement le vampire du coin, puis le frère de Sookie, mais le tout se révèle beaucoup plus compliqué. Ce premier livre ressemble énormément à la saison 1 de la série télé, pour ceux qui l’ont vue. J’ai regardé la série il y a quelques mois, et je commence tout juste les livres, mais selon moi, l’adaptation est assez fidèle et la distribution est plutôt bonne. Au début du visionnement, je ne savais pas trop quoi penser d’Anna Paquin. Je trouvais son sourire faux, son allure étrange, mais dans le livre, on voit qu’elle est vraiment comme ça, qu’elle sourit étrangement quand elle est stressée. Le livre contient beaucoup d’humour et les relations de Sookie avec Eric et Pam sont craquantes. Les petites scènes osées sont à faire rougir, et on aime ça!

Tome 2 : Living Dead in Dallas (2002)

Sookie semble vivre le parfait bonheur avec son vampire jusqu’au jour où le cuisinier de Chez Merlotte, Lafayette, est tué. Ensuite, Sookie est attaquée par une mystérieuse créature qui l’empoisonne, et c’est Eric et les vampires qui la sauveront. Donc, quand ils lui demanderont service peu de temps après, elle ne pourra refuser. Sookie et Bill devront donc se rendre à Dallas pour essayer de résoudre le mystère de la disparition d’un vampire du coin. Côté livre, rien à redire. Ça m’a plu et je l’ai dévoré. Si vous comparez le livre et la série, il y a bien sûr des différences. La ménade du livre a un rôle beaucoup moins important que dans la série télé, et c’est une bonne chose. Dans la série, ça s’étirait à n’en plus finir. Mais il faut savoir rendre à César ce qui appartient à César, et selon moi, la série télé a fait un bon coup en gardant Lafayette. C’est un personnage intéressant de la série, mais il est trop vite éliminé dans le livre.

Tome 3 : Club Dead (2003)

Bill travaille sur un projet secret et est de plus en plus distant avec sa belle. Un soir, après avoir averti Sookie que s’il lui arrivait quelque chose, elle devrait venir chercher des documents chez lui et retrouver Eric, il s’évapore. Puis, voilà justement Eric qui débarque pour lui parler des problèmes de Bill, qui aurait été enlevé et qui serait torturé à Jackson, dans le Mississippi. Sookie devra donc aller là-bas pour essayer de le retrouver. Comme elle ne peut pas y aller seule, Alcide, un loup-garou très séduisant qui en doit une aux vampires, l’aidera dans sa quête. Un autre tome assez bien réussi. L’humour est très présent et on a même droit au vampire Elvis. Le vrai! La relation qui se développe entre Sookie et Eric est mignonne. C’est une espèce de danse lascive entre l’amitié, l’attirance et la haine. Il y a plusieurs différences entre la série et les livres, et la plus grosse est que Lorena, celle qui a transformé Bill en vampire, n’a qu’un petit rôle dans le livre. C’est rare que je dis ça, mais j’ai trouvé que la série télé avait fait du meilleur travail pour expliquer leur passé et les liens qui les unissaient. Dans le livre, c’est assez court. Et pas si touchant que ça.

Tome 4 : Les sorcières de Shreveport (2009) (traduction de Dead to the World, 2004)

Sookie n’a pas pardonné à Bill sa trahison avec Lorena, alors ce dernier part au Pérou pour continuer son projet informatisé, tandis que Sookie espère avoir une nouvelle année plus tranquille. Mais sa quiétude est de courte durée. Un soir, en rentrant du travail, Sookie retrouve Eric sur le bord de la route. Elle pense à une mauvaise blague de sa part, mais Eric ne sait plus qui il est. Il ne se souvient plus de rien. Sookie l’amène chez elle, puis contacte Pam, le bras droit d’Eric, pour apprendre que des sorcières sont arrivées en ville et qu’elles ont lancé un sort au vampire blond. Encore une fois, Sookie se retrouvera emmêlée dans leurs histoires. Aux côtés des vampires, des loups-garous et des « changelings », elle affrontera les sorcières. Un excellent tome, à mon avis. Coquin à souhait, avec Sookie et Eric. Et la présence des sorcières et des loups-garous apporte du sang neuf aux histoires des vampires. À ce moment-ci, il est de bonne guerre de poser la question: êtes-vous dans l’équipe de Bill ou dans celle d’Eric?

