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200e anniversaire de Charles Dickens

SPECIAL The News of February 7, 2012

[Édition spéciale de The News (journal de Portsmouth) célébrant la naissance de Charles Dickens il y a 200 ans.]

Aujourd’hui, Charles Dickens aurait 200 ans. Partout à travers le monde, surtout en Angleterre, on célèbre l’écrivain avec diverses activités. Pour ma part, j’ai lu mon premier Dickens à vie, The Great Expectations, et je vous en parlerai dans les prochains jours. Entre-temps, je vous emmène avec moi chez Dickens, à Portsmouth.

200 ans. C’est l’âge qu’aurait eu Charles Dickens aujourd’hui. Il y a quatre ans, le 7 février, alors que j’habitais à Portsmouth, je suis allée visiter la maison natale de Dickens transformée en musée.

[portes pour entrer dans la rue]

Le 7 février 1812 naquit à Portsmouth John Charles Huffam Dickens. On peut se demander jusqu’à quel point Portsmouth peut revendiquer être la ville de Dickens étant donné que sa famille déménagea en 1815 et que Dickens n’y revint que trois fois sa vie durant. Pourtant, Portsmouth a tenu à souligner l’important avènement qu’est la naissance d’un des plus importants écrivains britanniques en faisant de sa maison natale un musée. Comme une bonne partie de Portsmouth, et en particulier ce quartier de la ville, a été détruite durant la Guerre, il est heureux que la maison natale ait survécu.

C’est donc ici, au 1 Mile End Terrace (maintenant 393 Old Commercial Road), qu’est né Charles Dickens, auteur à succès. Si vous êtes comme 3 % de la population britannique et que vous croyez que Charles Dickens n’est qu’un personnage fictif, détrompez-vous. Il a bel et bien existé, se maria et eut 10 enfants légitimes et écrivit maintes oeuvres extrêmement populaires (entre autres Oliver Twist, Un chant de Noël, David Copperfield, Les Grandes Espérances). À l’âge de trois ans, sa famille déménagea, et Dickens ne revint que trois fois à Portsmouth. La première, pour faire des recherches pour son roman Nicholas Nickleby, et les deux autres, pour donner des lectures.

Quand la famille Dickens déménagea, elle prit avec elle tous ses meubles et effets, alors la plupart des trucs qui se retrouvent au musée sont des « faux », des reproductions de meubles de l’époque, tels qu’ils auraient pu être. Un peu décevant, mais j’ai quand même appris à quoi servait cette espèce de paravent rouge devant le foyer… Il servait à protéger le teint des dames, car le rouge qui leur venait aux joues, effet du feu dans l’âtre, était perçu comme vulgaire.

C’est tout. C’est que c’est un mini-musée avec, soyons honnêtes, peu à offrir, comparé aux nombreux autres musées et musées-maisons de Dickens ailleurs au pays. Cependant, il y a un autre lien entre Portsmouth et Dickens, une facette dont on parle peu : au cimetière Highland de Southsea, on retrouve une pierre tombale au nom de Nelly Ternan. Nelly Ternan, jeune comédienne, rencontra Dickens à l’âge de 18 ans alors qu’il avait déjà 45 ans. S’en suivit une relation secrète qui dura jusqu’à la mort de Dickens et qui fut probablement une des causes de la séparation de Dickens et de sa femme.

  • Pour lire certaines oeuvres intégrales (en français) sur le Web, cliquez ici.
  • Saviez-vous que Dickens visita le Québec dans les années 1840? Il écrivit un livre, American Notes, sur son voyage en Amérique. On peut le lire sur le Web, mais seulement en anglais (voir le lien précédent).
  • Pour en savoir plus sur la relation entre Dickens et Nelly Ternan, l’excellente biographe Claire Tomalin a écrit un livre: The Invisible Woman: The Story of Charles Dickens and Nelly Ternan. De plus, la biographe vient tout juste de sortir une biographie de Dickens, Charles Dickens. C’est mon objectif de 2012.
Partout sur la toile, les blogueurs et les blogueuses célèbrent Dickens. Voici quelques billets recensés ce matin. J’essaierai de mettre à jour la liste au cours des prochains jours et si vous le voulez, n’hésitez pas à laisser le lien de vos billets dans la section commentaires.

Mon billet original sur Les humeurs de Mélodie

Sabbio ne passe pas sous silence l’anniversaire de Dickens

Cryssilda nous parle des chroniques de Mudfog. Pas un des plus connu.

Ellcrys nous présente de superbes images

Martine a lu une biographie de Dickens.

Karine a lu la même… Oh, auront-elles des opinions différentes ?

Lou aussi! Oh, oh!

Isil parle de Dickens et a recensé des liens

Allie ne l’a pas oublié

dickens 2012.jpg

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Tess d’Urberville – Thomas Hardy

Thomas Hardy - Tess d'Urberville. Une femme pure

Thomas Hardy (1959) (v.o. Tess of the Urbervilles – 1891)

399 pages

MAJ 2012: Il y a quelques jours, j’ai lu l’excellente critique d’Eliza sur Tess d’Urberville. Ça m’a fait penser à ma lecture de ce livre, en 2003, qui n’avait pas été concluante. Et je me suis rappelé l’échange que j’avais eu avec Cryssilda, qui me l’avait conseillé. Cryss aime encore autant ces romans aujourd’hui qu’à l’époque, et moi, j’ai un peu évolué. Tess était l’un des premiers romans du genre que je lisais, je n’avais pas de points de référence et je n’avais pas aimé. J’ai retrouvé mon billet sur le forum des Rats ainsi que l’échange avec Cryss. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de l’inclure. De plus, en relisant le commentaire de Cryss et en ayant maintenant quelques repères, je pense lire Jude l’Obscur cette année. Il traîne ici depuis assez longtemps. Après, je pourrai revoir mon opinion de Thomas Hardy. Ou non.

