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Ainsi saigne-t-il – Ian Rankin

Ainsi Saigne-T-Il - Une Enquête De L'inspecteur Rebus de Ian Rankin

Ian RANKIN (2000)

Éditions du Rocher

403 pages

(version originale: Let it Bleed, 1995)

Je devrais être en train de travailler. Ou de vous parler de Great Expectations. Mais je n’ai qu’une envie: rester dans l’univers de Rebus. J’en mange. Et j’en rêve. (Oui, hier soir, Rebus est venu à ma rescousse dans un rêve.)

Cette fois-ci, l’histoire commence par une poursuite policière. Rebus est passager d’une voiture conduite par un Lauderdale déchaîné qui suit un véhicule conduit par deux jeunes, Willie et Dixie, soupçonnés d’avoir enlevé Kirstie Kennedy, la fille du maire. Presque au même moment, un ex-prisonnier va se suicider devant le conseiller municipal Gillespie qui tient sa séance mensuelle. Notre Rebus commencera à travailler sur l’enquête, avant de se voir mis en congé forcé (est-on surpris?), ce qui n’aide pas son humeur déjà morose. C’est que Rebus a été viré par Patience, et  Sammy, sa fille, est revenue à Édimbourg pour travailler pour ONET, l’Organisme national d’éducation par le travail, un organisme qui vient en aide aux ex-prisonniers. Rebus ne voit pas d’un bon oeil que sa fille côtoient ces gens, ce qui entraîne quelques flammèches entre les deux. On retrouve aussi Gill Templer, qui a monté en grade et qui est devenue vraiment chiante. Enfin, Rebus a une rage de dents. Donc, il n’y a rien pour faire sourire notre inspecteur préféré dans cette histoire, si ce n’est qu’il pourra enfin se venger de son ennemi juré, Flower.

J’ai beaucoup beaucoup aimé cette enquête de Rebus. La précédente, Causes mortelles, m’avait laissé un goût amer (mais ma copine Maeve a adoré, alors ne vous fiez pas qu’à moi). Dans ce tome, il y a encore tout ce que j’aime chez Rebus, comme ses problèmes, son inaptitude sociale et son petit côté peu orthodoxe, mais pour la première fois, on commence à entrevoir ce qui se cache vraiment sous le côté baveur et frondeur de John Rebus. Lui qui assume sa consommation d’alcool et sa mauvaise humeur semble au fait qu’il est comme ça pour cacher quelque chose. Je n’ai jamais vu Rebus comme un personnage unidimensionnel, mais cette fois-ci, on développe le personnage beaucoup plus et on ne peut qu’espérer de grandes choses pour les suites:

« Si Rebus buvait, c’était entre autres choses pour pouvoir dormir. Le sommeil avait tendance à le fuir quand il faisait abstinence. Il scrutait l’obscurité, souhaitant la voir se matérialiser sous diverses formes afin de mieux la cerner. Il essayait de donner un sens à sa vie – évoquait ses années catastrophiques dans l’armée, le fiasco de son mariage, ses échecs de père, d’ami, d’amant -, et terminait en larmes. » (p. 255)

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Classé dans Rankin Ian

Dr Jekyll & Mr Hyde and Other Strange Tales – Robert Louis Stevenson

Robert Louis STEVENSON (2009 – cette édition; original – 1886)

Arcturus

238 pages

 

Je sais, notre défi C’est Kiltissime est fini depuis longtemps, mais je n’avais pas encore pris le temps d’écrire mon dernier billet. Alors, pour boucler la boucle avant Noël, je termine avec un classique que je n’avais jamais lu. Pourtant, il fait tellement partie de l’imagination populaire que j’avais l’impression de le connaître. Malgré tout, j’ai quand même eu quelques bonnes surprises, comme le fait que cette histoire est une nouvelle plutôt qu’un roman: dans mon édition, elle ne fait que 70 pages.

L’histoire en quelques mots (Attention, révélations si vous ne l’avez jamais lu, car je commence par la fin…)

Le bon Dr Jekyll, qui cache depuis toujours au fond de lui un penchant pour le vice, penchant très mal vu dans la bonne société, décide de mettre au point une potion qui lui permettra de changer d’apparence quand il voudra se livrer à ses activités malsaines. Au début, tout va bien. Il se transforme quand il le désire seulement et son alter ego, Mr Hyde, n’est pas bien fort, car le côté « gentil » du Dr Jekyll dépasse largement son côté « vilain ». Mais après quelque temps, la balance des forces changera, et c’est Mr Hyde qui deviendra plus puissant, à un point tel que le Dr Jekyll ne pourra plus contrôler les transformations.

Pendant que le Dr Jekyll est tiraillé entre le bien et le mal, on suit aussi le quotidien de Mr Utterson, avocat et ami du Dr Jekyll, et du Dr Lanyon, collègue du Dr Jekyll qui a mis fin à leurs fréquentations à cause de différentes philosophies. C’est à travers ses deux hommes et les différentes horreurs qui commencent à se dérouler dans le quartier qu’on pourra recoller les morceaux de cet étrange casse-tête.

Mon avis

J’ai beaucoup beaucoup aimé. Je m’attendais à trouver quelque chose que je connaissais, mais dans le fond, je me rends compte que ce n’était pas vraiment le cas. J’ai trouvé le crescendo du suspense excellent, aucun moment ennuyeux, toujours bien rythmé. Évidemment, la dualité entre le bien et le mal est soulignée et mise en gras, mais j’ai quand même beaucoup apprécié. Les descriptions des horreurs que perpétue Mr Hyde sont ténues, mais les transformations du Dr Jekyll en Mr Hyde sont très très bien décrites. Tout ça m’a beaucoup plus plu que n’importe quelle adaptation que j’aie pu voir.

C’est 2 en 2 pour moi et Stevenson! Après L’Île au trésor, que j’ai beaucoup aimé, il a su me séduire avec Dr Jekyll & Mr Hyde. 

