Archives de Tag: roman policier

Doors Open – Ian Rankin

Doors Open

Ian Rankin (2008)

Orion

260 pages

(Traduction: Portes ouvertes, Le Masque, 2011)

**Attention, possibles révélations pour ceux et celles qui n’auraient pas lu le livre. Je ne dévoile pas la fin, mais bon. J’aime mieux vous avertir***

Résumé

Mike Mackenzie, riche entrepreneur en informatique, Allan Cruikshank, conseiller financier, et Robert Gissing, professeur d’art près de la retraite, forment un drôle de trio. Ils ont très peu en commun si ce n’est leur amour réel pour l’art. Quand je parle d’amour réel, je parle d’amour des oeuvres, des artistes, de l’Art avec un grand A. Ces types méprisent les gens ou les organismes qui achètent des oeuvres pour les cacher ou les revendre au gros prix plus tard. Ils voudraient plutôt que l’art soit accessible, que le public puisse en profiter partout et n’importe quand, et ils détestent les  entrepôts où se cachent des oeuvres qui devraient être vues et admirées. C’est un peu pour ça que ces voleurs amateurs vont décider de tenter un vol d’oeuvres d’art de l’entrepôt de la National Gallery of Scotland qui ouvrira ses portes, pour un jour seulement, lors de la journée Portes ouvertes. Tout semble rouler pour nos amis : le professeur Gissing a trouvé un contrefacteur, Mike a su rallier quelques contacts parmi le monde du crime organisé et Allan revoit les derniers détails. Évidemment, comme dans tout bon livre ou film de vol, rien n’ira comme sur des roulettes…

Mon avis

Avant même de lire ce livre, je savais qu’il me donnerait du fil à retordre. C’est que les Rebus de Rankin, j’adore. Alors,  l’auteur saurait-il me séduire avec un roman hors-Rebus ? Les premières pages m’ont rassurée. L’écriture était la même, soit directe et drôle. Puis, quand est venue la trame principale, l’organisation du vol, j’ai décroché ben raide, comme on dit ici. Pour moi, c’était tellement irréaliste. Oui, on peut bien s’imaginer ces trois gars parler d’art de cette façon, même rêver de commettre ce vol, mais dans les faits, je n’y ai pas cru une seule minute. Pour moi, c’était tout à fait impossible qu’ils aillent de l’avant. J’ai toutefois continué ma lecture, pas très impressionnée, mais l’arrivée du crime organisé et des péripéties m’ont un peu eue à l’usure. Je trouvais encore l’histoire tirée par les cheveux, mais au moins, le rythme était réellement haletant. À quelques reprises, lors du vol ou des agressions, je retenais réellement mon souffle. Ça faisait longtemps que ça m’était arrivé.

Au final, malgré le rythme et l’écriture, l’histoire m’a peu accrochée. Cela dit, je mets la barre haute, car j’adore Rankin, mais ce petit polar n’est pas mauvais du tout si on s’abandonne à l’idée que ce vol pourrait être plausible.

Voir l’avis de Cryssilda, ici.

—————————-

Parlant de Cryssilda, ma copine folle amoureuse de l’Écosse nous a mis au défi de lire 6 publications écossaises récentes. Il n’en fallait pas plus pour m’intéresser. Donc, pour attribuer le Prix Kiltissime au meilleur livre écossais, nous lirons (pas nécessairement dans l’ordre) :

1) Louise Welsh – Naming the bones (De Vieux Os)

2) Peter May – The Blackhouse (L’Île des chasseurs d’oiseaux) ou The Lewis Man (L’Homme de Lewis)

3) John Burnside – Glister (Scintillation)

4) Ian Rankin – Doors Open (Portes ouvertes)

5) Philip Kerr – If The Dead Rise Not (Hôtel Adlon)

6) Dominic Cooper – Men at Axlir (Nuage de cendre)

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La voix – Arnaldur Indridason

Arnaldur Indridason - La Voix.

Arnaldur Indridason (2007 – version originale en 2002)

Métailié

330 pages

Depuis quelques mois déjà, j’enchaîne les Rebus de Ian Rankin. Je ne m’en lasse pas. Mais je me rends aussi compte que j’aurai bientôt fini la série et du coup, ça m’angoisse un peu, alors j’ai décidé de tromper Rankin avec un autre auteur de polars que j’aime bien, Indridason, que j’avais un peu oublié mais que Maeve et Keisha m’ont redonné envie de lire dernièrement.