Piètre résumé

L’action se déroule dans la campagne profonde anglaise à la fin des années 1800. La pauvre Tess, même si elle porte un nom célèbre et aristocratique, vient d’une famille pauvre et a un père paresseux et alcoolique. Revient donc à la magnifiquement jolie et docile Tess la tâche de faire vivre la famille. Et d’évènement en évènement, nous assisterons à sa chute.

Ce qu’en dit Amazon

Un grand classique moderne (1891) et une oeuvre majeure de l’écrivain. À la fois réaliste et poétique, ce récit fataliste, qu’illumine la figure lumineuse de l’héroïne, dépeint fidèlement l’âpre climat social de la paysannerie anglaise à la fin du 19e siècle. Belle histoire d’amour implacable que le cinéaste Roman Polanski a tenté d’illustrer dans un film.

Ce que j’en dis

Je suis désolée Cryssilda, mais je n’ai pas aimé et l’histoire n’a pas réussi à m’accrocher. On dit de ce livre qu’il est « réaliste ». Peut-être. Je ne peux pas dire le contraire, car je ne connais pas cette époque, mais je trouve quand même aberrant et peu réaliste le fait que toutes les femmes de ce livre soient des idiotes. Est-ce que toutes les femmes anglaises de campagne étaient aussi niaises dans ce temps-là? Enfin. On dit de ce livre qu’il est « poétique ». Je l’ai plutôt trouvé très froid, et certaines descriptions qui se veulent probablement poétiques me faisaient rire. En voici un exemple. Ici, ce sont deux amies de Tess qui écrivent à son mari pour que celui-ci daigne revenir vers Tess. Oui, celles-ci sont aussi en amour avec Angel, l’idéalisent, mais pouvez-vous vraiment imaginer ces deux filles chanter et pleurer hystériquement parce qu’elles ont écrit une lettre à cet homme?

Elles adressèrent la lettre à Angel Clare, au seul endroit où elles avaient jamais su qu’il eût de la famille, au presbytère d’Emminster; après quoi, elles restèrent dans un état d’exaltation, émues de leur propre générosité, qui les fit chanter et pleurer hystériquement tour à tour (p.366).

Pour ce qui est de la belle histoire d’amour, je trouvais les personnages principaux tellement « mous » que leur histoire me tombait sur les nerfs. Les dernières 75 pages du livre rachètent l’histoire un peu, car Tess semble sortir de sa torpeur et arrête d’être la victime parfaite et docile pour devenir finalement maîtresse de son destin.

Ma note : un 2/5. J’ai conscience que cette note est très personnelle, car des millions de gens adorent ce livre, l’ont mis sur la liste des 50 meilleurs livres anglais, etc., mais moi, il ne m’a pas touchée. Peut-être est-ce une description assez réaliste de cette période, mais l’auteur n’a pas réussi à m’y faire croire.

Réponse de Cryssilda: Ben dites donc, je n’ai pas de chance avec mes auteurs victoriens en ce moment, Lagrande qui n’a pas aimé Dead Secret et maintenant toi, Mélodie, qui n’aimes pas Tess. Je crois que parfois, pour apprécier les romans victoriens, il faut être dans le « trip », c’est toute une atmosphère, et c’est sûr, si on n’accroche pas, on n’accroche pas. Ce que tu dis sur les femmes dans le livre n’est pas faux, mais il ne faut pas oublier que le livre est écrit par un homme et que c’est plus une vision de l’époque de la femme qui est exprimée, qui ne renvoie pas forcément à une réalité (si tu lis les romans des soeurs Brontë, les femmes ne sont pas si idiotes que ça). D’ailleurs je ne suis pas bien sûre que ce soit la vision de Thomas Hardy non plus, car je trouve qu’il dénonce pas mal généralement dans ses bouquins, donc les passages qui t’amusent sont peut-être effectivement des passages ironiques où il en fait trop. Bon moi, j’ai bien envie de le relire quand même ce livre, il y a trop longtemps que je l’ai découvert et j’ai plus les idées très claires !

Réponse de Mélodie: Peut-être que ma note et mon appréciation générale seraient différentes si je connaissais un peu mieux l’auteur, son oeuvre, etc. Ça fait quelques fois que j’entends des choses comme « il dénonce… » et s’il est considéré comme quelqu’un qui fait beaucoup d’ironie dans ses bouquins, alors je pourrais revoir quelques-uns de mes commentaires, c’est certain. Mais comme c’était mon premier voyage avec monsieur Hardy, j’en ai peut-être manqué des bouts. Mais même s’il dénonçait cette société et faisait de l’ironie, j’ai vraiment été irritée par ces femmes! Pas d’une manière féministe, car je ne pense pas l’être outre mesure, mais elles étaient tellement nounounes que ça me faisait grincer des dents! Mais je n’abandonne pas l’époque, j’ai hâte de lire Orgueil et Préjugés et les soeurs Brontë sont sur ma liste.

MAJ 2012: J’ai bien fait de ne pas abandonner, car j’ai eu d’excellents résultats avec Orgueil et Préjugés et avec les soeurs Brontë, qui sont devenues des chouchous.