L’avis de Karine qui a aussi lu la même édition que moi, c’est-à-dire un recueil contenant cette histoire et d’autres nouvelles.

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Classé dans Stevenson Robert Louis

Strip Jack – Ian Rankin

Ian RANKIN (1993)

Orion

279 pages

(version traduite: Piège pour un élu)

Gregor Jack, un député écossais, est arrêté lors d’une descente dans un bordel d’Édimbourg. Les médias, alertés au préalable par on ne sait qui, sont déjà là et sont trop heureux de prendre sa photo et de la diffuser dans les journaux. Parallèlement, Rebus enquête sur une histoire de livres rares volés et un peu par hasard, il décide d’arrêter chez Jack pour prendre de ses nouvelles. Là-bas, notre futé Rebus flaire un mystère: la femme de Gregor Jack n’a pas donné signe de vie depuis des jours, ce qui semble étrange à Rebus compte tenu de la situation de son mari, mais qui semble tout à fait normal à Jack, car sa femme vit ce qu’on pourrait appeler une double vie dans laquelle les fêtes orgiaques avec ses amis d’enfance, aucun d’entre eux blanc comme neige, font légion dans la région.

Voici la quatrième enquête de l’inspecteur Rebus et mon plaisir est toujours le même. Je pense que je l’aime d’amour… Je l’aime parce qu’il a un sens de l’humour noir et malsain, je l’aime parce qu’il est terrible et imparfait et je l’aime parce qu’il est futé et qu’il fait rarement des compromis.

De tous les Rebus que j’ai lus jusqu’à maintenant, je pense que celui-ci est le plus drôle. Notre Rebus, fidèle à lui-même, est toujours un peu bêta et jamais très orthodoxe: il s’essuie les mains sur un tapis de bain et non sur une serviette; il se sert du whisky dans la maison d’une victime; il pense empocher l’argent que son employeur lui donne pour payer son B&B et dormir dans sa voiture, etc. Il y a aussi énormément de jeux de mots assez comiques et, par curiosité, j’aimerais bien savoir comment ça a été traduit (note à ceux qui le liront en français): male member pour décrire un membre mâle du Parlement et le membre masculin; brothel creepers pour décrire un type de chaussures et les clients du bordel; Strip Jack, le titre, qui fait référence à un jeu de cartes et en même temps, à quelqu’un qui voudrait mettre Gregor Jack à nu.

Évidemment, comme dans les autres livres, il y a des éléments récurrents, comme une autre femme, la Dre Patience Aitken (plutôt barbante), des références aux dents gâtées de Rebus, des références à Muriel Spark et à George Orwell, etc. Certains diront que c’est facile pour un auteur de reprendre des éléments antérieurs, mais je trouve que c’est réconfortant et amusant, si on aime le personnage et si c’est bien fait.

Dans ce tome, une partie de l’intrigue se déroule en dehors d’Édimbourg mais, bien sûr, la capitale est toujours aussi bien décrite:

« Springtime in Edinburgh. A freezing wind, and near-horizontal rain. Ah, the Edinburgh wind, that joke of a wind, that black farce of a wind. Making everyone walk like mime artists, making eyes water and then drying the tears to a crust on red-nipped cheeks. And throughout it all, that slightly sour yeasty smell in the air, the smell of not-so-distant breweries. » (p.50)

Et les clins d’oeil écossais sont très présents:

« He looked at the list of delights printed above the counter. Red, white and black puddings, haggis, smoked sausage, sausage in batter, steak pie, mince pie, chicken… with pickled onions or pickled eggs on the side. » (p.114)

Encore une fois, j’avais la superbe réédition d’Orion dans laquelle l’introduction écrite par Rankin m’a appris un tas de faits intéressants. En voici quelques-uns:

  • Ce livre a été écrit pendant que l’auteur vivait en France, et c’est à ce moment qu’il a ressenti un besoin de retourner à ses racines écossaises. Les références sont nombreuses, le vocabulaire est écossais, les lieux aussi:  « Curiously, it was only in leaving Scotland that I began really to become interested in my native country’s history and politics. I started to devour books on these subjects, and would return to Edinburgh three or four times a year… » (p. xii)
  • Les amis un peu déjantés de Gregor Jack et de sa femme sont inspirés de ses amis. C’en dit assez sur Rankin…
  • Pour la première fois, Rankin se met vraiment dans la peau de Rebus et lui donne certaines de ses caractéristiques physiques et psychologiques et certains de ses souvenirs, comme les pique-niques et les voyages en famille.
  • La fin de ce livre annonce le début du « vrai » Édimbourg pour Rankin. Alors que dans les quatre premiers livres certains lieux étaient inventés (le poste de police, par exemple), à partir du prochain, ce sera beaucoup plus réaliste: « I would take Rebus out of my made-up Edinburgh and into the real one: he would work in a real cop-shop and drink in real bars. » (p.xiv)
C’est toujours un bonheur presque sans faille de lire une enquête de l’inspecteur Rebus. Je me dis qu’à un moment donné, je ne pourrai qu’être déçue, mais pour l’instant, je jubile encore.
Ce livre a été lu en lecture commune avec Cryss. Dans quelques jours, Maeve nous rejoindra.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Classé dans Rankin Ian

Le serment des Highlands – John-Erich Nielsen

John-Erich NIELSEN (2011)

Head over Hills

258 pages

Grâce au site Bibliofolie, qui offre parfois des partenariats avec des éditeurs, j’ai eu la chance d’obtenir un exemplaire du livre de John-Erich Nielsen, Le serment des Highlands. J’en étais bien heureuse, et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, un livre gratuit, c’est toujours agréable. Deuxièmement, ce livre cadrait parfaitement avec l’été Kiltissime. (Remarquez la jolie couverture en tartan bleu.) Et troisièmement, cet auteur n’est pas offert à ma bibliothèque locale, alors c’était une chance à ne pas manquer.