L’intrigue

Reykjavik, Islande. C’est le temps des fêtes et un hôtel chic bondé est le théâtre d’un meurtre lugubre. Le portier, qui fait aussi office de père Noël, est retrouvé mort, les culottes baissées (littéralement) dans son petit cagibi du sous-sol qui lui tient liu d’appartement. Erlendur, ainsi que ses collègues Elinborg et Sigurdur Oli, mènent l’enquête, mais personne ne les aide, ni les employés de l’hôtel, qui semblent être quelques-uns à avoir quelque chose à cacher, ni la soeur et le père du défunt, qui ne semblent pas très près du portier assassiné. Erlendur, qui déteste les réjouissances qu’il aurait de toute façon passées seul, s’installe donc à l’hôtel, au plus grand dam du directeur de l’établissement et de sa fille, Eva.

Mon avis

Un autre excellent bouquin d’Arnaldur Indridason. C’est noir et déprimant et l’auteur ne fait pas de cadeaux à sa ville ni à son pays. Alors que certains autres auteurs nordiques, tout aussi noirs, misent quand même sur la beauté des paysages, ici, rien à vendre. C’est froid et pluvieux, il y a de la drogue et de la misère et, bien sûr, un enquêteur déprimé et déprimant. Tout de même, on ne peut pas s’empêcher de l’aimer et d’embarquer dans ses histoires et dans le train-train quotidien de Reykjavik et de l’Islande. Faut dire qu’un enquêteur qui corrige la grammaire de ses suspects ou de ses témoins importants, c’est chou :

– Je ne sais rien de cet homme et j’en ai vu plus de lui que ce que j’ai envie.

– Que ce dont j’ai envie, corrigea Erlendur.

– Hein ?

– Il faut dire : ce dont j’ai envie et pas ce que j’ai envie.

Elle le regarda comme s’il était malade.

C’est le troisième livre mettant en vedette Erlendur que je lis et je les apprécie de plus en plus. Oui, c’est un autre enquêteur sur la déprime, mais il ne fait pas que boire : sa vie personnelle est tout aussi mystérieuse que les enquêtes qu’il mène et elle a une place plutôt importante dans les livres. Cette fois-ci, on revoit Eva, sa fille aux prises avec un problème de drogue, et on en apprend plus sur ce jour maudit, alors qu’il était tout petit, où il est resté pris dans une tempête avec son jeune frère. En gros, c’est des enquêtes intéressantes agrémentées de personnages principaux tout aussi intéressants.

[Photo prise par moi à Reykjavik mettant en scène le même paysage que sur le couverture du livre 🙂 ]

Romans mettant en vedette le commissaire Erlendur Sveinsson

01- Synir duftsins (1997) – Inédit en français.

02- Dauðarósir (1998) – Inédit en français.

03- Mýrin (2000) – La Cité des jarres

04- Grafarþögn (2001) – La Femme en vert

05- Röddin (2002) – La Voix 

06- Kleifarvatn (2004) – L’Homme du lac

07- Vetrarborgin (2005) – Hiver arctique

08- Harðskafi (2007) – Hypothermie

09- Myrká (2008) – La Rivière noire

10- Svörtuloft (2009) – La Muraille de lave

11- Furðustrandir (2010) – Inédit en français.

12- Einvígið (2011) – Inédit en français.

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L’Homme de Lewis – Peter May

L'homme de Lewis

L’Homme de Lewis

Rouergue

315 pages

Histoire de faire (un peu) changement, j’ai lâché Rebus quelques jours pour prendre L’Homme de Lewis de Peter May. La coupure n’était pas trop brusque : je reste encore Écosse (mais je me déplace sur une île) et j’accompagne toujours un flic à problèmes (mais il semble moins paumé que Rebus). Bon, finalement, je n’ai pas changé de registre tant que ça…

Blague à part, j’ai pris ce livre parce que ma copine Cryssilda avait parlé de l’auteur avec grand bien. Malheureusement, le premier tome, Blackhouse (L’Île des chasseurs d’oiseaux), n’était pas à la biblio, alors j’ai pris le deuxième. Cryss dit que le premier est meilleur, mais ne pas l’avoir lu ne semble pas avoir dérangé ma lecture ni mon appréciation du deuxième. Tant mieux.