Bon, un mot sur la traduction, car j’ai lu ce tome en français. Est-ce que la pilule a bien passé ? Assez. Malgré les « nuggets de poulet » et la traduction extrêmement dérangeante de « shapeshifter » par « changeling ». « Métamorphe », connaissait pas? Je ne comprends pas non plus la nécessité de traduire les noms. Les noms propres, c’est une chasse gardée, surtout avec une série si populaire! Et voilà que le loup-garou Alcide Herveaux devient Léonard Herveaux et que Tara Thornton devient Nikkie Thornton. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Tome 5 : Dead as a Doornail (2005)

Quelqu’un tire sur les métamorphes (moi, incapable d’utiliser « changeling ») à Bon Temps. Sam a été touché. Calvin aussi. Sookie a peur pour son frère, Jason, qui est devenu une panthère-garou. Comme Sam ne pourra pas travailler pendant quelque temps, Sookie demande à Eric de lui prêter un barman, Charles Twining. Mais évidemment, rien n’ira comme sur des roulettes et la vie de Sookie sera encore une fois menacée. Dans ce tome, on entre de plus en plus dans la vie des loups-garous (et d’autres garous) et on assiste à la course et aux intrigues de la meute pour élire un nouveau chef. Vous pensiez que les vampires étaient cruels ? Les loups-garous ne donnent pas leur place.

Tome 6 : Definitely Dead (2006)

Hadley, la cousine de Sookie, est morte. Deux fois. En fait, Hadley était une vampire, transformée par la reine de la Louisiane, Sophie-Anne Leclerq. Puis, Hadley est morte une deuxième fois, cette fois aux mains d’un homme qui voulait se débarrasser d’elle et de son influence auprès de la reine. Donc, à la mort de Hadley, Sookie doit aller à La Nouvelle-Orléans pour régler certaines affaires, car Hadley a tout légué à Sookie. Évidemment, tout ne sera pas de tout repos pour Sookie. Avant même son départ, on tente de l’éliminer, et ça continue une fois là-bas. Encore heureux qu’elle ait toujours des créatures surnaturelles autour d’elle qui veulent l’aider et la protéger. Cette fois, en plus des vampires et des loups-garous, il y a Quinn, un tigre-garou… À mon avis, ce tome est un peu moins intéressant que les autres. Malgré l’intrigue politique intéressante entre la reine de la Louisiane et son nouveau mari, le roi de l’Arkansas, les aventures amoureuses de Sookie et du tigre me laissaient froide. C’est que je fais partie de l’équipe d’Eric, moi! Pour ceux qui ont vu la série télé, il y a quelques différences, encore une fois. La reine Sophie-Anne, qui est une cruelle finie dans la série, n’est pas si pire dans le livre. Elle semble même être capable de sentiments. Mais l’intrigue concernant la cousine de Sookie, Hadley, est beaucoup plus intéressante que dans la série. Malgré la mort de Hadley, on n’a pas fini d’entendre parler d’elle…

