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Lady Windermere’s Fan – Oscar Wilde

Lady Windermere's Fan by Oscar Wilde

Pièce jouée en 1892 et publiée en 1893

Lu en version Kindle, alors combien de pages ? Sais pas…

(Traduction française : L’Éventail de Lady Windermere)

Ça y est, dernier coup de coeur en date. Comment ai-je fait pour vivre sans jamais avoir lu Wilde ? En quelques phrases, je suis devenue accro et je prévois déjà des heures de plaisir avec ses autres oeuvres, ses bios, tout ce qui se trouve dans le domaine public (j’ai un budget limité ces temps-ci…)

L’intrigue de L’Éventail de Lady Windermere se déroule pendant une journée/soirée. Lady Windermere, jeune aristocrate pure et morale qui vient d’avoir 21 ans, organise une fête. Son mari, Lord Windermere, veut absolument qu’elle invite une certaine Mrs Erlynne, une femme peu recommandable qui veut reprendre du gallon dans la société, mais Lady Windermere, qui a eu vent de rumeurs entre Mrs Erlynne et son mari, ne veut rien entendre et menace de faire un scandale si son mari l’invite. Ce qui doit arriver arrive, et Mrs Erlynne est quand même invitée à la fête. Lady Windermere, bouleversée, se laisse convaincre par Lord Darlington que son mariage n’est que poudre aux yeux et qu’elle devrait tout laisser pour le suivre, lui, car il l’aime vraiment. Lady Windermere écrit donc une lettre à son mari et va rejoindre Darlington chez lui.

Évidemment, comme dans toute bonne pièce avec quiproquo, rien n’est exactement comme il semble : Lord Windermere a une bonne raison pour traiter avec Mrs Erlynne, qui elle n’est pas aussi amorale qu’on peut le penser. À la fin, tous nos préjugés ou nos idées préconçues peuvent aussi bien s’appliquer à l’une ou à l’autre des femmes. Le bien et le mal ne sont pas si bien délimités et, en fait, l’histoire se termine avec le couple qui parle de la même femme, mais de deux façons bien différentes :

Lord Windermere, qui parle à Lord Augustus: Well, you are certainly marrying a very clever woman!

Lady Windermere: Ah, you’re marrying a very good woman!

Comme si l’histoire, le rythme et l’écriture n’étaient pas assez pour me faire baver de plaisir, il y a aussi des personnages secondaires aux répliques tordantes, comme la duchesse Berwick, qui dit blanc une minute et noir l’autre, dont la seule obsession est de marier sa fille Agatha au plus vite à un homme de la société qui vit en Australie et à qui elle dit : « It must be so pretty with all the dear little kangaroos flying about. » Ouaip. les kangourous, ça vole… Il y a aussi les hommes autour de Lord Windermere, tous marrants, comme Cecil Graham qui a toujours la phrase pour faire rire : « Now, Tuppy, you’ve lost your figure and you’ve lost your character. Don’t lose your temper; you have only got one. » Ou encore : « My dear fellow, what on earth should we men do going about with purity and innocence ? A carefully thought-out buttonhole is much more effective. »

Bref, un pur moment de plaisir! Vive Oscar Wilde!

Petit supplément amusant

Saviez-vous qu’il existe un syndrome Lady Windermere ? Cette infection pulmonaire a différents symptômes dont possiblement des crachats sanguins. Alors, quand dans la pièce Lady Windermere dit : « How do you do, Lord Darlington. No, I can’t shake hands with you. My hands are all wet with the roses », c’est qu’elle aurait craché du sang… Mais cette hypothèse aurait été réfutée, et on dit que Lady Windermere aurait littéralement eu les mains dans l’eau de son pot de roses, et non les mains tachées de rose…

C’était un deuxième billet pour le mois irlandais ! Suivez-nous si l’île d’émeraude vous intéresse. Visitez les blogues des participantes pour trouver des idées de lectures et voir si on a tous la même opinion de ces auteurs… Cryssilda nous fait une super récap tous les jours !!