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Orgueil et Préjugés – Jane Austen

Jane Austen (1979 – publication d’origine 1813)

10/18

380 pages

(traduction de Pride and Prejudice)

MAJ 2012: J’ai lu ce livre en 2004, mais comme je mets mon blogue à jour tranquillement pas vite, j’ai cru bon d’inscrire ce billet à la journée Austen de notre mois anglais, qui tire à sa fin.  Avec le recul, je vois que j’avais adoré ce livre. Je l’aime encore beaucoup, mais après d’autres livres du genre et après Northanger Abbey de Jane Austen, je peux dire qu’il n’est plus mon préféré. On passe quand même un excellent moment. Voici donc la critique de 2004, légèrement modifiée.

Le résumé

On passe environ une année en compagnie de la famille Bennet (5 filles et leurs parents) et de leurs nombreux visiteurs, amis, voisins, parents. Le thème central de cette année: les possibilités de mariage des filles aînées, Jane et Elizabeth, que la mère veut absolument marier. Donc, quand M. Bingley s’installe à Netherfield, tout près, elle espère qu’une de ses filles l’épousera, surtout qu’il semble vite s’éprendre de Jane, l’aînée. Mais les Bennet devront composer avec l’irritant ami de Bingley, le fameux M. Darcy, qui n’est pas du tout enchanté par tout cela, même s’il ne semble pas insensible à la verve et l’intelligence d’Elizabeth. Évidemment, il y aura plusieurs quiproquos, des jeunes gens perfides qui cachent la vérité à d’autres causant ainsi bien des soucis amoureux, mais tout finira bien et les gentils gagneront…

Mon avis

J’ai adoré. Je ne peux pas ajouter grand-chose qui n’a pas été dit ailleurs tant ce livre a été critiqué, sauf faire une comparaison avec un autre roman victorien lu il n’y a pas longtemps, Tess d’Urbervilles de Thomas Hardy, que j’avais détesté. La description de l’époque était, à mon avis très irritante, l’humour tombait à plat, les femmes étaient toutes sottes, etc. Ici, nous retrouvons plus ou moins la même époque décrite aussi sous le sceau de l’ironie, mais ça flotte! Austen sait équilibrer le tout avec des gens un peu sots et extrêmes, d’autres plus intelligents, tout ça en nous faisant un super portrait des moeurs de l’époque. J’ai été vraiment enchantée et j’ai bien ri à plusieurs reprises (« Ma parole, Jane sera bientôt une vieille fille, elle qui a presque vingt-trois ans! »). J’ai même « dû » finir le livre assez tard une nuit tellement l’histoire me prenait.

Ceci étant dit, même si j’ai adoré, je ne pense pas renouveler l’expérience Austen de sitôt, car j’ai comme l’impression que tous ses livres doivent se ressembler. (MAJ 2012: Bon, j’ai quand même attendu 7 mois avant de lire Northanger Abbey). Il y a quelqu’un ici qui a tout lu et qui peut confirmer ou infirmer? Cependant, si la littérature anglaise classique vous tente, je vous le conseille fortement, je ne pense pas qu’on puisse être déçu par ce livre.

(Critique d’origine – 2004)

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No Name – Wilkie Collins

Wilkie Collins (1991 – V.O. 1862-1863)

Oxford University Press – World’s Classics

553 pages

Cet été, sur la blogosphère, une lecture commune de No Name de Wilkie Collins se promenait. Comme je voulais retenter cet auteur après un premier essai mitigé avec Pierre de lune, je me suis lancée. Puis, la plateforme où devait avoir lieu cet échange a été piratée, et tout est devenu un peu plus compliqué, alors j’ai remis ma fin de lecture, et me voici, plusieurs mois plus tard, pas fière du retard accumulé, mais très heureuse par ce deuxième essai qui m’a enchantée. Tout n’est peut-être pas fini entre M. Collins et moi…

Le résumé (Attention, révélations)

Magdalen et Norah Vanstone viennent d’une famille heureuse et sont deux jeunes femmes libres et épanouies. Jusqu’à ce que la mort de leurs parents, l’un après l’autre, les laisse orphelines. En temps normal, les deux jeunes femmes auraient dû hériter de tout, mais un secret familial bien gardé sera le malheur des filles: leurs parents n’étaient pas mariés à leur naissance, alors légalement, tout revient au parent le plus proche de M. Vanstone, son frère qui le déteste. Informés de ce problème potentiel peu avant leur mort, les Vanstone essaient de régler le tout, mais le malheur survient avant qu’ils puissent le faire. Magdalen et Norah deviennent alors « les enfants de personne » (nobody’s children – ces mots m’ont fait pleurer) et devront trimer dur pour survivre. Norah suivra Mrs Garth, la gouvernante, pour devenir elle-même gouvernante, mais Magdalen, qui n’accepte pas du tout son lot, fera tout en son possible et usera de duperies pour regagner cet héritage qui est le sien.

Mon avis

J’ai adoré cette lecture.  J’ai tout à fait embarqué dans cette histoire que je trouvais tout à fait déchirante, celle de deux soeurs qui par une erreur administrative et les règles d’un monde mené par les hommes perdent tout du jour au lendemain. Je comprenais tout à fait Magdalen de vouloir se venger et de tout faire pour y arriver. Ce qui m’a surprise, en fait, c’est que Wilkie Collins mette en scène un personnage féminin si fort et moderne pour l’époque, car apparemment que M. Collins avait quelques tendances misogynes. Bon, on peut dire que Magdalen paiera pour ses tromperies, mais elle finira quand même vainqueur à la toute fin.