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Une première étape a été franchie. Je vous garde les tomes 7 à 12 pour un prochain billet. En général, mon impression est bonne. J’ai aimé la série télévisée et j’aime beaucoup la série imprimée. Les couvertures sont affreuses pour ce qui est des versions anglaises, mais celles des traductions sont superbes. Je trouve que l’humour des livres est tordant et qu’il passe beaucoup moins à la télé, malheureusement. Je comprends qu’une série télé se doit de couper dans les personnages ou de changer un peu leur parcours, et parfois, ça a été bien fait, mais à d’autres moments, c’est assez poche. Par exemple, dans les livres, Terry Bellefleur est un vétéran du Vietnam âgé d’environ 50 ans. Le rajeunir dans la série et en faire un personnage secondaire plus présent, bon coup. Même chose pour Lafayette, qui au lieu d’être assassiné, comme dans le livre, devient le cuistot du resto. Bon coup. Mais le personnage de Tara, dans la série télé, me tombe royalement sur les nerfs. C’est une fille vraiment unidimensionnelle qui à part crier et jurer ne fait pas grand-chose. Dans les livres, son rôle est assez mineur et c’est beaucoup mieux comme ça. Dans le livre, Tara est blanche et pas très folle. Dans la série, elle est noire et complètement timbrée (et deviendra lesbienne). J’imagine que le fait de la changer de race et d’orientation sexuelle est pour ajouter un élément de rectitude politique et pour aller chercher un autre marché, mais la rendre complètement folle, je trouve que c’est jouer dans le stéréotype cinématographique de la Noire qui a une grande gueule, qui parle avec ses mains et qui envoie tout le monde promener. La série télé a aussi transformé Bill en roi de Louisiane. De quossé? Et ce rôle ne lui va pas du tout. C’est un peu bizarre de voir Bill en grand manitou à la télé alors que dans les livres, il est relégué au banc des remplaçants. Aussi, dans la série télé, les habitants de la communauté de Hotshot, les panthères-garous, sont des idiots finis qui s’accouplent entre eux, mangent de la viande crue et ne se lavent pas. Dans les livres, c’est beaucoup plus posé et complexe que ça. Leur représentation à la télé est une vraie honte aux livres. Mais bon, malgré les nombreuses différences, je m’amuse quand même à regarder les épisodes et à lire les tomes. C’est mon genre et j’assume.

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The Book of Illusions – Paul Auster

Paul AUSTER (2002)

Henry Hold and Company

321 pages

Il y a quelques jours, j’ai vu sur le blogue de Flo un Défi Paul Auster. Comme j’ai déjà quelques défis en cours de route, et même pas assez de temps pour eux, je ne m’inscrirai pas à celui-ci, mais je le suivrai de loin, car j’aime beaucoup cet auteur. Et lire sur ce défi m’a fait penser que j’ai justement deux Paul Auster qui m’attendent (La Trilogie new-yorkaise et Brooklyn Follies). Comme tout ce que j’ai lu de lui a été des coups de coeur, je suis sûre que ces deux-là le seront aussi. Auster a le don de prendre des histoires en apparence banales et de les rendre intéressantes et mystérieuses. Des petits riens deviennent des trames principales et des gens ordinaires deviennent des personnages extraordinaires. Donc, je lirai avec intérêt les billets des participants au défi Paul Auster et quand j’aurai terminé mes 10 livres entamés (!) j’ouvrirai un de mes Auster. En attendant, j’ai retrouvé d’anciens billets que j’avais écrits sur mes lectures. Ils datent de quelques années, du temps du club des rats de biblio-net, mais je les ai mis à jour et polis un peu, en attendant le nouveau matériel…

(critique d’origine: automne 2003)

J’ai enfin terminé mon premier Paul Auster cette nuit (à deux heures du matin) et j’ai absolument adoré. Un coup de coeur. Un livre que je vais acheter et relire, c’est certain. (MAJ 2011: Il a en effet été acheté et relu. En fait, j’ai même envie de le relire, là.) David Zimmer, jeune veuf, décide du jour au lendemain d’écrire un livre sur Hector Mann, un mystérieux acteur de films muets qui était assez populaire dans les années 20. Ce livre est la seule chose qui garde David en vie après la mort de sa femme et de ses deux fils dans un accident d’avion. Après la publication de son livre, qui se veut très technique et non biographique, car peu d’information circule sur Hector Mann, David reçoit une lettre de Frieda Spelling, qui dit être la femme d’Hector Mann et qui lui annonce que ce dernier (qui est porté disparu et présumé mort depuis la fin des années 20) a lu son livre et désire le rencontrer. Là commence un nouveau chapitre dans la vie de David Zimmer et petit à petit, nous découvrirons le mystère d’Hector Mann.

J’ai absolument adoré ce livre. Un livre parfait à mon avis: une excellente histoire/intrigue, des personnages complexes, des propos intelligents, voire même parfois un peu arrogants, et, bien sûr, du cinéma. Contrairement à certains commentaires que j’ai lus, j’ai absolument dévoré les descriptions des films muets. C’était comme si je les regardais. Ah, le pouvoir de l’imagination. J’ai aimé « l’imprévu » de l’histoire. Quand on nous raconte l’histoire de Hector, rien n’est prévisible, on nous surprend à chaque tournant. L’auteur nous fait passer à travers toute une gamme d’émotions et, vers la fin, je commençais à être drôlement stressée. Et que dire d’un auteur qui réussit presque à nous faire détester une petite vieille de 80 ans? Un véritable coup de coeur. Paul Auster a une nouvelle admiratrice.