Le serment des Highlands est le 8e livre d’une série mettant en vedette le jeune inspecteur écossais Archibald Sweeney. Dans ce tome, Archie et sa tante Midge sont en vacances au massif de Kintail (près du château d’Eilean Donan pour ceux qui connaissent l’Écosse) et profitent de ce temps pour faire des randonnées. Peu avant leur départ, la propriétaire de l’auberge où ils logent parle à Sweeney des mystérieux disparus. En effet, depuis deux ans, environ 7 personnes ont disparu dans les environs. Sweeney, ne pouvant pas s’empêcher d’aller y jeter un œil, malgré le fait qu’il soit en vacances et que ce ne soit pas son territoire, sera personnellement impliqué dans l’histoire et, bien sûr, découvrira le pot aux roses à la fin. Mais avant d’y parvenir, il fera quelques randonnées bizarres, rencontrera des gens plus étranges les uns que les autres, entendra parler des légendes du coin et devra se fier à son instinct à plus d’une reprise.

J’aimerais être dithyrambique et dire que j’ai adoré. D’autant plus que ce livre m’a été offert et que j’en étais bien reconnaissante. Pourtant, il n’a pas su m’accrocher. Comme je suis assez bon public pour tout ce qui est polar, surtout s’il se déroule en Écosse, j’ai apprécié l’histoire, mais je n’ai pas ressenti le bonheur que je ressens en lisant Ian Rankin, par exemple. J’ai beaucoup aimé les descriptions de l’Écosse, et il est évident que l’auteur aime ce pays. Grâce à ses portraits des paysages, je veux maintenant aller faire les mêmes randonnées qu’Archie. Mais pour ce qui est des personnages et de l’écriture, je n’y ai pas cru.

Le personnage principal, l’inspecteur Sweeney, se promène tout le temps avec un bâton de golf, son sand wedge, comme on dit en français (hum…) même dans des endroits incongrus. À cheval, par exemple. Je comprends la motivation de bien détailler un personnage et de lui donner des particularités récurrentes, mais j’ai trouvé ça un peu exagéré. J’aurais parfaitement vu cette singularité du personnage dans un livre jeunesse, par exemple.

Puis, malgré tout l’amour que je sentais pour l’Écosse dans ce livre, je sentais aussi l’écriture étrangère derrière les mots. Vous me direz que c’est normal, car l’auteur n’est pas écossais, mais pour moi, c’était comme si Archie était un étranger vivant en Écosse et non un Écossais de souche. Est-ce que ça a du sens? Il me semblait un peu spécial, comme tout bon Écossais, mais il était gentil, allumé, attentionné, etc. Il me semblait que le personnage aurait pratiquement pu être natif de n’importe quel endroit ou se transplanter n’importe où. Remarquez que ce n’est pas un problème en soi. C’est sûrement qu’après une dizaine de livres à saveur écossaise cet été, je commence à être exigeante. Ou peut-être ai-je développé des préjugés sur ce que doit être « un bon personnage écossais ». (Être amateur de whisky, par exemple?)

Enfin, quelques petits trucs stylistiques m’ont agacée, comme les pensées d’Archie mises en italiques. Ça faisait beaucoup trop d’italiques à mon goût. C’est un peu comme si on les avait écrites en majuscules:

Constatant que sa tasse était déjà vide, l’inspecteur émit un profond soupir. Et puis, s’agaça-t-il, aussi longtemps que je ne serai pas en paix avec moi-même, je sais qu’aucune femme ne trouvera sa place dans ma vie. (p. 50)

J’ai trouvé parfois que c’était « juste trop ». Trop d’adjectifs: « Désarçonné, Pat McKenzie lança un regard d’une noirceur absolue à l’horripilant barbu. » (p. 119) Trop de lieux communs: « Sweeney ne répondit pas, mais songea: Je ne sais pas si Donovan McLeod a l’intention d’ouvrir un « Jurassic Park » écossais mais, avec les traces que cette affaire ne manquera pas de laisser dans la région, je crois qu’il ferait mieux de changer d’idée et d’inaugurer un… « Whitechapel » des Highlands! ironisa-t-il. Parce qu’avec ce « Jack le Coupeur de têtes » qui se promène sur la lande, dorénavant, la concurrence risque d’être rude pour le loch Ness! » (p. 201) Trop de jeux de mots faciles, comme les qualités animistes qu’on donne au sommet des Five Sisters (les cinq sœurs): « Sur la gauche, les maisons paraissaient délicatement enserrées par le bleu scintillant du loch Duich et, sur la droite, par le vert éclatant des derniers contreforts des Five Sisters qui, négligemment, laissaient traîner leurs jupons dans la fraîcheur du loch. » (p.  57) Ou encore: « […] des « cinq sœurs » qui sont très courtisées« . (p.51)

En gros, un livre, et sûrement une série, que j’aurais adoré adolescente. Un peu moins maintenant.

Petite réflexion de fin de billet:

Ce billet a été assez difficile à écrire. Comme j’ai reçu ce livre gratuitement, avec comme condition d’en faire une critique, faire preuve de négativisme envers l’œuvre me rendait mal à l’aise. De plus, je sais que l’auteur lira ces lignes, car il suit notre groupe Kiltissime et lira sûrement les billets sur son livre le 4 septembre sur Bibliofolie. Qui suis-je pour blesser quelqu’un ainsi? Surtout quelqu’un qui fait quelque chose que je ne pourrais pas faire. D’un côté, je me dis qu’un auteur doit assumer ses bons coups et ses mauvais coups, mais comme je ne suis pas critique professionnelle, mon billet me dérange un peu et mes attaques semblent gratuites.  D’un autre côté, comme je lis beaucoup et que je travaille avec la langue tous les jours, je me dis que mon opinion vaut bien celle d’un autre. J’ai donc décidé d’être honnête et de dire le fond de ma pensée, tout en pesant mes mots.