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Orgueil et Préjugés – Jane Austen

Jane Austen (1979 – publication d’origine 1813)

10/18

380 pages

(traduction de Pride and Prejudice)

MAJ 2012: J’ai lu ce livre en 2004, mais comme je mets mon blogue à jour tranquillement pas vite, j’ai cru bon d’inscrire ce billet à la journée Austen de notre mois anglais, qui tire à sa fin.  Avec le recul, je vois que j’avais adoré ce livre. Je l’aime encore beaucoup, mais après d’autres livres du genre et après Northanger Abbey de Jane Austen, je peux dire qu’il n’est plus mon préféré. On passe quand même un excellent moment. Voici donc la critique de 2004, légèrement modifiée.

Le résumé

On passe environ une année en compagnie de la famille Bennet (5 filles et leurs parents) et de leurs nombreux visiteurs, amis, voisins, parents. Le thème central de cette année: les possibilités de mariage des filles aînées, Jane et Elizabeth, que la mère veut absolument marier. Donc, quand M. Bingley s’installe à Netherfield, tout près, elle espère qu’une de ses filles l’épousera, surtout qu’il semble vite s’éprendre de Jane, l’aînée. Mais les Bennet devront composer avec l’irritant ami de Bingley, le fameux M. Darcy, qui n’est pas du tout enchanté par tout cela, même s’il ne semble pas insensible à la verve et l’intelligence d’Elizabeth. Évidemment, il y aura plusieurs quiproquos, des jeunes gens perfides qui cachent la vérité à d’autres causant ainsi bien des soucis amoureux, mais tout finira bien et les gentils gagneront…

Mon avis

J’ai adoré. Je ne peux pas ajouter grand-chose qui n’a pas été dit ailleurs tant ce livre a été critiqué, sauf faire une comparaison avec un autre roman victorien lu il n’y a pas longtemps, Tess d’Urbervilles de Thomas Hardy, que j’avais détesté. La description de l’époque était, à mon avis très irritante, l’humour tombait à plat, les femmes étaient toutes sottes, etc. Ici, nous retrouvons plus ou moins la même époque décrite aussi sous le sceau de l’ironie, mais ça flotte! Austen sait équilibrer le tout avec des gens un peu sots et extrêmes, d’autres plus intelligents, tout ça en nous faisant un super portrait des moeurs de l’époque. J’ai été vraiment enchantée et j’ai bien ri à plusieurs reprises (« Ma parole, Jane sera bientôt une vieille fille, elle qui a presque vingt-trois ans! »). J’ai même « dû » finir le livre assez tard une nuit tellement l’histoire me prenait.

Ceci étant dit, même si j’ai adoré, je ne pense pas renouveler l’expérience Austen de sitôt, car j’ai comme l’impression que tous ses livres doivent se ressembler. (MAJ 2012: Bon, j’ai quand même attendu 7 mois avant de lire Northanger Abbey). Il y a quelqu’un ici qui a tout lu et qui peut confirmer ou infirmer? Cependant, si la littérature anglaise classique vous tente, je vous le conseille fortement, je ne pense pas qu’on puisse être déçu par ce livre.

(Critique d’origine – 2004)

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No Name – Wilkie Collins

Wilkie Collins (1991 – V.O. 1862-1863)

Oxford University Press – World’s Classics

553 pages

Cet été, sur la blogosphère, une lecture commune de No Name de Wilkie Collins se promenait. Comme je voulais retenter cet auteur après un premier essai mitigé avec Pierre de lune, je me suis lancée. Puis, la plateforme où devait avoir lieu cet échange a été piratée, et tout est devenu un peu plus compliqué, alors j’ai remis ma fin de lecture, et me voici, plusieurs mois plus tard, pas fière du retard accumulé, mais très heureuse par ce deuxième essai qui m’a enchantée. Tout n’est peut-être pas fini entre M. Collins et moi…

Le résumé (Attention, révélations)

Magdalen et Norah Vanstone viennent d’une famille heureuse et sont deux jeunes femmes libres et épanouies. Jusqu’à ce que la mort de leurs parents, l’un après l’autre, les laisse orphelines. En temps normal, les deux jeunes femmes auraient dû hériter de tout, mais un secret familial bien gardé sera le malheur des filles: leurs parents n’étaient pas mariés à leur naissance, alors légalement, tout revient au parent le plus proche de M. Vanstone, son frère qui le déteste. Informés de ce problème potentiel peu avant leur mort, les Vanstone essaient de régler le tout, mais le malheur survient avant qu’ils puissent le faire. Magdalen et Norah deviennent alors « les enfants de personne » (nobody’s children – ces mots m’ont fait pleurer) et devront trimer dur pour survivre. Norah suivra Mrs Garth, la gouvernante, pour devenir elle-même gouvernante, mais Magdalen, qui n’accepte pas du tout son lot, fera tout en son possible et usera de duperies pour regagner cet héritage qui est le sien.