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Les Chroniques de MacKayla Lane – Karen Marie Moning

Karen Marie MONING (2006-2011)

1) Fièvre noire (2006) (version originale: Darkfever) J’ai lu (414 pages)

2) Fièvre rouge (2007) (version originale: Bloodfever) J’ai lu (441 pages)

3) Fièvre faë (2008) (version originale: Faefever) J’ai lu (470 pages)

4) Fièvre fatale (2009) (version originale: Dreamfever) J’ai lu (598 pages)

5) Shadowfever (2011) Delacorte Press (595 pages) (Pas encore traduit)

Cinq livres en à peu près sept jours. Je suis tombée accro de cette série dès que j’ai lu les premières pages. Ça ne veut pas dire qu’elle est sans fautes, mais ça m’a fait passer un bon moment. C’est le genre de série dans laquelle on se perd complètement, le genre qu’on lit en mangeant. Comme j’ai lu tous les tomes un à la suite de l’autre, presque sans pause pour respirer, j’ai décidé d’en faire une seule critique. De toute façon, l’intrigue est entière dans mon esprit, et je serais incapable de la diviser par livres.

Résumer l’histoire en son entier serait impossible et de toute façon, je ferais trop de révélations. Je m’en tiendrai aux grandes lignes, et vous verrez tout de suite si c’est le genre d’histoire qui vous intéresse:

MacKayla (Mac) Lane est une jeune Américaine de 22 ans, originaire de la Géorgie. Sa soeur aînée, Alina, qui est à Dublin pour un échange universitaire, se fait sauvagement assassiner, et la police de Dublin, fautes d’indices, clôt le dossier. Mac, qui a reçu un appel de sa soeur juste avant sa mort, décide d’aller à Dublin pour fouetter les troupes policières et pour trouver le meurtrier de sa soeur. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Mac découvrira un monde dédoublé où se côtoient, généralement sans s’embêter, les humains et les Faës, un genre d’êtres extraterrestres qui habitent un monde parallèle. En temps normal, ces deux espèces ne se croisent pas, mais les murs qui s’élèvent entre ces mondes sont en train de s’effondrer, ce qui n’annonce rien de bon.

Après quelques jours à Dublin, Mac apprendra qu’elle est une sidhe-seer, une personne pouvant voir les Faës, et qu’elle peut aussi sentir les Objets de pouvoir appartenant aux Faës ainsi que le Sinsar Dubh, un livre maléfique que tout le monde essaie de retrouver pour des raisons qui leur sont propres. Comme Mac apprend que sa soeur cherchait aussi le Sinsar Dubh, elle se met aussi à sa recherche. Mais sa quête ne sera pas de tout repos. Elle aboutira chez Jéricho Barrons, un libraire aussi à la recherche du Sinsar Dubh, qui l’aidera, l’exploitera et la protégera. Ensemble, ils tenteront de récupérer les Objets de pouvoir nécessaires pour retrouver le Sinsar Dubh et pour y arriver, ils devront affronter la mafia, des vampires, des Faës seelie (les bons), des Faës unseelie (les méchants) et des Faës de volupté fatale, c’est-à-dire des Faës qui ont un attrait sexuel irrésistible sur la personne qui les regarde.

J’ai adoré cette série. C’est mon côté ado qui ressort, j’imagine. J’ai retrouvé les mêmes sensations que lorsque je lisais les Anne Rice à 20 ans. C’est le genre de livres parfaits pour l’été, où on ne veut qu’être diverti. Évidemment, c’est exagéré. Pour apprécier, il faut abandonner tout espoir de grande littérature et profiter de l’histoire. Ceci étant dit, les 5 livres sont quand même très bien ficelés, la quête de Mac et de Jéricho se tient, on est tenu en haleine et la révélation finale n’est pas connue d’avance. La petite histoire d’amour/de sexe entre Mac et Jéricho (je ne révèle rien, car il est évident dès le début qu’il se passera quelque chose entre eux) est mignonne comme tout et pas quétaine, contrairement à celle de Wicked Highlander de Donna Grant. Si vous êtes facilement choqué, ce n’est peut-être pas pour vous, car il y a quelques passages torrides bien ancrés…