Mon opinion n’est qu’une parmi plusieurs, car les autres lectrices semblent avoir beaucoup plus apprécié que moi. Pour lire leurs billets, vous pouvez aller chez Méloë, chez Totalybrune et chez Pascale. Et, bien sûr, sur Bibliofolie dès le 4 septembre.

Pour en savoir plus sur l’auteur, sur la série et sur Head over Hills:

https://www.facebook.com/people/John-Erich-Nielsen/1624841487?sk=info

http://www.headoverhills.com.fr/index.html

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Classé dans Nielsen John-Erich

Les Maîtres de Glenmarkie – Jean-Pierre Ohl

Jean-Pierre OHL (2008)

Gallimard

361 pages

Voici une phrase du livre qui résume bien l’oeuvre: Un livre + un livre + un livre + un livre + un livre = un homme. 

L’histoire, racontée à deux voix (celle de Mary et celle de Krook), commence sur l’île d’Islay, en Écosse, à la fin des années 40. Mary Guthrie, la fille du bedeau, entretient une drôle de relation avec Ebenezer Krook, le prêtre de la paroisse. Une relation qui influencera le parcours universitaire de Mary à Édimbourg et qui poussera Krook à défroquer. Vous pensez que je parle d’une simple partie de jambes en l’air? Pas du tout.

Krook vit sous un nuage noir depuis son enfance: son père, parti à la guerre alors que Krook n’était qu’enfant, est mort en laissant à son fils un livre (Martin Eden de Jack London) et une bague. Sa mère, professeure de littérature et spécialiste de sir Thomas de Glenmarkie (un homme de lettres mineur mort de rire), en avait plus pour ses livres que pour son fils. Les années passent, et Krook devient prêtre (sans grande conviction). Un jour, après avoir frappé son supérieur, Krook, un ivrogne, s’en va à Édimbourg où il deviendra commis dans une librairie, milieu qu’il abhorre à cause de sa mère. Mais cette librairie est « spéciale », car on n’y vend que des livres parus depuis plus de 50 ans, donc pas de James Joyce et Virginia Woolf, car cette date est « La digue qui nous préserve du flot malsain des livres de circonstances. Des livres superflus, vite écrits, vite vendus, vite oubliés. » (p. 101)

Quant à Mary, qui a trouvé refuge dans la littérature après la mort de sa mère, elle s’accroche à Glenmarkie et désire en faire sa thèse à l’université. Ce désir la mènera au manoir délabré de la famille Glenmarkie où elle rencontra des êtres étranges, où elle tentera de résoudre le mystère du secrétaire aux 32 tiroirs et où la ligne entre la folie et la raison est mince.

Mon résumé me semble bien pauvre comparé à tout ce qui se trouve dans ce livre: relations maudites, problèmes de boisson, vieux livres, famille étrange, énigmes à résoudre, etc. Mais ce que je peux en dire avec certitude, c’est que ce livre plaira aux lecteurs, ceux qui aiment les vieux livres, les auteurs classiques, ceux qui rêvent d’avoir une bouquinerie mal organisée à côté de chez eux.

Ce livre est une porte d’entrée vers d’autres livres. C’est un livre « en toile d’araignée » où l’auteur nous parle de Jack London, de Dickens, de Dostoïevski, de Henry James, du Maître de Ballantrae de Stevenson, etc. C’est un livre dans lequel George Orwell a un grand rôle et dans lequel le livre de Jack London, Martin Eden, est presque un personnage. Ce livre est pour ceux que les livres font rêver, pour ceux qui donnent un caractère romantique à la littérature:

« La pile de livres sur la table de nuit de Walpole me rappela son dernier passage à la boutique, le lundi après le match. Robin, Lewis étaient là. ‘Je suis venu les caresser.’ Et il l’avait fait. Il avait caressé les livres. ‘Pas le temps. Pas le temps de vous lire tous… On a, quoi, cinquante, soixante ans devant nous ? Presque rien. Tous ces livres qu’on n’a pas lus… ces mariages manqués… car ce sont des mariages! Les livres et les lecteurs se marient, ils font même des enfants! Des petits homoncules qui ne quittent jamais notre cerveau, mais qui vivent à leur façon, qui grandissent et meurent avec nous… Ils ont même des noms en italiques: Humphry Clinker, Moby Dick…' » (p. 345)

Mais attention. Ce livre n’est pas pour plaire à tous. Il est très absurde par moment, donc pour ceux qui préfèrent quelque chose de plus traditionnel, ça peut déranger. Et garde aux lecteurs qui n’aiment pas consulter un dictionnaire. Peut-être est-ce un signe de mon manque de vocabulaire, mais à plusieurs reprises, j’ai dû sortir Petit Bob pour qu’il m’indique ce que voulaient dire atermoiement, loupiote, manducation, etc.

Enfin, pour terminer sur une note amusante, je veux vous dire que par le plus grand des hasards, j’ai goûté en fin de semaine, chez des amis, au whisky Caol Ila, le whisky dont on fait mention dans le livre. Et eurêka! Après maintes dégustations de liquide ambré, j’ai enfin trouvé whisky à mon pied. Il est excellent. Rien à voir avec ceux que j’avais goûtés auparavant. Les « experts » au tour de la table m’ont dit que contrairement à la plupart des whiskys, celui-ci n’était pas fumé. Ce qui fait sa différence. Donc, il paraîtrait que j’aime bien le whisky non fumé. Et le whisky cher, car il se vend à peu près 135$…

Pour moi, ce livre fut une découverte. Je l’ai emprunté à la biblio, mais j’irai me le procurer à la librairie pour le relire. Je n’en avais jamais entendu parler avant, mais c’est bien moi. Toujours en retard. Apparemment que dans le milieu des blogues littéraires, ce livre avait la cote depuis un bout! Si vous voulez lire d’autres critiques, en voici quelques-unes pigées au hasard. Certaines sont bonnes, d’autres plus mitigées ou encore, dithyrambiques:

Cryss

Lou

Yspaddaden

Le hérisson lecteur

Karine

Yueyin 

Ce livre fait partie de notre défi Kiltissime, qui tire à sa fin. Si vous voulez voir ce que les participants ont lu jusqu’à présent, cliquez sur la photo

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Classé dans Ohl Jean-Pierre

Voyage à reculons en Angleterre et en Écosse – Jules Verne

Jules VERNE (1989)

le cherche midi éditeur

239 pages

Je dois tout d’abord avouer que je n’ai pas terminé ce livre. J’ai lu 114 pages. Ce n’est pas qu’il était affreusement mauvais, mais je ne m’amusais pas et ça ne soulevait aucun intérêt chez moi. Faut aussi avouer que je ne connais pas Jules Verne. Ou tout ce que je connais, c’est les films tirés de ses oeuvres (20 000 lieues sous les mers, Le tour du monde en 80 jours, etc.), les éléments de culture générale et les attractions de Walt Disney. J’ai toujours pensé que c’était un manque à ma culture littéraire générale de n’avoir jamais lu Verne, alors je voulais vraiment aimer ce livre, qui m’aurait peut-être poussée à lire les autres. Il va falloir que quelqu’un travaille fort pour réussir à me convaincre, maintenant.

Ce livre, écrit en 1859 alors que Verne n’avait que 31 ans, est un récit biographique d’un voyage que l’auteur a entrepris avec son ami Aristide Hignard dans les années 1850. Les deux hommes ont visité l’Angleterre et l’Écosse, et les lieux ont tant marqué Verne qu’il en a écrit un livre, qui a été refusé par l’éditeur Hetzel en 1862. Verne a quand même utilisé ses notes pour de futures oeuvres. Ce manuscrit inédit dormait dans les archives de la ville de Nantes depuis des lustres et a été publié en 1989.

Dans ce livre, Jacques et Jonathan (Jules et Aristide) reçoivent une offre inattendue: la chance d’embarquer sur un navire qui se rend jusqu’en Angleterre. Jacques ne se peut plus. Il a toujours rêvé de visiter ce pays ainsi que l’Écosse (comme Jules qui voulait visiter l’Écosse, la terre de ses ancêtres). La décision est vite prise, et je pense que Jacques commence ses bagages au moment même. Le hic, c’est que le navire ne finit plus d’arriver. Et pire, leur escale à Bordeaux, qui ne devait durer que quelques heures, au max quelques jours, durera 17 jours. Enfin, après une attente interminable, ils s’embarquent vers le Royaume-Uni et débarquent à Liverpool (à la page 71). Puis, ils filent en train vers l’Écosse, où ils passeront 1 semaine. C’est là que je les ai laissé tomber (page 114).

Je n’ai rien de terrible à dire sur ce livre, qui est assez rigolo en fait. Il y a un tas de jeux de mots assez comiques concernant l’anglais des voyageurs et des descriptions marrantes, mais je n’ai pas accroché:

Jacques boucla sa valise bourrée d’objets parfaitement inutiles et embarrassants; il revêtit son parapluie de sa tunique en toile cirée; il jeta sur son épaule sa couverture de voyage représentant un tigre jaune sur un fond rouge; il se coiffa de l’inévitable casquette du touriste convaincu, et sauta dans une voiture de place. (p. 16)

Étrangement, c’est à leur arrivée en Écosse que j’ai abandonné ma lecture. Pourtant, j’adore l’Écosse et le coin du Loch Lomond, où les deux amis vont. Mais ça n’a pas cliqué. J’avais pourtant bien aimé la description de leurs quelques jours à Liverpool, où on perçoit vraiment la pauvreté et l’insalubrité de la ville à cette époque. Mais ne vous fiez pas juste à moi pour vous forger une opinion, car ce livre fait partie de notre défi Kiltissime (il se déroule en Écosse) et c’était une lecture commune avec d’autres blogueuses. Pour voir ce qu’en ont pensé Pascale et Cryss, cliquez sur leur nom. D’autres blogueuses doivent aussi le lire, mais comme moi, leur billet tarde. À suivre…

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Classé dans Verne Jules

Tooth & Nail – Ian Rankin

Ian RANKIN (1re édition 1992)

Orion (réédition – 1998)

275 pages

L’inspecteur Rebus, qu’on a appris à connaître et qu’on aime, est appelé à Londres pour enquêter sur les crimes d’un meurtrier en série qui s’attaque sauvagement aux femmes. Depuis qu’il a résolu ce qui ressemblait à un cas semblable quelques années plus tôt à Édimbourg, Rebus est reconnu jusque dans le Sud, c’est-à-dire à Londres, mais ce n’est pas toute la bridage anglaise qui est heureuse de voir débarquer ce « paysan » d’Écossais. Toujours adepte de méthodes peu orthodoxes, Rebus, en compagnie de son homologue anglais George Flight, essaiera de résoudre ce nouveau mystère.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé ce livre de Rankin. Bon, j’adore l’Écosse et cet auteur, alors le fait qu’il aille visiter ma ville préférée au monde ne fait qu’en ajouter. De plus, l’intrigue est bien ficelée, et comme je suis bon public, je n’ai pas découvert le pot aux roses avant d’arriver vers la fin. C’est un livre plutôt noir où certains éléments qui semblent maintenant récurrents dans les livres de Rankin reviennent (références à M. Hyde; une autre histoire cul-de-sac avec une femme, etc.) J’ai adoré les différences soulignées entre l’Écosse et les Écossais et l’Angleterre et les Anglais. Est-ce un vieux restant de complexe colonial Québec-France? Peut-être, mais ça m’a plu. Notez aussi l’apparition-éclair de Morris Gerald Cafferty, un gangster écossais qui reviendra dans les prochains livres.