Certains lecteurs ont trouvé le temps un peu long en lisant ce livre, et je peux comprendre. Il y a beaucoup de descriptions, mais étrangement, cette fois, ça a marché pour moi. Je les trouvais excellentes et je m’imaginais tout à fait la scène, les personnages ou les lieux, comme cette description de Vauxhall Walk à l’époque:

The network of dismal streets stretching over the surrounding neighbourhood contains a population for the most part of the poorer order. In the thoroughfares where shops abound, the sordid struggle with poverty shows itself unreservedly on the filthy pavement; gathers its forces through the week; and, strengthening to a tumult on Saturday night, sees the Sunday morning dawn in murky gaslight. Miserable women, whose faces never smile, hauntthe butchers’ shops in such London localities as these, with relics of the men’s wages saved from the public-house, clutched fast in their hands, with eyes that devour the meat they dare not buy, with eager fingers that touch it covetously, as the fingers of their richer sisters touch a precious stone. »

J’ai souvent ri des éléments très victoriens, comme le fait que 2 personnes dans la même maison s’écrivent au lieu de se parler de vive voix, ou d’autres extraits comme:

« Go on, my dear. What’s the next question? Come to the point! » She was far too genuine a woman to do anything of the sort. She skirted round the point […]

Forgetting all other anxieties in the anxiety to cheer him, she gently pressed the hand he gave her. « If that won’t tell him the truth, » she thought, « nothing will. » (C’est que Magdalen pensait pouvoir dire à Kirke, en pressant sa main, qu’elle l’aimait…)

Un autre exemple qui a sûrement choqué la galerie de l’époque:

Her voice faltered softly, and she put the lock of hair, with a languid gentleness, to her lips. It fell from her fingers into her bosom. A lovely tinge of colour rose on her cheeks, and spread downward to her neck, as if it followed the falling her.

Et comment ne pas aimer le clin d’oeil au Québec:

« Some months after Andrew’s arrival with his regiment at Quebec […] »

Apparemment que le 8 janvier est le 188e anniversaire de Wilkie! Ce billet tombe à point! Pour lire d’autres billets sur cet auteur, ou d’autres billets anglais, visitez la page récapitulative du mois anglais. C’est ici.

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Classé dans Collins Wilkie

Alice au pays des merveilles – Lewis Carroll

Lewis Carroll (1996 – version d’origine 1865)

Maxi-Poche « Classiques étrangers »

126 pages

Une lecture commune avec le hérissonAlineMilly, l’Ogresse de ParisNina.

Qui ne connaît pas Alice, jeune fille curieuse qui suivit un lapin blanc et se retrouva dans un monde de fous? Tout le monde la connaît, bien sûr, mais la connaît-on parce qu’elle fait partie de notre imaginaire commun ou parce que nous avons lu ses aventures? Pour ma part, on dirait que j’ai grandi avec elle tant je connais bien son histoire, mais étrangement, je n’avais jamais lu le livre d’origine. Ce ne sera pas pour cette fois, car je l’ai lu en version traduite, mais j’ai quand même pu découvrir d’où venait tout le folklore qui découle de l’oeuvre de Lewis Carroll.

Petit résumé

Par un bel après-midi d’été, Alice s’endort dehors, au soleil. Durant son sommeil, elle suivra un lapin blanc qui la mènera dans un monde étrange où elle devra boire ou grignoter ceci ou cela pour grandir ou rapetisser, où les animaux parlent, où les gens sont des cartes à jouer et où l’absurdité règne. Et plus d’une fois, un peu grâce à son ignorance ou à sa naïveté, Alice réussira à se tirer du pétrin.

Mon avis

J’ai honte d’avouer que je me suis un peu ennuyée en lisant ce livre. Est-ce dû à la traduction? Est-ce parce que je suis habituée aux différentes versions cinématographiques qui ajoutent du contenu? Est-ce que ma version était tronquée? Peu importe. Même si j’aime l’univers d’Alice au pays des merveilles d’amour, cette lecture m’a un peu ennuyée et pourtant, elle était plutôt courte (126 pages avec plusieurs dessins). Je ne sais pas trop pourquoi. C’est bien traduit, c’est amusant et rigolo, mais il me manquait quelque chose, peut-être un fil conducteur. Tous les chapitres semblent un peu dépareillés. Mais au final, le problème n’est peut-être pas le livre, c’est peut-être la lectrice: je m’attendais à un roman pour enfants, mais j’avais plutôt entre les mains un conte que j’aurais dû lire en un après-midi au lieu d’un chapitre par soir.

Même si j’ai été un peu déçue, j’ai adoré les dessins (de John Tenniel) et le chapitre 7, « Un thé de fous », où Alice rencontre le Chapelier et le Lièvre. Un beau moment d’absurdité qui a laissé sa trace dans notre imaginaire et notre vocabulaire et qui a été maintes fois repris dans d’autres livres, films, séries télé.

Mon avis un peu mitigé ne change quand même rien à mon amour pour Alice et je lirai même sûrement la version anglaise un de ces quatre.

Un extrait du merveilleux film de Tim Burton

La scène du thé du classique de Disney

 

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Brunswick Gardens – Anne Perry

Anne PERRY (1998)

Fawcett Columbine

389 pages

Il y a quelques semaines, j’errais à la bibliothèque sans savoir quoi emprunter. (C’était avant de me remémorer que je n’avais pas terminé de lire la série d’Ian Rankin.) Puis, je me suis souvenue que des amies blogueuses parlaient souvent d’Anne Perry. Parfois en bien, parfois en mal, mais comme ça se passe dans l’Angleterre victorienne, j’ai eu envie d’essayer. Ma bibliothèque avait tellement de livres de Perry que je ne savais pas par où commencer, donc j’ai pigé au hasard et je suis tombée sur le 18e (!) de la série de Charlotte et Thomas Pitt.