Ce livre commence avec Fin Macleod, ancien policier, qui retourne sur l’île de Lewis, là où il est né et où il a grandi. Il y retourne un peu pour repartir à zéro, car son divorce vient d’être prononcé. C’est que son couple n’a pas survécu à la mort de son fils (je ne révèle rien, ça commence comme ça). Mais le problème, c’est que Fin ne repartira pas vraiment à zéro sur l’île, car là-bas, il y a Marsaili, son amour de jeunesse, celle qui lui a glissé entre les doigts. Entre eux, c’est évident qu’il reste des trucs non achevés. De plus, on vient de retrouver un homme des tourbières (ça existe pour vrai, c’est assez spécial, disons), et Fin sera impliqué malgré lui dans l’enquête et dans l’histoire.

À mon avis, c’est un excellent livre. L’enquête en tant que telle m’a divertie et je l’ai trouvée originale. De plus, l’écriture de l’auteur (ou du traducteur, ici ?) était superbe, autant pour la forme que le contenu. Les passages entourant le père de Marsaili qui souffre maintenant d’Alzheimer sont un peu rudes et crus, mais semblent si authentiques. Et les passages parlant du vent, qui sont nombreux parce que le vent est pratiquement un personnage, sont tellement réalistes qu’on peut presque le sentir:

Il acquiesça et le vent vint combler le silence qui s’installa entre eux. Il soufflait sur les herbes, projetait la mer contre les rochers des falaises au nord, portait jusqu’à eux les cris des mouettes qui luttaient pour en dompter les rafales et les courants. Il fouettait sans pitié Fin et Marsaili debout au sommet de la falaise, tirait sur leurs vêtements, s’engouffrait dans leurs bouches lorsqu’ils parlaient, emportant leurs mots au loin.

Une photo prise en Écosse en juillet 2010. Nous sommes sur le continent, mais à la même auteur que Lewis. Il ventait à écorner les boeufs. Le vent s’engouffrait dans nos pantalons, faisait danser nos cheveux, nous poussait. Il fallait se tenir pour ne pas décoller…

Une plage probablement semblable à celles décrites dans le livre

Merci à mon amie Cryssilda pour la découverte !

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Ainsi saigne-t-il – Ian Rankin

Ainsi Saigne-T-Il - Une Enquête De L'inspecteur Rebus de Ian Rankin

Ian RANKIN (2000)

Éditions du Rocher

403 pages

(version originale: Let it Bleed, 1995)

Je devrais être en train de travailler. Ou de vous parler de Great Expectations. Mais je n’ai qu’une envie: rester dans l’univers de Rebus. J’en mange. Et j’en rêve. (Oui, hier soir, Rebus est venu à ma rescousse dans un rêve.)

Cette fois-ci, l’histoire commence par une poursuite policière. Rebus est passager d’une voiture conduite par un Lauderdale déchaîné qui suit un véhicule conduit par deux jeunes, Willie et Dixie, soupçonnés d’avoir enlevé Kirstie Kennedy, la fille du maire. Presque au même moment, un ex-prisonnier va se suicider devant le conseiller municipal Gillespie qui tient sa séance mensuelle. Notre Rebus commencera à travailler sur l’enquête, avant de se voir mis en congé forcé (est-on surpris?), ce qui n’aide pas son humeur déjà morose. C’est que Rebus a été viré par Patience, et  Sammy, sa fille, est revenue à Édimbourg pour travailler pour ONET, l’Organisme national d’éducation par le travail, un organisme qui vient en aide aux ex-prisonniers. Rebus ne voit pas d’un bon oeil que sa fille côtoient ces gens, ce qui entraîne quelques flammèches entre les deux. On retrouve aussi Gill Templer, qui a monté en grade et qui est devenue vraiment chiante. Enfin, Rebus a une rage de dents. Donc, il n’y a rien pour faire sourire notre inspecteur préféré dans cette histoire, si ce n’est qu’il pourra enfin se venger de son ennemi juré, Flower.