Encore une fois, j’avais entre les mains la super réédition d’Orion, dans laquelle Rankin écrit une introduction. On y apprend donc quelques faits divers intéressants qui ne font qu’ajouter du plaisir à notre lecture. En voici quelques-uns:

  • Rankin a vécu à Londres de 1986 à 1990, à Tottenham près de la Lea, où se situe le dernier meurtre du loup-garou. Fidèle à lui-même, Rankin aime bien placer ses histoires dans des lieux qui lui sont familiers.
  • La première édition anglaise s’appelait Wolfman, et non Tooth & Nail. C’est l’éditeur américain de Rankin qui l’a convaincu de changer le titre, disant que le livre serait pris pour un livre d’horreur.
  • D’après Rankin, ce livre a été influencé par sa lecture de The Silence of the Lambs de Thomas Harris. Il avoue sans honte qu’il voulait atteindre les ventes de Harris. Il a donc écrit une histoire de tueur en série, genre à la mode à l’époque, et il en a mis épais. Son éditeur, bouleversé,  lui a dit de couper, car il y avait trop de sexe et de violence.
  • Pendant ses années à Londres, Rankin a été juré à l’Old Bailey, et le temps qu’il a passé là-bas a servi pour sa description de l’endroit dans ce livre. Un jour, alors qu’il prenait des notes, un garde de sécurité l’a arrêté et lui a demandé de lui montrer ce qu’il écrivait. Horrifié, le garde qui croyait à une menace terroriste, a tout confisqué. Mais Rankin est allé s’asseoir dehors, sur un banc, et a tout retranscrit.
  • La liste des remerciements est une plaisanterie d’initiés: elle contient le nom de ses amis. Notez le nom du Pr J. Curt, qui est en fait Jon Curt, un ami d’université de Rebus avec qui il a beaucoup bu, qui deviendra le Dr Curt dans de futurs romans de Rebus.

Maintenant, un mot sur la traduction de Frédéric Grellier, qui est terrible, à mon avis. En lisant l’introduction de Rankin, qui disait que ce livre contenait beaucoup d’expressions écossaises, j’ai décidé de sortir aussi la version traduite de la bibliothèque, histoire de m’aider si je ne comprenais plus rien à la version originale. Eh bien, j’ai compris la version anglaise, et j’ai détesté la traduction. Celle-ci est très européenne (gonzesses, buter, tronches, etc.) et semble faire fi des passages plus compliqués en écossais.

Voici un exemple d’écossais qui n’a pas été traduit. La phrase a carrément été effacée. Je comprends que traduire une telle chose tient probablement de l’horreur et j’ignore ce que j’aurais fait, mais comme ce tome utilise beaucoup d’expressions écossaises et fait référence à quelques reprises au père de Rebus, à mon avis, il fallait l’inclure.

The argumentative punk was tall and immensely thin, his size and shape accentuated by the black he wore from tip to toe. ‘Twa ply o’ reek,’ Rebus’s father would have called him.  Was the Wolfman fat or thin? (p.126 de l’édition anglaise)

Celui qui ne voulait pas lâcher le morceau était une espèce de grand échalas, l’impression de maigreur et de grandeur accentuée par sa tenue noire de la tête aux pieds. Et le Loup-Garou, était-il maigre ou gros? (p.167 de la traduction)

Ici, un exemple de mauvaise traduction de « get this » et de vocabulaire très européen:

Get this, I’m not homosexul, O.K. ? (p.186 de l’édition anglaise)

T’es pas cool, gonzesse, je suis pas homossexuel, OK ? (p.240 de la traduction)

Merci à Isa pour le super logo Rebus. Si vous voulez lire son avis sur le livre, cliquez ici. Et pour savoir la signification du « FYTP » sur l’affiche, eh bien, il faudra lire le livre…

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
Et hop! Un autre livre Kiltissme!

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Les Chroniques de MacKayla Lane – Karen Marie Moning

Karen Marie MONING (2006-2011)

1) Fièvre noire (2006) (version originale: Darkfever) J’ai lu (414 pages)

2) Fièvre rouge (2007) (version originale: Bloodfever) J’ai lu (441 pages)

3) Fièvre faë (2008) (version originale: Faefever) J’ai lu (470 pages)

4) Fièvre fatale (2009) (version originale: Dreamfever) J’ai lu (598 pages)

5) Shadowfever (2011) Delacorte Press (595 pages) (Pas encore traduit)

Cinq livres en à peu près sept jours. Je suis tombée accro de cette série dès que j’ai lu les premières pages. Ça ne veut pas dire qu’elle est sans fautes, mais ça m’a fait passer un bon moment. C’est le genre de série dans laquelle on se perd complètement, le genre qu’on lit en mangeant. Comme j’ai lu tous les tomes un à la suite de l’autre, presque sans pause pour respirer, j’ai décidé d’en faire une seule critique. De toute façon, l’intrigue est entière dans mon esprit, et je serais incapable de la diviser par livres.

Résumer l’histoire en son entier serait impossible et de toute façon, je ferais trop de révélations. Je m’en tiendrai aux grandes lignes, et vous verrez tout de suite si c’est le genre d’histoire qui vous intéresse:

MacKayla (Mac) Lane est une jeune Américaine de 22 ans, originaire de la Géorgie. Sa soeur aînée, Alina, qui est à Dublin pour un échange universitaire, se fait sauvagement assassiner, et la police de Dublin, fautes d’indices, clôt le dossier. Mac, qui a reçu un appel de sa soeur juste avant sa mort, décide d’aller à Dublin pour fouetter les troupes policières et pour trouver le meurtrier de sa soeur. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Mac découvrira un monde dédoublé où se côtoient, généralement sans s’embêter, les humains et les Faës, un genre d’êtres extraterrestres qui habitent un monde parallèle. En temps normal, ces deux espèces ne se croisent pas, mais les murs qui s’élèvent entre ces mondes sont en train de s’effondrer, ce qui n’annonce rien de bon.