L’histoire en gros

Dans le quartier chic de Brunswick Gardens, Unity Bellwood, l’assistante du révérend Ramsay Parmenter, meurt tragiquement en tombant dans l’escalier. Est-ce qu’elle s’est suicidée ? A-t-elle été poussée ? Si c’est le cas, qui est le coupable ? Le révérend Parmenter, que les croyances d’Unity faisaient rager ? Mallory, le fils de Ramsay ayant renié la foi anglicane pour la foi catholique, mais qui peine à supporter le voeu de chasteté ? Le vicaire, Dominic Corde, que Ramsay a recueilli chez lui alors qu’il était en train de sombrer ?

Comme Ramsay Parmenter est pressenti pour devenir évêque, on demande à Thomas Pitt, enquêteur en chef du poste de Bow Street, le poste central à l’époque, de s’occuper de l’affaire au lieu de la donner aux policiers du quartier. Ce qui semblait être un cas évident (c’est que plusieurs personnes ont entendu Unity crier « Non, Non, révérend » juste avant de tomber dans l’escalier) sera en fait plus complexe. Pitt sait que le coupable se trouve parmi les gens qui étaient présents dans la maison, mais tous semblent avoir un alibi, mais tous semblent aussi avoir une dent contre Unity, jeune fille moderne qui faisait flancher la foi de Ramsay en lui parlant de la théorie de Darwin.

Mon avis

Hum, mitigé. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car je suis bon public pour ce genre de livres faciles et divertissants. De plus, les descriptions victoriennes étaient superbes : environnement, vêtements, moeurs, nourriture:

There they had an excellent luncheon of fresh bread, crumbly Lancashire cheese, rhubarb pickle and a glass of cider.

Cependant, j’ai trouvé le texte extrêmement répétitif. Anne Perry avait, à mon avis, assez de matériel pour faire une longue nouvelle, pas un roman de 389 pages. Les cent premières pages, alors que les membres de la famille Parmenter s’accusent les uns les autres représentent à peu près quelques heures du roman et c’est tellement redondant ! Mais bon, le sujet est quand même assez intéressant avec cette histoire d’Église anglicane bouleversée par l’arrivée de nouvelles théories, l’émancipation des femmes, etc. Est-ce que je lirai d’autres Anne Perry ? Probablement. Ça me semble d’excellents livres pour les pannes de lecture.

Quelques petites infos en vrac

  • Mais où c’est Brunswick Gardens ? C’est là :

C’est un quartier riche où les maisons valent en moyenne 3 millions de livres maintenant. Cliquez ici pour en voir une.

  • Connaissez-vous la vraie identité d’Anne Perry ? J’ai fait le lien en cherchant la liste de ses livres sur Internet!

Anne Perry est le pseudonyme de Juliet Hulme. Le nom vous dit quelque chose ? Moi si. Alors que Juliet Hulme vivait en Nouvelle-Zélande, elle et son amie Pauline Parker assassinèrent la mère de Pauline. Les deux filles furent condamnées, mais comme elles étaient mineures, elles furent remises en liberté après 5 ans. Juliet déménagea et eut quelques boulots divers avant de changer de nom et de devenir auteure. Son nom me disait quelque chose, car j’ai vu le très bon film de Peter Jackson, Heavenly Creatures (Créatures célestes), qui relate cette histoire, et ce long-métrage m’avait marquée. À voir si vous aimez Anne Perry. Vous en apprendrez un peu plus sur son enfance.

Date de
publication
Titre français Titre anglais
1979 L’Étrangleur de Cater Street The Cater Street Hangman
1980 Le Mystère de Callander Square Callander Square
1981 Le Crime de Paragon Walk Paragon Walk
1981 Resurrection Row Resurrection Row
1983 Rutland Place Rutland Place
1984 Le Cadavre de Bluegate Fields Bluegate Fields
1985 Mort à Devil’s Acre Death in the Devil’s Acre
1987 Meurtres à Cardington Crescent Cardington Crescent
1988 Silence à Hanover Close Silence in Hanover Close
1990 L’Égorgeur de Westminster Bridge Bethlehem Road
1991 L’Incendiaire de Highgate Highgate Rise
1992 Belgrave Square Belgrave Square
1993 Le Crucifié de Farrier’s Lane Farrier’s Lane
1994 Le Bourreau de Hyde Park The Hyde Park Headsman
1995 Traitors Gate Traitors Gate
1996 Pentecost Alley Pentecost Alley
1997 Ashworth Hall Ashworth Hall
1998 Brunswick Gardens Brunswick Gardens
1999 Bedford square Bedford Square
2000 Half Moon Street Half Moon Street
2001 La conspiration de Whitechapel The Whitechapel Conspiracy
2002 Southampton Row Southampton Row
2003 Seven Dials Seven Dials
2006 Long Spoon Lane Long Spoon Lane
2009 Buckingam Palace Gardens Buckingam Palace Gardens
2010 Lisson grove Lisson grove

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Northanger Abbey – Jane Austen

Jane Austen (1994 – version d’origine 1818)

Penguin – Popular Classics

236 pages

Je ne suis pas la plus grande fan de Jane Austen. Je n’ai rien contre elle. J’ai même beaucoup aimé Orgueil et Préjugés et Raison et Sentiments, mais je n’ai pas réussi à terminer Persuasion ni Emma. Alors, en commençant Northanger Abbey, je ne savais pas d’avance de quel côté j’allais pencher. Eh bien, ce fut une lecture délectable! En fait, je pourrais presque dire que je l’ai préféré à Orgueil et Préjugés… Blasphème!

