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A Tourist’s Guide to Ireland – Liam O’Flaherty

Liam O’Flaherty (1929)

Lu en anglais (A Tourist’s Guide to Ireland) en version électronique

Nombre de pages : Apparemment 125 (selon Internet)

Avec cette lecture, je m’aventurais (encore) dans l’inconnu. Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur, alors encore une fois, j’ai pigé au hasard et je suis tombée sur un genre de faux guide de voyage que O’Flaherty écrit sur son île natale « dans le seul but de sauvegarder les intérêts du touriste assez hardi pour entreprendre de visiter son île ».

Pour O’Flaherty, il y a quatre grands groupes de touristes : ceux qui viennent pour apprendre, ceux qui viennent pour le plaisir, ceux qui viennent pour se reposer et ceux qui viennent faire un profit. Ce dernier groupe, il ne veut pas l’aider et le laisse à la merci de l’industrie touristique irlandaise (qui est vampirique). Son guide, il l’a écrit pour les autres…

Après l’intro générale sur les touristes, O’Flaherty organise son livre en divers chapitres qui traitent chacun des différents groupes qui, selon lui, composent la société irlandaise : les prêtres, les politiciens, les propriétaires de pub et les paysans. Selon l’auteur, le prêtre est bien utile, car il offre souvent le gîte et le repas, et c’est une bonne connaissance à avoir, mais il faut faire attention, car les prêtres des paroisses sont souvent des aristocrates parvenus qui sont plus intéressés par l’argent que par leurs paroissiens. Puis, il y a les politiciens qui, selon l’auteur, sont complètement inutiles. Ils ne savent pas gérer le pays et peuvent pratiquement être traités de criminels. Le touriste doit les observer, mais se tenir loin d’eux. Ensuite, il y a les propriétaires de pub, qui sont de vrais voleurs et qui devraient mettre en colère tout bon touriste. Les pubs irlandais, selon l’auteur, ne se comparent pas du tout aux pubs anglais où on peut bien manger. Ils sont plutôt des trous à éviter. L’auteur précise tout de même que dans le pays, on trouve quelques exemples de bons pubs et que si les politiciens avaient de l’allure, ils publieraient un guide des meilleurs pubs du pays. Enfin, il y a les paysans, que le touriste doit prendre en pitié et admirer. Les paysans sont de braves gens, mais ils sont exploités par les politiciens et par les tenanciers et jamais défendus par les prêtres, qui les poussent plutôt à s’établir sur des terres non cultivables, parce qu’une dure vie sur une terre rocheuse t’envoie plus rapidement et directement au paradis…

Je me suis vraiment amusée en lisant ce livre, très acerbe mais aussi très beau. On sent que l’auteur adore son pays et qu’il est fier d’en parler, mais qu’il en veut grandement aux dirigeants qui l’exploitent. J’ai retrouvé un peu du Québec dans ces écrits. Le thème ressemblait à la situation qui a donné naissance au nationalisme québécois : avant 1960, les Québécois étaient encore perçus comme un petit peuple exploité par les boss anglais, les prêtres étaient très (trop) présents  et les propriétaires des tavernes n’avaient aucun scrupule à prendre le dernier cent d’un pauvre type. Tout a changé en quelques années, ce qui est tout un exploit, mais les propos de O’Flaherty ont résonné chez moi. Ce fut une très belle découverte.

Le livre en version anglaise est disponible en version électronique, mais en version française, pas sûre, mais voici une page en français sur le livre. Cliquez ici.

C’était un troisième billet pour le mois irlandais ! Suivez-nous si l’île d’émeraude vous intéresse. Visitez les blogues des participantes pour trouver des idées de lectures et voir si on a tous la même opinion de ces auteurs… Cryssilda nous fait une super récap tous les jours !!

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