Après quelques jours à Dublin, Mac apprendra qu’elle est une sidhe-seer, une personne pouvant voir les Faës, et qu’elle peut aussi sentir les Objets de pouvoir appartenant aux Faës ainsi que le Sinsar Dubh, un livre maléfique que tout le monde essaie de retrouver pour des raisons qui leur sont propres. Comme Mac apprend que sa soeur cherchait aussi le Sinsar Dubh, elle se met aussi à sa recherche. Mais sa quête ne sera pas de tout repos. Elle aboutira chez Jéricho Barrons, un libraire aussi à la recherche du Sinsar Dubh, qui l’aidera, l’exploitera et la protégera. Ensemble, ils tenteront de récupérer les Objets de pouvoir nécessaires pour retrouver le Sinsar Dubh et pour y arriver, ils devront affronter la mafia, des vampires, des Faës seelie (les bons), des Faës unseelie (les méchants) et des Faës de volupté fatale, c’est-à-dire des Faës qui ont un attrait sexuel irrésistible sur la personne qui les regarde.

J’ai adoré cette série. C’est mon côté ado qui ressort, j’imagine. J’ai retrouvé les mêmes sensations que lorsque je lisais les Anne Rice à 20 ans. C’est le genre de livres parfaits pour l’été, où on ne veut qu’être diverti. Évidemment, c’est exagéré. Pour apprécier, il faut abandonner tout espoir de grande littérature et profiter de l’histoire. Ceci étant dit, les 5 livres sont quand même très bien ficelés, la quête de Mac et de Jéricho se tient, on est tenu en haleine et la révélation finale n’est pas connue d’avance. La petite histoire d’amour/de sexe entre Mac et Jéricho (je ne révèle rien, car il est évident dès le début qu’il se passera quelque chose entre eux) est mignonne comme tout et pas quétaine, contrairement à celle de Wicked Highlander de Donna Grant. Si vous êtes facilement choqué, ce n’est peut-être pas pour vous, car il y a quelques passages torrides bien ancrés…

Des points faibles? L’écriture de l’auteure. J’ai adoré l’histoire, mais comme texte, c’est un peu bof. C’est très haché, cru et extrêmement répétitif. Les adjectifs pullulent, et je ne sais plus combien de fois elle parle des vêtements de Mac. Oui, l’importance du physique de Mac, jeune fille légère et « arc-en-ciel », devait être soulignée, mais quand on souligne et qu’on met en gras et en majuscules, c’est trop. À mon avis, un bon éditeur aurait fait un ménage là-dedans.

Un petit mot sur la traduction de Cécile Desthuilliers : Bravo! Souvent, je suis déçue des traductions françaises des livres américains, car certaines réalités nord-américaines sont complètement perdues (par exemple, certains livres traduits de John Steinbeck ou de Mordecai Richler). Mais cette fois-ci, chapeau! La traduction est bonne, en français assez neutre, et comme j’ai lu les 4 premiers en français et le dernier en anglais, j’irai presque même jusqu’à dire que les versions françaises sont meilleures. L’écriture originale de Karen Marie Moning ne m’a pas du tout séduite. La traduction a amélioré l’enveloppe de l’histoire, à mon avis. Évidemment, ce n’est qu’une impression. Pour en être sûr, il faudrait comparer un des tomes anglais avec sa version traduite, mais j’ai quand même plus apprécié ma lecture en français, ce qui n’arrive pratiquement jamais avec des livres traduits.

Pour plus d’information sur l’auteure et ses livres, deux sites (en anglais)

http://www.karenmoning.com/kmm/

http://karenmariemoning.blogspot.com/

J’ai appris sur Internet qu’un roman graphique sur cette série devrait sortir bientôt et que, supposément, elle avait signé un contrat pour 3 autres livres. À suivre… Je ne serais pas surprise de voir un film dans la mêlée.

C’était un autre livre pour notre défi Kiltissime!

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Wicked Highlander – Donna Grant

Donna GRANT (2010)

St. Martin’s Paperbacks

325 pages

Écosse, 1603. Les forces druides sont divisées en deux camps: les mie (les bons) et les drough (les méchants). Depuis quelque temps, c’est les drough, avec leur maîtresse Deirdre, qui règnent. La belle immortelle baigne dans la magie noire depuis sa tendre enfance et ne recule devant rien, même tuer sa famille, pour obtenir tout ce qu’elle veut, soit le pouvoir des druides mie et tous les hommes qui possèdent un guerrier entre eux,  surtout Quinn MacLeod qui, selon la prophétie, doit lui donner un enfant qui sera le mal incarné.

Essayons d’y voir un peu plus clair: Il y a bien longtemps, durant l’invasion romaine en Bretagne, les mie ont convoqué les dieux, qui ont ensuite envahi le corps des hommes les plus forts des Highlands pour défendre le pays. Ça a bien marché, et les Romains s’en furent. Par la suite, les mie ont « endormi » les dieux, toujours dans le corps des hommes, mais Deirdre a trouvé la formule magique qui a su les réveiller. Maintenant, elle veut en faire son armée et elle n’hésite pas à battre et à écraser ceux qui refusent de se joindre à elle, ce qui nous ramène à Quinn MacLeod et à ses deux frères, Lucan et Fallon, tous trois prisonniers d’un dieu extrêmement puissant (le même qui est réparti dans les trois). Quinn et ses frères (et leur dieu) n’ont pas encore plié devant Deirdre, mais ça ne saurait tarder…

Jusqu’à maintenant, les MacLeod avaient réussi à échapper à Deirdre, mais Quinn vient d’être fait prisonnier. Il refuse de se joindre à Deirdre et clame haut et fort que ses frères viendront le secourir, mais ceux-ci tardent. Deirdre, peu habituée à une telle rebuffade, décide de l’envoyer au trou (pit) avec les autres guerriers rebelles. Dès son arrivée, Quinn réussit à se faire maître du lieu et à s’attirer la loyauté quelques  guerriers. Un bon jour, Marcail, une jeune druide mie que Deirdre ne veut pas tuer elle-même par peur des sorts qui entourent la puissante druide, est elle aussi envoyée au trou (pour que quelqu’un d’autre la tue, dans le fond), mais Quinn la sauve. Dès cet instant, leur destin sera lié, et pour les trois quarts du livre, c’est leurs regards langoureux et leurs ébats qu’on découvrira.