Catherine Morland, 17 ans, vit à la campagne avec sa famille. Ce sont des gens honnêtes et aimables qui ne veulent que le bien et le bonheur des autres. Ils sont humbles, sans être pauvres, ils trouvent leurs plaisirs dans les petites choses, ils sont un peu naïfs. Un jour, les Allen, leurs voisins sans enfants, décident d’aller passer quelques mois à Bath (la grande ville!) et invitent Catherine à se joindre à eux. Ainsi, elle pourra être présentée à la société et rencontrer d’autres jeunes personnes. Être socialisée, quoi, au lieu de courir dans les champs avec ses chiens.

Aux yeux de Catherine, Bath est magnifique. Tout est nouveau, les robes sont belles, les gens aussi. Après quelque temps, et sûrement pas grâce à sa chaperonne qui n’est pas vite vite, Catherine fera la connaissance d’Isabella Thorpe, qui deviendra vite son amie et confidente, ainsi que d’Henry Tilney, qui lui deviendra l’objet de ses rêves et de ses désirs. Quel ne sera pas son bonheur quand la famille Tilney l’invitera à venir rester quelques semaines à Northanger Abbey, la demeure familiale, avant de rentrer à Fullerton. Bien sûr, même si tout semble bien aller, il y aura intrigues et déceptions. La bonté et la naïveté de Catherine ne seront pas de taille à rivaliser avec les us et coutumes de la haute société, et la chute fera mal. On espère que la fin lui rendra justice…

Northanger Abbey est un roman d’apprentissage par excellence, et j’aime beaucoup ce genre de roman, alors ça partait bien: au début, la jeune Catherine est naïve et innocente, mais elle découvrira que tout le monde ne partage pas ses principes, même les personnes proches d’elle. Elle en subira les conséquences, on atteindra à son intégrité mais, bien sûr, elle sera blanchie à la fin. Elle aura alors mûri, elle aura découvert la vérité sur la nature humaine, mais elle n’en sera que plus forte et toutes ces mésaventures n’auront pas atteint son bon fond.

En plus de l’histoire, qui m’a particulièrement captivée, j’ai beaucoup aimé l’écriture, malgré quelques épisodes où l’auteure/Catherine parle au lecteur directement, un peu comme quand un acteur s’arrête et parle à la caméra. Je suis allergique à ce genre de procédé. Mais bon, je diverge.

Même s’il fut publié après la mort de Jane Austen, donc après ses autres succès, ce livre a été le premier complété par l’auteure et je le trouve d’autant plus intéressant pour ça. L’histoire se tient, il y a peu de temps morts et c’est vraiment très comique. En anglais, du moins. Je me demande si la version traduite a gardé cet humour mordant. En voici quelques exemples:

« Her father was a clergyman, without being neglected or poor, and a very respectable man, though his name was Richard […] and he was not the least addicted to locking up his daughters. » (p. 1)

« Her own family were plain matter-of-fact people, who seldom aim at wit of any kind; her father at the utmost being contented with a pun, and her mother with a proverb […] » (p. 54)

« A woman, especially, if she have the misfortune of knowing anything, should conceal it as well as she can. » (p. 99)

Un seul point négatif, et cela concerne beaucoup plus la maison d’édition que le roman. Sur la quatrième de couverture, on peut lire ceci: « Catherine Morland has unworldly charm and a vivid imagination. When she is invited to be a guest at the mysterious Northanger Abbey, she imagines it to be full of dark secrets like her favourite Gothic novels. Only her friend Henry Tilney can help her separate fantasy and reality. » En gros, on dit que Catherine Morland est une beauté un peu aérienne et qu’elle vivra un tas d’aventures à Northanger Abbey, mais pas un mot sur Bath. Ouais… Considérant qu’au début du livre, on n’arrête pas de souligner que la beauté de Catherine est ordinaire et qu’on n’arrive à Northanger qu’à la page 144 (sur 236 pages), il y a presque fausse publicité.

La lecture de ce livre était une lecture commune organisée par Le hérisson lecteur.

Les blogueuses suivantes ont participé, et leurs billets devraient paraître sou peu: Anne, l’Ogresse de Paris, le Hérisson lecteur, Zoé.

Prochaine lecture commune avec presque la même bande: Alice au pays des merveilles le 31 décembre.

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La forêt des maudits – Marcus Sedgwick

Marcus SEDGWICK ( 2007)

Éditions Milan

235 pages

(version traduite de My swordhand is singing, 2006)

Pour la quatrième étape du Train Fantôme, « la forêt interdite », voici La Forêt des maudits de Marcus Sedgwick.

Quatrième de couverture: On l’appelle la reine des Ombres. Une incarnation du mal qui aurait le pouvoir de réveiller les morts pour les mettre à son service. À Chust, village perdu au cœur de la Transylvanie, on dit que son retour est proche. Qu’il faut se préparer à la combattre. Pour Thomas et son fils Peter, qui vivent seuls au plus profond de la forêt, ce ne sont que racontars et ridicules croyances. Mais alors que la mort rôde et que la neige est souillée du sang des innocents, Peter découvre que son père en sait beaucoup sur la reine des Ombres et son armée de revenants. Beaucoup trop, peut-être…

Peter et son père, Thomas, un alcoolique, sont des bûcherons itinérants qui se sont installés près de Chust, en Transylvanie, sur une petite île que Thomas a construite en détournant un ruisseau. Leur village n’est pas commode : ils sont encore vus comme des étrangers et les gens les évitent, sauf la jeune Agnès qui aime bien Peter. Puis, voilà que des morts étranges et barbares surviennent, et que les morts reviennent hanter les vivants durant la nuit. Peter veut en savoir plus et essaie d’en parler à son père, mais celui-ci cache un secret qui se révélera lié à toutes ces histoires.