Des points faibles? L’écriture de l’auteure. J’ai adoré l’histoire, mais comme texte, c’est un peu bof. C’est très haché, cru et extrêmement répétitif. Les adjectifs pullulent, et je ne sais plus combien de fois elle parle des vêtements de Mac. Oui, l’importance du physique de Mac, jeune fille légère et « arc-en-ciel », devait être soulignée, mais quand on souligne et qu’on met en gras et en majuscules, c’est trop. À mon avis, un bon éditeur aurait fait un ménage là-dedans.

Un petit mot sur la traduction de Cécile Desthuilliers : Bravo! Souvent, je suis déçue des traductions françaises des livres américains, car certaines réalités nord-américaines sont complètement perdues (par exemple, certains livres traduits de John Steinbeck ou de Mordecai Richler). Mais cette fois-ci, chapeau! La traduction est bonne, en français assez neutre, et comme j’ai lu les 4 premiers en français et le dernier en anglais, j’irai presque même jusqu’à dire que les versions françaises sont meilleures. L’écriture originale de Karen Marie Moning ne m’a pas du tout séduite. La traduction a amélioré l’enveloppe de l’histoire, à mon avis. Évidemment, ce n’est qu’une impression. Pour en être sûr, il faudrait comparer un des tomes anglais avec sa version traduite, mais j’ai quand même plus apprécié ma lecture en français, ce qui n’arrive pratiquement jamais avec des livres traduits.

Pour plus d’information sur l’auteure et ses livres, deux sites (en anglais)

http://www.karenmoning.com/kmm/

http://karenmariemoning.blogspot.com/

J’ai appris sur Internet qu’un roman graphique sur cette série devrait sortir bientôt et que, supposément, elle avait signé un contrat pour 3 autres livres. À suivre… Je ne serais pas surprise de voir un film dans la mêlée.

C’était un autre livre pour notre défi Kiltissime!

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Wicked Highlander – Donna Grant

Donna GRANT (2010)

St. Martin’s Paperbacks

325 pages

Écosse, 1603. Les forces druides sont divisées en deux camps: les mie (les bons) et les drough (les méchants). Depuis quelque temps, c’est les drough, avec leur maîtresse Deirdre, qui règnent. La belle immortelle baigne dans la magie noire depuis sa tendre enfance et ne recule devant rien, même tuer sa famille, pour obtenir tout ce qu’elle veut, soit le pouvoir des druides mie et tous les hommes qui possèdent un guerrier entre eux,  surtout Quinn MacLeod qui, selon la prophétie, doit lui donner un enfant qui sera le mal incarné.

Essayons d’y voir un peu plus clair: Il y a bien longtemps, durant l’invasion romaine en Bretagne, les mie ont convoqué les dieux, qui ont ensuite envahi le corps des hommes les plus forts des Highlands pour défendre le pays. Ça a bien marché, et les Romains s’en furent. Par la suite, les mie ont « endormi » les dieux, toujours dans le corps des hommes, mais Deirdre a trouvé la formule magique qui a su les réveiller. Maintenant, elle veut en faire son armée et elle n’hésite pas à battre et à écraser ceux qui refusent de se joindre à elle, ce qui nous ramène à Quinn MacLeod et à ses deux frères, Lucan et Fallon, tous trois prisonniers d’un dieu extrêmement puissant (le même qui est réparti dans les trois). Quinn et ses frères (et leur dieu) n’ont pas encore plié devant Deirdre, mais ça ne saurait tarder…

Jusqu’à maintenant, les MacLeod avaient réussi à échapper à Deirdre, mais Quinn vient d’être fait prisonnier. Il refuse de se joindre à Deirdre et clame haut et fort que ses frères viendront le secourir, mais ceux-ci tardent. Deirdre, peu habituée à une telle rebuffade, décide de l’envoyer au trou (pit) avec les autres guerriers rebelles. Dès son arrivée, Quinn réussit à se faire maître du lieu et à s’attirer la loyauté quelques  guerriers. Un bon jour, Marcail, une jeune druide mie que Deirdre ne veut pas tuer elle-même par peur des sorts qui entourent la puissante druide, est elle aussi envoyée au trou (pour que quelqu’un d’autre la tue, dans le fond), mais Quinn la sauve. Dès cet instant, leur destin sera lié, et pour les trois quarts du livre, c’est leurs regards langoureux et leurs ébats qu’on découvrira.