Mon avis

J’ai adoré cette lecture.  J’ai tout à fait embarqué dans cette histoire que je trouvais tout à fait déchirante, celle de deux soeurs qui par une erreur administrative et les règles d’un monde mené par les hommes perdent tout du jour au lendemain. Je comprenais tout à fait Magdalen de vouloir se venger et de tout faire pour y arriver. Ce qui m’a surprise, en fait, c’est que Wilkie Collins mette en scène un personnage féminin si fort et moderne pour l’époque, car apparemment que M. Collins avait quelques tendances misogynes. Bon, on peut dire que Magdalen paiera pour ses tromperies, mais elle finira quand même vainqueur à la toute fin.

Certains lecteurs ont trouvé le temps un peu long en lisant ce livre, et je peux comprendre. Il y a beaucoup de descriptions, mais étrangement, cette fois, ça a marché pour moi. Je les trouvais excellentes et je m’imaginais tout à fait la scène, les personnages ou les lieux, comme cette description de Vauxhall Walk à l’époque:

The network of dismal streets stretching over the surrounding neighbourhood contains a population for the most part of the poorer order. In the thoroughfares where shops abound, the sordid struggle with poverty shows itself unreservedly on the filthy pavement; gathers its forces through the week; and, strengthening to a tumult on Saturday night, sees the Sunday morning dawn in murky gaslight. Miserable women, whose faces never smile, hauntthe butchers’ shops in such London localities as these, with relics of the men’s wages saved from the public-house, clutched fast in their hands, with eyes that devour the meat they dare not buy, with eager fingers that touch it covetously, as the fingers of their richer sisters touch a precious stone. »

J’ai souvent ri des éléments très victoriens, comme le fait que 2 personnes dans la même maison s’écrivent au lieu de se parler de vive voix, ou d’autres extraits comme:

« Go on, my dear. What’s the next question? Come to the point! » She was far too genuine a woman to do anything of the sort. She skirted round the point […]

Forgetting all other anxieties in the anxiety to cheer him, she gently pressed the hand he gave her. « If that won’t tell him the truth, » she thought, « nothing will. » (C’est que Magdalen pensait pouvoir dire à Kirke, en pressant sa main, qu’elle l’aimait…)

Un autre exemple qui a sûrement choqué la galerie de l’époque:

Her voice faltered softly, and she put the lock of hair, with a languid gentleness, to her lips. It fell from her fingers into her bosom. A lovely tinge of colour rose on her cheeks, and spread downward to her neck, as if it followed the falling her.

Et comment ne pas aimer le clin d’oeil au Québec:

« Some months after Andrew’s arrival with his regiment at Quebec […] »

Apparemment que le 8 janvier est le 188e anniversaire de Wilkie! Ce billet tombe à point! Pour lire d’autres billets sur cet auteur, ou d’autres billets anglais, visitez la page récapitulative du mois anglais. C’est ici.

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Dr Jekyll & Mr Hyde and Other Strange Tales – Robert Louis Stevenson

Robert Louis STEVENSON (2009 – cette édition; original – 1886)

Arcturus

238 pages

 

Je sais, notre défi C’est Kiltissime est fini depuis longtemps, mais je n’avais pas encore pris le temps d’écrire mon dernier billet. Alors, pour boucler la boucle avant Noël, je termine avec un classique que je n’avais jamais lu. Pourtant, il fait tellement partie de l’imagination populaire que j’avais l’impression de le connaître. Malgré tout, j’ai quand même eu quelques bonnes surprises, comme le fait que cette histoire est une nouvelle plutôt qu’un roman: dans mon édition, elle ne fait que 70 pages.

L’histoire en quelques mots (Attention, révélations si vous ne l’avez jamais lu, car je commence par la fin…)

Le bon Dr Jekyll, qui cache depuis toujours au fond de lui un penchant pour le vice, penchant très mal vu dans la bonne société, décide de mettre au point une potion qui lui permettra de changer d’apparence quand il voudra se livrer à ses activités malsaines. Au début, tout va bien. Il se transforme quand il le désire seulement et son alter ego, Mr Hyde, n’est pas bien fort, car le côté « gentil » du Dr Jekyll dépasse largement son côté « vilain ». Mais après quelque temps, la balance des forces changera, et c’est Mr Hyde qui deviendra plus puissant, à un point tel que le Dr Jekyll ne pourra plus contrôler les transformations.