J’ai choisi ce livre pour le Train Fantôme vraiment au hasard. J’ai cherché un titre avec « forêt »! Je ne m’attendais pas à grand-chose, mais j’ai été agréablement surprise. Je l’ai beaucoup aimé et si je l’avais lu adolescente, je suis sûre que je serais devenue fana de cet auteur. Il écrit bien, et l’histoire est intéressante et elle nous en apprend plus sur les mœurs et les coutumes d’une époque passée, comme la nunta mortului, les noces funèbres, où le jeune homme qui meurt célibataire doit être marié à une fille du village avant d’être enterré, ou encore les différentes légendes des vampires. Ici, les vampires sont loin d’être des Dracula ou des Edward Cullen. Ils sont plutôt des morts-vivants qui se déplacent comme des zombies.

Si vous avez des ados qui aiment les histoires un peu sombre, ce livre est pour eux.

5 octobre: La maison hantée

10 octobre: Les zombies

15 octobre: Le cimetière, la crypte

20 octobre: La forêt interdite

25 octobre: L’école, le lycée, le campus

30 octobre: Le parc d’attractions

Pour plus d’information sur le Challenge Halloween, pour lire différents billets ou pour embarquer dans le train fantôme, vous pouvez visiter les blogues des deux organisatrices

Hilde

Lou

Ou vous pouvez vous inscrire au groupe Facebook où vous aurez tous les liens des participants.

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Pierre de lune – Wilkie Collins

Wilkie COLLINS (1995)

Phébus

508 pages

(version d’origine: The Moonstone, 1868)

MAJ 2011: Je viens tout juste de terminer une lecture commune de No Name (Sans nom) de Wilkie Collins et avant d’écrire un billet sur ce livre, j’ai décidé de revisiter ma première rencontre avec Collins, rencontre qui n’avait pas été fructueuse et qui n’annonçait rien de bon pour No Name. Pourtant, cette deuxième rencontre fut merveilleuse, et j’ai la tête encore pleine d’images. Mais pour l’instant, tenons-nous-en à Pierre de Lune.

Il y a quelques années, alors que je participais activement au forum des rats de biblio-net, il y avait ce qu’on appelait les « livres voyageurs »: un lecteur envoyait un livre à un autre lecteur, qui laissait un petit mot dedans et qui continuait à le faire voyager jusqu’à ce qu’il revienne vers son propriétaire. L’exercice a été plutôt réussi, mais officiellement, il ne dura pas très longtemps, car quelques pommes pourries se sont approprié des livres, alors ceux-ci ne revenaient jamais. (J’ai retrouvé The Holy Man mais je n’ai jamais revu Le vol d’Icare). Pierre de Lune était le livre voyageur de Cryssilda, passionnée fois mille de Wilkie Collins. Il est difficile de rester insensible devant un tel enthousiasme, alors j’avais inscrit mon nom pour ce livre voyageur et j’ai plongé dans l’univers victorien pour la première fois, sans expérience et sans repères. Voici ce que ça a donné, en 2004.

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Quatrième de couverture

« La Pierre de Lune se vengera! » Mais que veut dire le brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l’héroïne, Rachel, une intrépide jeune fille de 18 ans, partage la vedette avec le Sergent Cuff, un policier de Scotland Yard aux manies surprenantes… et un diamant baptisé Pierre de Lune. Une enquête dans le plus pur style Collins, que vous vivrez aussi en compagnie du très étrange Gabriel Betteredge et de la non moins excentrique Miss Clack. Le poète T.S. Eliot disait de ce roman de Wilkie Collins qu’il était « le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l’Angleterre a produit en matière de roman d’énigme. »

Des années auparavant, un membre de la famille Verinder a dérobé, en Inde, la Pierre de Lune, plus gros diamant au monde. Mais selon la légende, ce diamant portera malheur à celui qui le possède. De retour en Angleterre, le voleur lègue, à sa mort, le diamant à sa nièce, Rachel, le jour de son anniversaire. Mais le lendemain matin, celui-ci a disparu, et les problèmes se multiplient.

Par où commencer… Eh bien, c’est une histoire très intéressante et extrêmement bien montée. Chaque personnage fait son bout de chemin en nous disant exactement ce qu’il sait du vol de la Pierre de Lune et non pas en extrapolant sur ce que savent les autres ou sur ce qu’ils ont fait. Pour ceux qui aiment les mystères et les polars, on est incapable de trouver le coupable avant la fin (toujours un bon signe).

Cependant, quelques trucs m’ont moins plu. J’ai trouvé le livre extrêmement long (mais je pense qu’il existe des éditions abrégées). Pendant la première moitié du livre, je trouvais que l’action avançait très lentement, et ça ne m’incitait pas à lire, d’où l’éternité que j’ai prise pour lire ce livre. Par contre, à partir de la moitié, je l’ai dévoré.

Aussi, tout comme dans Tess d’Urberville de Thomas Hardy, j’ai trouvé la description des femmes très insignifiante. Je sais bien qu’on parle d’une autre époque et que souvent, c’est fait avec humour et dénonciation, mais ce n’est vraiment pas pour moi. Je ne suis pas très féministe, mais certaines des descriptions me faisaient friser le poil des bras, comme on dit ici. Je pense que les classiques anglais ne sont pas pour moi. Pourtant, j’ai quand même envie de lire La dame en blanc, car je pense que la partie la plus intéressante de Pierre de Lune est la préface dans laquelle on en apprend plus sur Wilkie (très intéressant personnage) et sur la femme qui lui a inspiré La dame en blanc.