Mon avis: Oh boy! Dire que ce livre est une horreur serait probablement exagéré, mais c’est un gros navet. Il faut avouer que j’ai commencé par le 3e livre de la série (je pensais avoir le 1er), mais l’intrigue fut quand même facile à cerner. En gros, ce livre est un Harlequin, un prétexte pour écrire des scènes de fesses, rien de plus. « Tout le monde, il est beau. Tout le monde, il est bon. Tout le monde, il s’aime, etc. » Je suis bien pour les livres légers et divertissants, surtout l’été, mais aidez-vous un peu! Si l’auteure ne dit pas que Marcail a les yeux turquoise au moins 50 fois, elle ne le dit pas une fois. Puis, comment ces gens qui sont dans un trou sombre, sans eau et nourriture, depuis on ne sait combien de temps peuvent-ils se trouver beaux et attirants, et vouloir batifoler sans arrêt? Surtout quand l’apocalypse se trame au-dessus de leur tête!

Pas besoin de dire que je ne lirai pas les deux premiers…

Voici un petit extrait d’une scène amoureuse:

« And his body. She sighed. He was so gloriously beautiful that she couldn’t look her fill enough. Not only was he finely sculpted with muscles across his shoulders and arms, but also down his chest, which narrowed to his waist and firm bottom and legs. He was perfection in every way. » (p. 136)

Si ce genre de livres vous plaît, vous devriez aimer Donna Grant. Voici son site Internet: http://www.donnagrant.com/

Oui, ce livre aussi fait partie du défi Kiltissime, même s’il n’est pas au même niveau que les autres. Pour en savoir plus sur notre défi, voyez le récapitulatif:

http://cryssilda.canalblog.com/archives/2011/06/15/21404100.html

Et pour voir mes autres lectures Kiltissime, cliquez sur Ewan…

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Classé dans Grant Donna

Azteca – Gary Jennings

JENNINGS, Gary (1981)

France Loisirs

729 pages

Le roi d’Espagne demande à l’évêque en charge du territoire appelé Nouvelle-Espagne (aujourd’hui le Mexique) de trouver et d’interroger un autochtone natif de la région qui lui relatera l’histoire et les moeurs de son peuple. Grâce à des lettres, des mémoires nous rencontrerons une grande civilisation, les Aztèques.

Comme d’autres, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Beaucoup de noms, d’endroits, de mots en nuahtal (langue autochtone) faisaient en sorte que je m’ennuyais un peu. Puis, le déclic s’est fait, et j’ai été absorbée par l’histoire, la vie, les habitudes, les inventions, les coutumes de ce peuple. On y décrit de merveilleuses choses (l’invention du cadran solaire, les teintures, etc.) autant que des plus repoussantes (surtout les sacrifices humains).

C’était un grand cours d’histoire qui manquait à ma culture. À travers les récits du vieil Aztèque, nous parcourons au moins 60 ans de l’histoire du Mexique, de 1470 à 1531, environ. Les cent dernières pages du livre sont extrêmement déchirantes. C’est la bataille finale entre les Aztèques et les hommes de Cortez, c’est l’extinction quasi totale d’un peuple très avant-gardiste, mais aussi très traditionnel. Nous connaissons tous la fin de cette triste histoire, mais on se prend à espérer qu’il en soit autrement.

La seule chose qui m’a un peu déplu (et j’ai entendu dire que c’est encore plus présent dans les deux autres livres qui suivent Azteca), c’est que parfois, on aurait dit un roman Harlequin historique. Il y avait énormément de sexe dans l’histoire du vieil Aztèque et cela était rarement pertinent. Mais bon, ça n’enlève rien à l’histoire.