Pendant que le Dr Jekyll est tiraillé entre le bien et le mal, on suit aussi le quotidien de Mr Utterson, avocat et ami du Dr Jekyll, et du Dr Lanyon, collègue du Dr Jekyll qui a mis fin à leurs fréquentations à cause de différentes philosophies. C’est à travers ses deux hommes et les différentes horreurs qui commencent à se dérouler dans le quartier qu’on pourra recoller les morceaux de cet étrange casse-tête.

Mon avis

J’ai beaucoup beaucoup aimé. Je m’attendais à trouver quelque chose que je connaissais, mais dans le fond, je me rends compte que ce n’était pas vraiment le cas. J’ai trouvé le crescendo du suspense excellent, aucun moment ennuyeux, toujours bien rythmé. Évidemment, la dualité entre le bien et le mal est soulignée et mise en gras, mais j’ai quand même beaucoup apprécié. Les descriptions des horreurs que perpétue Mr Hyde sont ténues, mais les transformations du Dr Jekyll en Mr Hyde sont très très bien décrites. Tout ça m’a beaucoup plus plu que n’importe quelle adaptation que j’aie pu voir.

C’est 2 en 2 pour moi et Stevenson! Après L’Île au trésor, que j’ai beaucoup aimé, il a su me séduire avec Dr Jekyll & Mr Hyde. 

L’avis de Karine qui a aussi lu la même édition que moi, c’est-à-dire un recueil contenant cette histoire et d’autres nouvelles.

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Night of the Living Dead – George Romero

Pour la deuxième étape du Train Fantôme, « l’effroyable village zombie », j’ai décidé de revoir un classique du cinéma:

Night of the Living Dead (1968) de George Romero

Bande annonce

Barbra et son frère Johnny se rendent dans un cimetière en campagne pour déposer une couronne de fleurs sur la tombe de leur père. Alors qu’ils se préparent à partir, un homme s’avance vers eux et attaque Barbra. C’est un mort-vivant! Johnny tentera d’aider sa soeur, mais périra. Barbra, affolée, s’enfuit et arrive à une maison abandonnée. Quelques instants plus tard, Ben surgit, et ils tenteront de se barricader dans la maison. Peu de temps après, Barbra et Ben découvrent que des gens se cachent au sous-sol. Ensemble, ils combattront les morts-vivants.

Je ne sais pas combien de fois j’ai vu ce film. Je possède la cassette VHS et celle-ci a vu de meilleurs jours. Oui, ce film a sûrement plein de défauts, mais pour moi, amatrice de films d’horreur, c’est un classique. Il doit bien exister quelques films de morts-vivants qui ont précédé celui-ci, mais le jalon, c’est Night of the Living Dead. Tous les films qui ont suivi ne sont pas nécessairement de pâles copies, mais ils s’en sont tous inspirés. Remarquez que Romero s’est beaucoup inspiré d’Hitchcock, comme pour la scène de la mort à la truelle. Scène sous la douche dans Psycho, anyone?

La bande-annonce que j’ai ajoutée ne rend pas justice au film, je trouve. Elle a choisi toutes les scènes sanglantes et dégoûtantes, mais pourtant, il y en a très peu dans le film. Pendant de longs moments, c’est seulement une atmosphère lourde, des gens qui se barricadent dans une maison et qui essaient de survivre, une musique à la Hitchcock, une femme pratiquement catatonique, une enfant malade, un jeune couple propret et courageux, un homme plus trouillard que n’importe qui et un héros noir, choix quand même osé pour Romero en 1968 où les Noirs n’avaient pas les rôles principaux dans les films. Et que dire de la fin? Ne cherchez pas la fin américaine ni la fin ouverte à la Vendredi 13 ou Halloween.

Un classique qui ne se démode pas. Une fois qu’on l’a vu, on se rend compte de son influence dans un tas de films du genre.

5 octobre: La maison hantée

10 octobre: Les zombies

15 octobre: Le cimetière, la crypte

20 octobre: La forêt interdite

25 octobre: L’école, le lycée, le campus

30 octobre: Le parc d’attractions

Pour plus d’information sur le Challenge Halloween, pour lire différents billets ou pour embarquer dans le train fantôme, vous pouvez visiter les blogues des deux organisatrices

Hilde

Lou

Ou vous pouvez vous inscrire au groupe Facebook où vous aurez tous les liens des participants.