Ma note : un 3.5/5. Ce n’est pas une notre extraordinaire, mais je suis très heureuse d’avoir découvert un auteur que je n’aurais jamais lu autrement.

MAJ 2011: Après 7 ans, je n’ai toujours pas lu La dame en blanc, mais j’ai découvert que j’aimais les classiques anglais. Je l’ai déjà dit, mais je le répète: Seuls les fous ne changent jamais d’idées…

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Jane Eyre – Charlotte Brontë

Charlotte Brontë (cette édition 1992 – première édition 1847)

Wordsworth Classics

548 pages

J’avais adoré Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent en version traduite) d’Emily Brontë. Je ne m’attendais pas à adorer Jane Eyre. Je me disais que c’était assez improbable que deux sœurs aient le même talent ou je pensais que ce livre-ci serait une copie du premier, qu’il tiendrait sa notoriété du fait de la vie tragique de la famille, etc. Eh bien, honte à moi, femme de peu de foi. J’ai a-d-o-r-é. Je l’ai à peine terminé que j’aimerais le relire. Je veux voir le dernier film, des documentaires, lire sur l’auteure, sur ses sœurs, lire leur oeuvre, tout!

Pour tomber dans la comparaison facile, ce que d’autres ont sûrement déjà fait (en fait, il doit même exister des thèses de doctorat sur le sujet), je peux dire qu’après deux Brontë et quatre Austen, je préfère les livres des premières. Les histoires, même si elles décrivent un peu les mêmes sociétés et les mêmes enjeux, sont beaucoup plus noires. Gothiques? Du moins, elles me semblent pas mal plus substantielles et originales, même si j’aime quand même beaucoup l’humour des livres d’Austen.

Revenons au livre. Jane Eyre, jeune orpheline, va vivre chez sa tante maternelle. Sa tante et ses cousins la traitent comme un fardeau, une moins que rien. Après quelques épisodes d’humeur (c’est que la jeune Jane ne s’en laisse pas toujours imposer), on l’envoie à Lowood, une affreuse pension où Jane sera éduquée et se fera des amies, malgré la dure vie. À sa majorité, elle enseignera à Lowood deux ans avant de mettre une petite annonce dans le journal (c’est vous dire qu’elle était avant-gardiste) et de se trouver un poste de gouvernante à Thornfield pour la jeune Adèle, pupille de M. Rochester, propriétaire des lieux. Entre eux deux, une histoire se développera, mais ce ne sera pas de tout repos. Je m’arrête ici, pour ne pas dévoiler la fin.

Par où commencer? Par dire que je connaissais cette oeuvre de nom, mais que je ne connaissais pas du tout l’histoire. J’ai tout aimé de ce livre. J’ai aimé la description de la société anglaise de l’époque, de l’éducation, du rôle des hommes et des femmes, des régions, de la religion, etc. J’ai adoré que Jane, malgré son statut d’orpheline, ne soit pas qu’une victime. Dès les premières pages du livre, on découvre une fille forte et têtue qui n’a pas peur de parler haut et de dire ce qu’elle pense, que ce soit à sa tante, à son maître ou au révérend. J’ai adoré l’histoire d’amour tellement pas mièvre entre Jane et Rochester. J’ai adoré l’indépendance de Jane durant son exil, sa fidélité et ses principes. J’ai été vraiment impressionnée par le sang-froid et l’indépendance de Jane, deux qualités sûrement peu féminines et usitées à l’époque. C’est probablement une des raisons qui a poussé Charlotte Brontë à faire publier son livre sous le pseudonyme de Curer Bell. Enfin, sur une note plus légère, j’ai beaucoup apprécié que tout le français qui se retrouve dans le texte soit exempt de fautes! Souvent, dans des livres écrits en anglais, le français qui y est inséré n’est jamais révisé et il y a toujours des erreurs. Tellement peu professionnel, à mon avis.

Là où le bât blesse, c’est que Brontë, comme sa soeur et les autres auteurs de l’époque, semble vouloir parfois trop en mettre, ou plutôt tout mettre, comme pour étaler ses connaissances. Dans ce livre-ci, c’était le français et la religion (le père des Brontë était révérend). Ce n’est pas inintéressant, mais ce n’est pas non plus toujours pertinent. Ce n’est tout de fois pas désagréable. On lit quelques paragraphes plus rapidement que d’autres…

Je crois qu’on peut lire Jane Eyre sans connaître grand-chose de l’histoire de Brontë, comme moi, mais l’histoire devient des plus intéressante quand on connaît un peu la biographie de la famille. Charlotte Brontë et ses soeurs ont passé quelque temps dans une pension comme Lowood, où elles ont acquis une éducation, mais où deux des leurs sont mortes, et ces morts ont énormément affecté les soeurs (ressemblance avec Helen Burns dans le livre).  Charlotte, comme Jane Eyre, a aussi travaillé comme gouvernante, elle rêvait d’être institutrice et a même étudié en Belgique sous un maître qui ressemble étrangement à M. Rochester.

Si vous avez une liseuse, les œuvres des Brontë sont toutes offertes gratuitement à divers endroits sur le Web. Je pense entre autres au projet Gutenberg, où vous pouvez les télécharger en français ou en anglais. C’est ici. Ou à ebooksgratuits, ici. Pour s’amuser sur un blogue (français) consacré aux soeurs Brontë, c’est. Pour un blogue en anglais, tout aussi intéressant, allez là.

Ce livre était le premier du Défi La Plume au féminin. Avant de poursuivre avec un autre roman, je vais lire la vieille biographie des soeurs Brontë qui traîne ici depuis des années: La vie passionnée des Brontë de Jeanne Bluteau.

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