4.5/5

(critique d’origine – 2005)

MAJ 2011: Peu après ma lecture, je suis tombée sur un article de Philippe Mercure dans La Presse. Je l’ai gardé en vue d’un voyage au Mexique et je le recopie ici, car je le trouve très pertinent.

Teotihuacan, la cité des Dieux – Philippe Mercure
La Presse
Une fine brume flotte sur la cité sacrée de Teotihuacan. L’herbe est parsemée de flaques d’eau laissées par les pluies de la veille. Debout sur l’autel de la Citadelle, le regard domine une place carrée de près d’un demi-kilomètre de côté.

Au loin, la pyramide du Soleil et sa petite soeur, la pyramide de la Lune, se confondent presque avec les montagnes. Seul le chant des oiseaux vient troubler le silence.

Il y a deux millénaires, des prêtres animaient d’ici des cérémonies religieuses auxquelles prenaient part des milliers de fidèles. Aujourd’hui on s’attendrait presque à voir Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, percer la brume matinale et descendre les marches du temple érigé en son honneur qui se dresse droit devant.

Ce sont plutôt trois petits Mexicains qui prennent l’escalier d’assaut en criant joyeusement. Derrière, parents et grands-parents suivent lentement, portant des paniers où dépassent les sacs de croustilles et les deux litres de Pepsi. Teotihuacan fut longtemps un lieu de pèlerinage pour les Aztèques, qui découvrirent la cité abandonnée au XIVe siècle. Aujourd’hui, les familles des environs viennent y pique-niquer, et les touristes du monde entier la contempler.

Des temples, des rues, des pyramides

Le site archéologique est immense. Partout, des pyramides à grimper, des temples à explorer, des restes de terrasses et d’habitations qui témoignent du haut niveau d’avancement de la civilisation Teotihuacan.

Au centre de ce tableau s’étale l’avenue des Morts, une majestueuse artère de 40 mètres de largeur. On peut aujourd’hui l’arpenter sur deux kilomètres, mais elle en comptait à l’origine cinq. Pensez aux Champs-Élysées, version mexicaine. La parcourir d’un bout à l’autre permet de plonger au coeur des ruines et de les apprécier «de l’intérieur».

Pour une tout autre perspective, l’ascension de la pyramide du Soleil s’impose. Les 248 marches sont abruptes et inégales. On parvient au sommet à bout de souffle, non sans raison : à 2300 mètres au-dessus du niveau de la mer, les effets de l’altitude se font sentir. Et on vient tout de même de gravir la troisième pyramide du monde.

Au sommet, plusieurs refont le plein d’énergie en posant le doigt sur une petite plaque de métal qui indique le centre exact de la pyramide. Selon la légende, l’énergie du soleil emmagasinée par la pyramide se transmet alors au corps. «Ooooouuu, j’en ai besoin!» s’exclame Isabelle Chapuis, une touriste française visiblement éprouvée par la montée.

Des vestiges sous les champs

Une fois les piles rechargées, on peut se concentrer sur la vue. C’est d’ici qu’on peut réaliser toute l’ampleur qu’avait jadis cette colossale cité. À nos pieds s’étale un incroyable complexe de ruines et de bâtiments. Penser qu’à son apogée, Teotihuacan était 10 fois plus vaste donne le vertige.

Grouillante d’activité avec ses 200 000 habitants et s’étalant sur plus de 20 kilomètres carrés, la ville était trois fois plus grande que le Plateau Mont-Royal et 10 fois plus peuplée. Les champs et les propriétés des environs regorgent encore de vestiges à demi enfouis que les archéologues n’ont pas eu le temps de mettre au jour.

De retour sur la terre ferme, les « vendeurs du temple » prennent les touristes d’assaut pour leur vendre souvenirs et babioles. Vous pouvez les semer en vous attaquant à une nouvelle ascension : la pyramide de la Lune. Située tout au bout de l’avenue des Morts, elle procure une vue spectaculaire sur celle-ci, qui s’étale droit devant dans toute sa splendeur.