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Pierre de lune – Wilkie Collins

Wilkie COLLINS (1995)

Phébus

508 pages

(version d’origine: The Moonstone, 1868)

MAJ 2011: Je viens tout juste de terminer une lecture commune de No Name (Sans nom) de Wilkie Collins et avant d’écrire un billet sur ce livre, j’ai décidé de revisiter ma première rencontre avec Collins, rencontre qui n’avait pas été fructueuse et qui n’annonçait rien de bon pour No Name. Pourtant, cette deuxième rencontre fut merveilleuse, et j’ai la tête encore pleine d’images. Mais pour l’instant, tenons-nous-en à Pierre de Lune.

Il y a quelques années, alors que je participais activement au forum des rats de biblio-net, il y avait ce qu’on appelait les « livres voyageurs »: un lecteur envoyait un livre à un autre lecteur, qui laissait un petit mot dedans et qui continuait à le faire voyager jusqu’à ce qu’il revienne vers son propriétaire. L’exercice a été plutôt réussi, mais officiellement, il ne dura pas très longtemps, car quelques pommes pourries se sont approprié des livres, alors ceux-ci ne revenaient jamais. (J’ai retrouvé The Holy Man mais je n’ai jamais revu Le vol d’Icare). Pierre de Lune était le livre voyageur de Cryssilda, passionnée fois mille de Wilkie Collins. Il est difficile de rester insensible devant un tel enthousiasme, alors j’avais inscrit mon nom pour ce livre voyageur et j’ai plongé dans l’univers victorien pour la première fois, sans expérience et sans repères. Voici ce que ça a donné, en 2004.

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Quatrième de couverture

« La Pierre de Lune se vengera! » Mais que veut dire le brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l’héroïne, Rachel, une intrépide jeune fille de 18 ans, partage la vedette avec le Sergent Cuff, un policier de Scotland Yard aux manies surprenantes… et un diamant baptisé Pierre de Lune. Une enquête dans le plus pur style Collins, que vous vivrez aussi en compagnie du très étrange Gabriel Betteredge et de la non moins excentrique Miss Clack. Le poète T.S. Eliot disait de ce roman de Wilkie Collins qu’il était « le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l’Angleterre a produit en matière de roman d’énigme. »

Des années auparavant, un membre de la famille Verinder a dérobé, en Inde, la Pierre de Lune, plus gros diamant au monde. Mais selon la légende, ce diamant portera malheur à celui qui le possède. De retour en Angleterre, le voleur lègue, à sa mort, le diamant à sa nièce, Rachel, le jour de son anniversaire. Mais le lendemain matin, celui-ci a disparu, et les problèmes se multiplient.

Par où commencer… Eh bien, c’est une histoire très intéressante et extrêmement bien montée. Chaque personnage fait son bout de chemin en nous disant exactement ce qu’il sait du vol de la Pierre de Lune et non pas en extrapolant sur ce que savent les autres ou sur ce qu’ils ont fait. Pour ceux qui aiment les mystères et les polars, on est incapable de trouver le coupable avant la fin (toujours un bon signe).

Cependant, quelques trucs m’ont moins plu. J’ai trouvé le livre extrêmement long (mais je pense qu’il existe des éditions abrégées). Pendant la première moitié du livre, je trouvais que l’action avançait très lentement, et ça ne m’incitait pas à lire, d’où l’éternité que j’ai prise pour lire ce livre. Par contre, à partir de la moitié, je l’ai dévoré.

Aussi, tout comme dans Tess d’Urberville de Thomas Hardy, j’ai trouvé la description des femmes très insignifiante. Je sais bien qu’on parle d’une autre époque et que souvent, c’est fait avec humour et dénonciation, mais ce n’est vraiment pas pour moi. Je ne suis pas très féministe, mais certaines des descriptions me faisaient friser le poil des bras, comme on dit ici. Je pense que les classiques anglais ne sont pas pour moi. Pourtant, j’ai quand même envie de lire La dame en blanc, car je pense que la partie la plus intéressante de Pierre de Lune est la préface dans laquelle on en apprend plus sur Wilkie (très intéressant personnage) et sur la femme qui lui a inspiré La dame en blanc.

