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Causes mortelles – Ian Rankin

Ian RANKIN (1999)

Éditions du Rocher

344 pages

(version d’origine: Mortal Causes – 1994)

C’est le festival fringe à Édimbourg. La plupart des habitants et des touristes sont heureux, mais pas tous. Évidemment, toute cette activité ne plaît pas trop à notre Rebus, car les crimes augmentent et surtout, ça bloque la circulation, et il ne peut plus circuler aussi aisément. Les jeunes du Gourbi, un HLM limitrophe du centre, eux non plus n’apprécient pas le festival qui représente tout ce qu’ils ne sont pas. Un peu avant la fin du festival, un cadavre est retrouvé dans les couloirs souterrains de Mary King’s Close. Le jeune homme a été exécuté à la façon des traîtres de l’IRA. Rebus, qui a fait partie de la SAS et qui a été posté à Belfast durant le gros de la guerre civile, le sait trop bien, et c’est pour ça que ses supérieurs le mettent en charge de l’enquête.

Eh bien, il fallait que ça arrive. Après un départ canon avec Rebus (4 livres aimés fort fort sur 5), en voici un qui m’a beaucoup moins intéressée. En fait, Rebus est toujours aussi délectable, de plus en plus alcoolo et asocial, mais l’intrigue m’a ennuyée presque au plus haut point. Je ne connais pas grand-chose aux guerres en général et j’étais complètement perdue avec tous les acronymes qui désignaient les groupes et les sous-groupes terroristes irlandais: SAS, UVF, RUC, UFF, UDR, UDA, alouette. De plus, comme ce livre traite de la « nouvelle technologie » de l’époque, lire les disquettes informatiques, il a moins bien vieilli que les autres qui passeront l’épreuve du temps sans trop d’anachronismes.

Même si je donne presque le bon Dieu sans confession à Rebus et que je me fiche un peu des coïncidences heureuses qu’il  y a dans ces livres, cette fois, j’ai trouvé l’histoire un peu trop tirée par les cheveux: d’un côté, le meurtre de Mary King’s Close, de l’autre côté,  Rebus qui, à la demande de son ami le père Leary, va dans le Gourbi rencontrer un jeune prêtre-travailleur social qui semble avoir perdu la foi. Ajoutez à l’intrigue Mairie Henderson et Morris Gerald Cafferty (en criminel éthique?), brassez un peu et obtenez, au final, deux histoires qui, évidemment, auront rapport l’une avec l’autre. C’est un peu exagéré.

Le point fort du livre: d’excellents personnages, comme les policiers de Fettes, le nouveau Q.G., Caroline Rattray, une avocate qui intéressera notre Rebus, Flower, le collègue de Rebus qu’on aime détester, etc.

Enfin, j’ai bien aimé ce que dit Rebus sur les Borders, les Marches de l’Écosse. C’est un peu long, mais c’est aussi l’impression que j’ai eue en allant là-bas:

« À chaque fois que John Rebus avait traversé l’une des villes des Marches d’Écosse, que ce soit en service ou par choix personnel, le même mot lui était venu à l’esprit: Propre. Ces villes étaient bâties selon des plans simples et d’une netteté presque chirurgicale. Les immeubles, construits de pierre brute, étaient carrés, sans fioritures. Les gens qui circulaient de la banque à l’épicerie et de l’épicerie au pharmacien avaient de bonnes joues roses et pétaient de santé, comme s’ils se passaient le visage à la pierre ponce chaque matin avant de s’installer devant leur petit déjeuner à la ferme. […] À vrai dire, les habitants des Borders épouvantaient Rebus. Il ne parvenait pas à les comprendre. Mais il subodorait que la situation géographique – beaucoup plus proche de la frontière avec l’Angleterre que de n’importe quelle ville importante d’Écosse – avait sans doute provoqué une sorte de schizophrénie dans ces villes et chez leurs habitants. » (p. 133)

Je termine en disant quelques mots sur la traduction de Michèle et Frédéric Witta. Elle m’a beaucoup plus plu que celle de Rebus et le loup-garou de Londres et que celle du Carnet noir, même si c’était les mêmes traducteurs pour Le Carnet noir. Toutefois, en enchaînant les traducteurs, il survient des incohérences auxquelles il faut se réhabituer. Par exemple, dans Le fond de l’enfer, Watson est surnommé le Fermier. Maintenant, c’est le Péquenot. Mais bon. J’ai espoir de trouver des versions anglaises pour les prochains.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Le Carnet noir – Ian Rankin

Ian RANKIN (1998)

Éditions du Rocher

358 pages

(version d’origine: The Black Book – 1993)

« Tout advint parce que John Rebus était occupé à lire la Bible dans son salon de massage préféré. »

Quel bon début! C’est du Rebus tout craché! À l’amorce, ça semble assez calme pour John Rebus. Il est chez le masseur (rien d’illégal, quand même), et même si tout n’est pas rose avec Patience, ça va. Puis tout à coup, tout dérape: un homme poignardé vient s’écrouler à la boucherie Sansaz, Brian Holmes, le collègue de Rebus, se fait assommer à la sortie de son resto préféré, le Heartbreak Café, tenu par deux mordus d’Elvis, Patience le vire, un pédophile refait surface, etc. Rebus devra jongler avec toutes ces affaires et choisir ses priorités, qui le mèneront vers un cas plus important, et plus dangereux, celui de l’incendie du Central, qui a eu lieu il y a cinq ans, là où un mort n’a jamais été identifié.

Pour moi, Rebus, c’est du bonbon. Si j’ai une panne de lecture, je peux me tourner vers lui et j’embarque. Ici, je me suis délectée. J’avoue que je n’ai pas aimé autant que le précédent, Strip Jack, mais c’était quand même très bien, et notre Rebus est toujours aussi peu orthodoxe qu’avant: il coupe la communication téléphonique d’un gars dans un bar, car il doit faire un appel, il retourne dans son appartement qu’il loue à des étudiants quand Patience le vire, etc.

On continue aussi dans l’humour noir, et Rankin n’a pas peur de rire des Écossais:

« Je l’ai surnommé Hamish, confia Curt, parce qu’il vient de ces contrées peu évoluées que sont les îles Hébrides. » (p. 225)

Seul bémol: cette édition française… Aïe aïe aïe! Des coquilles, de l’alternance entre le tutoiement et le vouvoiement, parfois dans la même phrase. Il y a Rebus qui vouvoie Brian (qu’il tutoyait dans Le Fond de l’enfer), mais qui tutoie Nell, la copine de Brian. C’est à n’y rien comprendre. D’autres traductions sont aussi suspectes, et j’aimerais bien savoir, pour ceux qui l’ont lu en anglais, ou qui le liront en anglais, que dit le passage suivant en anglais:

À la page 191 de l’édition française, Rebus parle à Pat Calder au téléphone et lui demande des nouvelles du cuisinier, Willie. Que dit Pat dans la version originale ? I am the chef? I am the king? En français, c’est « Je suis le chef », mais comme on parle de fans d’Elvis, j’ai un doute. Mais bon, simple curiosité.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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