Si vos jambes n’ont pas flanché, il reste encore des temples un peu à l’écart du site avec d’impressionnantes fresques à admirer. Après une journée de découvertes sous le soleil, la langueur s’installe. Même les vendeurs du temple, las, se font moins insistants. C’est le temps d’aller se désaltérer au restaurant « Las Pyramidas », qui offre une baie vitrée avec vue sur le site. « Una cerveza por favor. »

LA MYSTÉRIEUSE CHUTE D’UNE CIVILISATION

Teotihuacan fut fondée avant l’ère chrétienne par un peuple dont on connaît peu de choses. Pendant cinq siècles, la ville a régné sur tout le plateau central du Mexique et les régions environnantes. La plus grande métropole des Amériques était défendue par une armée et abritait architectes, astronomes et commerçants.

Les habitants faisaient venir d’aussi loin que l’Amérique centrale et ce qui est aujourd’hui le sud des États-Unis les matériaux et les produits de luxe nécessaires à leurs nombreux rituels.

L’art y a fleuri : les poteries, peintures et sculptures sont encore visibles aujourd’hui. Des fouilles récentes sous la pyramide de la Lune ont mis au jour de riches sépultures, indiquant que les dirigeants de la cité étaient puissants et respectés. Les sacrifices humains faisaient partie des rituels : on a retrouvé la pyramide du Soleil entourée d’une centaine de cadavres, tous placés avec les mains derrière le dos.

Puis, au VIIe siècle de notre ère, l’empire s’est effondré. Un incendie de nature inconnue a ravagé la ville, qui ne s’en est jamais remise. Les guerres avec les puissances ennemies, la surexploitation des ressources et la surpopulation sont évoquées pour expliquer la chute.

Plusieurs siècles plus tard, les Aztèques ont découvert la cité abandonnée. Ils ont cru qu’elle avait été construite par les dieux, et en ont fait un lieu de culte. L’avenue des Morts est baptisée : les Aztèques croyaient que les temples qui bordent l’artère étaient d’immenses tombeaux construits par des géants.

DÉCOUVRIR LE TOMBEAU DES ROIS GRÂCE AUX RAYONS COSMIQUES

En gravissant les marches de la pyramide du Soleil, peu de touristes savent qu’une curieuse expérience se déroule sous leurs pieds. Une expérience relie la pyramide du Soleil aux rayons cosmiques, perpétuant les anciennes traditions de ce bâtiment conçu selon des considérations astronomiques.

L’histoire commence dans les années 70, alors que les archéologues découvrent un tunnel naturel au centre de l’escalier de la pyramide. En le suivant sur une centaine de mètres, ils aboutissent dans une grotte formée de quatre chambres située au coeur de la pyramide. Sur le sol de lave, ils trouvent un petit autel et divers objets de culte.

Les touristes ne peuvent pas visiter cette grotte. Andres Fuentes étudiant en archéologie rencontré sur le site, a quant à lui eu la chance d’y pénétrer. «C’est hallucinant. Il y a quatre chambres orientées selon chacun des points cardinaux. Ils ont découvert qu’il y a eu des sacrifices là-dedans», raconte-t-il.

Cette découverte a aiguisé la curiosité des chercheurs, qui croient maintenant que la pyramide a peut-être servi de tombeau aux rois de l’ancienne cité sacrée. Pour en avoir le coeur net, des physiciens ont placé un détecteur de muons (particules qui se forment lorsque des rayons cosmiques frappent la terre). Les chercheurs veulent se servir des muons exactement comme des rayons X d’une radiographie. Ils espèrent qu’ils leur permettront de détecter des cavités dans la structure, où pourraient reposer les rois de Teotihuacan depuis deux millénaires.

REPÈRES

TEOTIHUACAN est situé à 50 kilomètres au nord-est de la ville de Mexico. La plupart des touristes y passent la journée, puis retournent dormir dans la capitale. Il est aussi possible de séjourner au Club Med Villa Arqueologica, à distance de marche du site, ou dans la petite ville de San Juan Teotihuacan.

Il faut compter une bonne journée pour visiter le site. La visite implique de marcher de bonnes distances sur des terrains inégaux et gravir de nombreuses marches de pierre. Ce n’est certainement pas l’endroit idéal pour traîner Junior en poussette.

Le soleil peut taper fort : prévoyez un chapeau, de la crème solaire et une bouteille d’eau. L’été, les pluies sont fréquentes en après-midi.

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