Ma note : un 3.5/5. Ce n’est pas une notre extraordinaire, mais je suis très heureuse d’avoir découvert un auteur que je n’aurais jamais lu autrement.

MAJ 2011: Après 7 ans, je n’ai toujours pas lu La dame en blanc, mais j’ai découvert que j’aimais les classiques anglais. Je l’ai déjà dit, mais je le répète: Seuls les fous ne changent jamais d’idées…

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L’Île au trésor – Robert Louis Stevenson

Robert Louis STEVENSON (1983 – cette édition)

Chefs-d’oeuvre jeunesse

199 pages

(version originale: Treasure Island, 1881-1883)

D’après ma signature à la première page, ce livre traîne chez moi probablement depuis sa parution en 1983. Et il n’avait jamais été ouvert. Pourtant, j’ai toujours été une avide lectrice, même petite, et j’ai toujours aimé les histoires d’aventures. Il aura fallu le mois Kiltissime pour que je daigne enfin l’ouvrir. Ce livre m’a enchantée. Et déçue. Enchantée, car j’ai beaucoup aimé, et déçue, car ce que j’avais entre les mains était une « adaptation inédite pour la jeunesse », donc une version un peu tronquée et amochée.

L’histoire: La famille de Jim Hawkins, jeune homme d’environ 14 ans, est propriétaire d’une auberge dans le sud-ouest de l’Angleterre, l’Amiral Benbow. Un jour, un drôle de marin arrive: Billy Bones. Ce dernier est violent, porté sur la boisson et extrêmement nerveux. Il paie même le jeune Jim pour l’avertir si certains hommes se pointent, ce qui ne marche pas vraiment, car à chaque visite de ces hommes, Jim, qui est beaucoup trop naïf, n’y voit que du feu et n’avertit pas le marin, qui finira par mourir après une de ces visites. Après sa mort, Jim se retrouve avec une carte indiquant l’emplacement du légendaire trésor du capitaine Flint. Jim, le docteur Livesey et le châtelain Trelawney décident alors de partir à sa recherche et pour y arriver, ils doivent d’abord se rendre à Bristol et engager un équipage, qui se révélera être des pirates aussi à la recherche de ce trésor.

Mon avis: J’ai beaucoup aimé et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Mais comme j’avais une adaptation jeunesse entre les mains, certains trucs m’ont chicotée. L’édition est jolie et attrayante pour les jeunes, mais elle est truffée de fautes ou de coquilles (busculade, s’rrêta, etc.) , ce qui est inacceptable pour un livre qui s’adresse aux jeunes lecteurs et qui a été traduit maintes fois, et dont les versions sont disponibles un peu partout gratuitement. De plus, en comparant les versions Internet, j’ai pu m’apercevoir que ma version, même si elle me donne toutes les grandes lignes, est assez tronquée.

L’histoire principale de ce livre est la chasse au trésor, mais il est aussi intéressant de remettre ce roman dans son contexte social anglais, car il y a une morale, et les protagonistes, les bons et les méchants, sont très bien décrits. C’est pratiquement en gras et souligné. D’un côté, il y a les bons:  le jeune Jim, naïf et loyal, pour qui une parole vaut de l’or, même quand elle est donnée à un pirate; le docteur Livesey, qui honorera son serment d’Hippocrate et soignera les méchants; et le capitaine Smollett, qui lève le drapeau britannique même si ça risque de les faire prendre. De l’autre, il y a les méchants: Long John Silver, le chef des pirates qui n’hésite pas à trahir et à tuer pour arriver à ses fins; et les autres pirates, tous plus ivrognes et niais les uns que les autres. Évidemment, à la fin, les bons, ceux qui n’ont pas bu, qui ont été loyaux et qui ont bien servi Sa Majesté, gagneront, et les méchants auront presque tous une fin horrible.

À mon avis, c’est un livre que tout le monde devrait lire une fois dans sa vie, si ce n’est que pour savoir d’où viennent certaines images ou archétypes: le pirate à la jambe de bois, le perroquet, fidèle ami des marins, etc.

Ce livre, en version française, est disponible exempt de droits d’auteur sur Internet, ici, par exemple.

Ce billet fait partie du mois Kiltissime!

Pour une liste récapitulative des billets publiés jusqu’à maintenant, allez ici ou .

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