J’ai beaucoup beaucoup aimé cette enquête de Rebus. La précédente, Causes mortelles, m’avait laissé un goût amer (mais ma copine Maeve a adoré, alors ne vous fiez pas qu’à moi). Dans ce tome, il y a encore tout ce que j’aime chez Rebus, comme ses problèmes, son inaptitude sociale et son petit côté peu orthodoxe, mais pour la première fois, on commence à entrevoir ce qui se cache vraiment sous le côté baveur et frondeur de John Rebus. Lui qui assume sa consommation d’alcool et sa mauvaise humeur semble au fait qu’il est comme ça pour cacher quelque chose. Je n’ai jamais vu Rebus comme un personnage unidimensionnel, mais cette fois-ci, on développe le personnage beaucoup plus et on ne peut qu’espérer de grandes choses pour les suites:

« Si Rebus buvait, c’était entre autres choses pour pouvoir dormir. Le sommeil avait tendance à le fuir quand il faisait abstinence. Il scrutait l’obscurité, souhaitant la voir se matérialiser sous diverses formes afin de mieux la cerner. Il essayait de donner un sens à sa vie – évoquait ses années catastrophiques dans l’armée, le fiasco de son mariage, ses échecs de père, d’ami, d’amant -, et terminait en larmes. » (p. 255)

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Classé dans Rankin Ian

A Good Hanging and Other Stories – Ian Rankin

A good hanging and other stories by Ian Rankin

Ian Rankin (1998 – 1re édition 1992)

Orion

253 pages

En temps normal, je n’aurais pas parlé de ce livre, car je n’ai vraiment pas grand-chose à dire, mais comme il s’insère dans mon challenge personnel et informel Rebus, j’ai décidé d’en faire un court billet.

Cet ouvrage de Rankin met en vedette notre Rebus adoré, mais c’est plutôt 12 nouvelles et non une enquête principale. Je ne suis pas folle folle des nouvelles, mais comme c’était Rebus et Orion, je me suis lancée, car j’étais sûre d’aimer. Mais la chimie n’a pas opéré. Même si j’ai aimé entrer plus en détail dans la vie quotidienne d’un Rebus qui n’est pas toujours au centre d’une méga enquête de fous, qui a un travail quotidien plus normal, j’ai eu l’impression que ces nouvelles tombaient à plat et  qu’elles étaient un peu des essais de romans ratés: pas assez intéressantes pour devenir un « vrai » livre, une longue enquête.

Il y a quand même quelques trucs sympathiques, comme une interaction avec George Flight, rencontré dans Le Loup-garou de Londres, et l’arrivée d’un inspecteur français, Cluzeau… Oui, oui. Mais le tout s’arrête un peu là. Je lis habituellement mes Rebus en 2 jours, mais celui-ci, plus court que les autres, m’a pris 2 mois. Ça dit tout. Mais bon, passons à un autre, car je n’abandonne pas ! J’ai déjà commencé le prochain, et j’aime! Rebus forever !

Si vous êtes fanas de Rebus comme moi, vous apprécierez le coup d’oeil dans le quotidien de Rebus, mais sans plus. Mais empruntez-le à la biblio.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Causes mortelles – Ian Rankin

Ian RANKIN (1999)

Éditions du Rocher

344 pages

(version d’origine: Mortal Causes – 1994)

C’est le festival fringe à Édimbourg. La plupart des habitants et des touristes sont heureux, mais pas tous. Évidemment, toute cette activité ne plaît pas trop à notre Rebus, car les crimes augmentent et surtout, ça bloque la circulation, et il ne peut plus circuler aussi aisément. Les jeunes du Gourbi, un HLM limitrophe du centre, eux non plus n’apprécient pas le festival qui représente tout ce qu’ils ne sont pas. Un peu avant la fin du festival, un cadavre est retrouvé dans les couloirs souterrains de Mary King’s Close. Le jeune homme a été exécuté à la façon des traîtres de l’IRA. Rebus, qui a fait partie de la SAS et qui a été posté à Belfast durant le gros de la guerre civile, le sait trop bien, et c’est pour ça que ses supérieurs le mettent en charge de l’enquête.

Eh bien, il fallait que ça arrive. Après un départ canon avec Rebus (4 livres aimés fort fort sur 5), en voici un qui m’a beaucoup moins intéressée. En fait, Rebus est toujours aussi délectable, de plus en plus alcoolo et asocial, mais l’intrigue m’a ennuyée presque au plus haut point. Je ne connais pas grand-chose aux guerres en général et j’étais complètement perdue avec tous les acronymes qui désignaient les groupes et les sous-groupes terroristes irlandais: SAS, UVF, RUC, UFF, UDR, UDA, alouette. De plus, comme ce livre traite de la « nouvelle technologie » de l’époque, lire les disquettes informatiques, il a moins bien vieilli que les autres qui passeront l’épreuve du temps sans trop d’anachronismes.