Mon avis: Oh boy! Dire que ce livre est une horreur serait probablement exagéré, mais c’est un gros navet. Il faut avouer que j’ai commencé par le 3e livre de la série (je pensais avoir le 1er), mais l’intrigue fut quand même facile à cerner. En gros, ce livre est un Harlequin, un prétexte pour écrire des scènes de fesses, rien de plus. « Tout le monde, il est beau. Tout le monde, il est bon. Tout le monde, il s’aime, etc. » Je suis bien pour les livres légers et divertissants, surtout l’été, mais aidez-vous un peu! Si l’auteure ne dit pas que Marcail a les yeux turquoise au moins 50 fois, elle ne le dit pas une fois. Puis, comment ces gens qui sont dans un trou sombre, sans eau et nourriture, depuis on ne sait combien de temps peuvent-ils se trouver beaux et attirants, et vouloir batifoler sans arrêt? Surtout quand l’apocalypse se trame au-dessus de leur tête!

Pas besoin de dire que je ne lirai pas les deux premiers…

Voici un petit extrait d’une scène amoureuse:

« And his body. She sighed. He was so gloriously beautiful that she couldn’t look her fill enough. Not only was he finely sculpted with muscles across his shoulders and arms, but also down his chest, which narrowed to his waist and firm bottom and legs. He was perfection in every way. » (p. 136)

Si ce genre de livres vous plaît, vous devriez aimer Donna Grant. Voici son site Internet: http://www.donnagrant.com/

Oui, ce livre aussi fait partie du défi Kiltissime, même s’il n’est pas au même niveau que les autres. Pour en savoir plus sur notre défi, voyez le récapitulatif:

http://cryssilda.canalblog.com/archives/2011/06/15/21404100.html

Et pour voir mes autres lectures Kiltissime, cliquez sur Ewan…

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Mr Doyle et Dr Bell – Howard Engel

Howard ENGEL (2005)

Éditions du Masque

317 pages

(Version d’origine: Mr Doyle & Dr Bell – 1997)

Édimbourg, 1879. Arthur Conan Doyle est étudiant à la faculté de médecine. Entre ses soirées bien arrosées au pub du coin avec Stevenson (oui, LE Stevenson), il travaille pour un de ses professeurs, le Dr Bell.  Un bon jour, la chanteuse d’opéra Hermione Clery et son amant Gordon Eward sont retrouvés assassinés chez Mlle Clery (à Coates Crescent, sur Princes St., pour ceux que ça intéresse). Même sans preuves valables, le jeune Alan Lambert est arrêté et accusé des meurtres. Il fait face à la peine de mort. C’est à ce moment que le frère d’Alan fait appel au Dr Bell, qui a déjà aidé des gens à résoudre des crimes grâce à sa réputée théorie de la déduction. Avec son étudiant, Doyle, ils réussiront à élucider le mystère et le vrai crime, et ce, au péril de leur vie.

Mon avis: Tout est un peu facile dans ce livre. Peut-être même trop: la théorie de la déduction est mentionnée, soulignée, mise en gras et encerclée. Oui, on a compris que c’est de là qu’est venue l’inspiration de Doyle pour son Sherlock Holmes. Un tas de petits détails historiques véridiques sont utilisés, mais on n’en sent pas vraiment l’utilité. Ça sent plutôt la recherche facile. Par exemple, le personnage de George Budd, qui a vraiment existé, est absolument inutile; le fait que Bryce finisse par aller retrouver Pinkerton aux États-Unis aussi, etc.

Mon côté pointilleux a bien aimé la traduction, mais pourquoi a-t-on remplacé tous les noms écossais contenant des Mac par des M’, bon sang! (MacNabb devient M’Nabb). Au début, je n’avais pas du tout saisi. Je pensais que c’était un nom étranger.

Ce livre n’est pas un grand livre, mais si on aime les personnages que sont Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes, on passe quand même un bon moment.

(Un petit velours pour moi: on fait mention d’un jeune Canadien au patronyme de Sennett dans le livre! Mononcle? Bon, il est arrêté pour meurtre, mais ça me fait plaisir de voir que mon presque-nom de famille voyage ainsi.)

Un mot sur l’auteur, Howard Engel, que j’ai découvert il y a quelques années en écoutant un reportage sur lui à l’émission Writers and Company. Bien connu dans le milieu de la littérature canadienne anglaise, Engel est le créateur de la série de livres policiers mettant en vedette Benny Cooperman. En 2000, Engel a fait un A.C.V. et depuis, il souffre d’alexie, un trouble qui l’empêche de lire (mais non d’écrire!) Après beaucoup de physiothérapie, Engel a réussi à recommencer à écrire et le résultat est franchement  bon. De lui, j’ai lu Memory Book (fiction tintée d’éléments autobiographiques) et The Man Who Forgot How To Read (non-fiction) et son histoire est vraiment inspirante. Même si vous n’avez pas adoré ce livre-ci, n’hésitez pas à essayer d’autres oeuvres de cet auteur.

Un autre livre Kiltissime! Cliquez sur Ewan pour voir le récapitulatif de tout ce qui a été lu jusqu’à maintenant.

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Classé dans Engel Howard