Même si je donne presque le bon Dieu sans confession à Rebus et que je me fiche un peu des coïncidences heureuses qu’il  y a dans ces livres, cette fois, j’ai trouvé l’histoire un peu trop tirée par les cheveux: d’un côté, le meurtre de Mary King’s Close, de l’autre côté,  Rebus qui, à la demande de son ami le père Leary, va dans le Gourbi rencontrer un jeune prêtre-travailleur social qui semble avoir perdu la foi. Ajoutez à l’intrigue Mairie Henderson et Morris Gerald Cafferty (en criminel éthique?), brassez un peu et obtenez, au final, deux histoires qui, évidemment, auront rapport l’une avec l’autre. C’est un peu exagéré.

Le point fort du livre: d’excellents personnages, comme les policiers de Fettes, le nouveau Q.G., Caroline Rattray, une avocate qui intéressera notre Rebus, Flower, le collègue de Rebus qu’on aime détester, etc.

Enfin, j’ai bien aimé ce que dit Rebus sur les Borders, les Marches de l’Écosse. C’est un peu long, mais c’est aussi l’impression que j’ai eue en allant là-bas:

« À chaque fois que John Rebus avait traversé l’une des villes des Marches d’Écosse, que ce soit en service ou par choix personnel, le même mot lui était venu à l’esprit: Propre. Ces villes étaient bâties selon des plans simples et d’une netteté presque chirurgicale. Les immeubles, construits de pierre brute, étaient carrés, sans fioritures. Les gens qui circulaient de la banque à l’épicerie et de l’épicerie au pharmacien avaient de bonnes joues roses et pétaient de santé, comme s’ils se passaient le visage à la pierre ponce chaque matin avant de s’installer devant leur petit déjeuner à la ferme. […] À vrai dire, les habitants des Borders épouvantaient Rebus. Il ne parvenait pas à les comprendre. Mais il subodorait que la situation géographique – beaucoup plus proche de la frontière avec l’Angleterre que de n’importe quelle ville importante d’Écosse – avait sans doute provoqué une sorte de schizophrénie dans ces villes et chez leurs habitants. » (p. 133)

Je termine en disant quelques mots sur la traduction de Michèle et Frédéric Witta. Elle m’a beaucoup plus plu que celle de Rebus et le loup-garou de Londres et que celle du Carnet noir, même si c’était les mêmes traducteurs pour Le Carnet noir. Toutefois, en enchaînant les traducteurs, il survient des incohérences auxquelles il faut se réhabituer. Par exemple, dans Le fond de l’enfer, Watson est surnommé le Fermier. Maintenant, c’est le Péquenot. Mais bon. J’ai espoir de trouver des versions anglaises pour les prochains.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Brunswick Gardens – Anne Perry

Anne PERRY (1998)

Fawcett Columbine

389 pages

Il y a quelques semaines, j’errais à la bibliothèque sans savoir quoi emprunter. (C’était avant de me remémorer que je n’avais pas terminé de lire la série d’Ian Rankin.) Puis, je me suis souvenue que des amies blogueuses parlaient souvent d’Anne Perry. Parfois en bien, parfois en mal, mais comme ça se passe dans l’Angleterre victorienne, j’ai eu envie d’essayer. Ma bibliothèque avait tellement de livres de Perry que je ne savais pas par où commencer, donc j’ai pigé au hasard et je suis tombée sur le 18e (!) de la série de Charlotte et Thomas Pitt.

L’histoire en gros

Dans le quartier chic de Brunswick Gardens, Unity Bellwood, l’assistante du révérend Ramsay Parmenter, meurt tragiquement en tombant dans l’escalier. Est-ce qu’elle s’est suicidée ? A-t-elle été poussée ? Si c’est le cas, qui est le coupable ? Le révérend Parmenter, que les croyances d’Unity faisaient rager ? Mallory, le fils de Ramsay ayant renié la foi anglicane pour la foi catholique, mais qui peine à supporter le voeu de chasteté ? Le vicaire, Dominic Corde, que Ramsay a recueilli chez lui alors qu’il était en train de sombrer ?

Comme Ramsay Parmenter est pressenti pour devenir évêque, on demande à Thomas Pitt, enquêteur en chef du poste de Bow Street, le poste central à l’époque, de s’occuper de l’affaire au lieu de la donner aux policiers du quartier. Ce qui semblait être un cas évident (c’est que plusieurs personnes ont entendu Unity crier « Non, Non, révérend » juste avant de tomber dans l’escalier) sera en fait plus complexe. Pitt sait que le coupable se trouve parmi les gens qui étaient présents dans la maison, mais tous semblent avoir un alibi, mais tous semblent aussi avoir une dent contre Unity, jeune fille moderne qui faisait flancher la foi de Ramsay en lui parlant de la théorie de Darwin.

Mon avis

Hum, mitigé. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car je suis bon public pour ce genre de livres faciles et divertissants. De plus, les descriptions victoriennes étaient superbes : environnement, vêtements, moeurs, nourriture:

There they had an excellent luncheon of fresh bread, crumbly Lancashire cheese, rhubarb pickle and a glass of cider.

Cependant, j’ai trouvé le texte extrêmement répétitif. Anne Perry avait, à mon avis, assez de matériel pour faire une longue nouvelle, pas un roman de 389 pages. Les cent premières pages, alors que les membres de la famille Parmenter s’accusent les uns les autres représentent à peu près quelques heures du roman et c’est tellement redondant ! Mais bon, le sujet est quand même assez intéressant avec cette histoire d’Église anglicane bouleversée par l’arrivée de nouvelles théories, l’émancipation des femmes, etc. Est-ce que je lirai d’autres Anne Perry ? Probablement. Ça me semble d’excellents livres pour les pannes de lecture.

Quelques petites infos en vrac

  • Mais où c’est Brunswick Gardens ? C’est là :

C’est un quartier riche où les maisons valent en moyenne 3 millions de livres maintenant. Cliquez ici pour en voir une.

  • Connaissez-vous la vraie identité d’Anne Perry ? J’ai fait le lien en cherchant la liste de ses livres sur Internet!

Anne Perry est le pseudonyme de Juliet Hulme. Le nom vous dit quelque chose ? Moi si. Alors que Juliet Hulme vivait en Nouvelle-Zélande, elle et son amie Pauline Parker assassinèrent la mère de Pauline. Les deux filles furent condamnées, mais comme elles étaient mineures, elles furent remises en liberté après 5 ans. Juliet déménagea et eut quelques boulots divers avant de changer de nom et de devenir auteure. Son nom me disait quelque chose, car j’ai vu le très bon film de Peter Jackson, Heavenly Creatures (Créatures célestes), qui relate cette histoire, et ce long-métrage m’avait marquée. À voir si vous aimez Anne Perry. Vous en apprendrez un peu plus sur son enfance.

Date de
publication
Titre français Titre anglais
1979 L’Étrangleur de Cater Street The Cater Street Hangman
1980 Le Mystère de Callander Square Callander Square
1981 Le Crime de Paragon Walk Paragon Walk
1981 Resurrection Row Resurrection Row
1983 Rutland Place Rutland Place
1984 Le Cadavre de Bluegate Fields Bluegate Fields
1985 Mort à Devil’s Acre Death in the Devil’s Acre
1987 Meurtres à Cardington Crescent Cardington Crescent
1988 Silence à Hanover Close Silence in Hanover Close
1990 L’Égorgeur de Westminster Bridge Bethlehem Road
1991 L’Incendiaire de Highgate Highgate Rise
1992 Belgrave Square Belgrave Square
1993 Le Crucifié de Farrier’s Lane Farrier’s Lane
1994 Le Bourreau de Hyde Park The Hyde Park Headsman
1995 Traitors Gate Traitors Gate
1996 Pentecost Alley Pentecost Alley
1997 Ashworth Hall Ashworth Hall
1998 Brunswick Gardens Brunswick Gardens
1999 Bedford square Bedford Square
2000 Half Moon Street Half Moon Street
2001 La conspiration de Whitechapel The Whitechapel Conspiracy
2002 Southampton Row Southampton Row
2003 Seven Dials Seven Dials
2006 Long Spoon Lane Long Spoon Lane
2009 Buckingam Palace Gardens Buckingam Palace Gardens
2010 Lisson grove Lisson grove

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