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Tooth & Nail – Ian Rankin

Ian RANKIN (1re édition 1992)

Orion (réédition – 1998)

275 pages

L’inspecteur Rebus, qu’on a appris à connaître et qu’on aime, est appelé à Londres pour enquêter sur les crimes d’un meurtrier en série qui s’attaque sauvagement aux femmes. Depuis qu’il a résolu ce qui ressemblait à un cas semblable quelques années plus tôt à Édimbourg, Rebus est reconnu jusque dans le Sud, c’est-à-dire à Londres, mais ce n’est pas toute la bridage anglaise qui est heureuse de voir débarquer ce « paysan » d’Écossais. Toujours adepte de méthodes peu orthodoxes, Rebus, en compagnie de son homologue anglais George Flight, essaiera de résoudre ce nouveau mystère.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé ce livre de Rankin. Bon, j’adore l’Écosse et cet auteur, alors le fait qu’il aille visiter ma ville préférée au monde ne fait qu’en ajouter. De plus, l’intrigue est bien ficelée, et comme je suis bon public, je n’ai pas découvert le pot aux roses avant d’arriver vers la fin. C’est un livre plutôt noir où certains éléments qui semblent maintenant récurrents dans les livres de Rankin reviennent (références à M. Hyde; une autre histoire cul-de-sac avec une femme, etc.) J’ai adoré les différences soulignées entre l’Écosse et les Écossais et l’Angleterre et les Anglais. Est-ce un vieux restant de complexe colonial Québec-France? Peut-être, mais ça m’a plu. Notez aussi l’apparition-éclair de Morris Gerald Cafferty, un gangster écossais qui reviendra dans les prochains livres.

Encore une fois, j’avais entre les mains la super réédition d’Orion, dans laquelle Rankin écrit une introduction. On y apprend donc quelques faits divers intéressants qui ne font qu’ajouter du plaisir à notre lecture. En voici quelques-uns:

  • Rankin a vécu à Londres de 1986 à 1990, à Tottenham près de la Lea, où se situe le dernier meurtre du loup-garou. Fidèle à lui-même, Rankin aime bien placer ses histoires dans des lieux qui lui sont familiers.
  • La première édition anglaise s’appelait Wolfman, et non Tooth & Nail. C’est l’éditeur américain de Rankin qui l’a convaincu de changer le titre, disant que le livre serait pris pour un livre d’horreur.
  • D’après Rankin, ce livre a été influencé par sa lecture de The Silence of the Lambs de Thomas Harris. Il avoue sans honte qu’il voulait atteindre les ventes de Harris. Il a donc écrit une histoire de tueur en série, genre à la mode à l’époque, et il en a mis épais. Son éditeur, bouleversé,  lui a dit de couper, car il y avait trop de sexe et de violence.
  • Pendant ses années à Londres, Rankin a été juré à l’Old Bailey, et le temps qu’il a passé là-bas a servi pour sa description de l’endroit dans ce livre. Un jour, alors qu’il prenait des notes, un garde de sécurité l’a arrêté et lui a demandé de lui montrer ce qu’il écrivait. Horrifié, le garde qui croyait à une menace terroriste, a tout confisqué. Mais Rankin est allé s’asseoir dehors, sur un banc, et a tout retranscrit.
  • La liste des remerciements est une plaisanterie d’initiés: elle contient le nom de ses amis. Notez le nom du Pr J. Curt, qui est en fait Jon Curt, un ami d’université de Rebus avec qui il a beaucoup bu, qui deviendra le Dr Curt dans de futurs romans de Rebus.

Maintenant, un mot sur la traduction de Frédéric Grellier, qui est terrible, à mon avis. En lisant l’introduction de Rankin, qui disait que ce livre contenait beaucoup d’expressions écossaises, j’ai décidé de sortir aussi la version traduite de la bibliothèque, histoire de m’aider si je ne comprenais plus rien à la version originale. Eh bien, j’ai compris la version anglaise, et j’ai détesté la traduction. Celle-ci est très européenne (gonzesses, buter, tronches, etc.) et semble faire fi des passages plus compliqués en écossais.

Voici un exemple d’écossais qui n’a pas été traduit. La phrase a carrément été effacée. Je comprends que traduire une telle chose tient probablement de l’horreur et j’ignore ce que j’aurais fait, mais comme ce tome utilise beaucoup d’expressions écossaises et fait référence à quelques reprises au père de Rebus, à mon avis, il fallait l’inclure.

The argumentative punk was tall and immensely thin, his size and shape accentuated by the black he wore from tip to toe. ‘Twa ply o’ reek,’ Rebus’s father would have called him.  Was the Wolfman fat or thin? (p.126 de l’édition anglaise)

Celui qui ne voulait pas lâcher le morceau était une espèce de grand échalas, l’impression de maigreur et de grandeur accentuée par sa tenue noire de la tête aux pieds. Et le Loup-Garou, était-il maigre ou gros? (p.167 de la traduction)

Ici, un exemple de mauvaise traduction de « get this » et de vocabulaire très européen:

Get this, I’m not homosexul, O.K. ? (p.186 de l’édition anglaise)

T’es pas cool, gonzesse, je suis pas homossexuel, OK ? (p.240 de la traduction)

Merci à Isa pour le super logo Rebus. Si vous voulez lire son avis sur le livre, cliquez ici. Et pour savoir la signification du « FYTP » sur l’affiche, eh bien, il faudra lire le livre…

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
Et hop! Un autre livre Kiltissme!

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L’étrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

Maggie O’FARRELL (2008)

Belfond

232 pages

(version d’origine: The Vanishing Act of Esme Lennox – 2007)

Iris est une jeune femme indépendante qui est propriétaire d’une friperie à Édimbourg. Elle entretient une relation avec un homme marié et une autre un peu spéciale avec son frère adoptif, Alex. En surface, sa vie semble bien aller, mais dès les premières pages, on sent qu’Iris a peu le vague à l’âme. Un bon jour, elle reçoit un appel de l’hôpital psychiatrique de Cauldstone (inspiré du réel asile Craig House) qui doit bientôt fermer ses portes. Comme elle est la seule parente saine d’esprit d’une patiente âgée, Esme, elle devait être contactée. Iris n’a jamais entendu parler de cette grand-tante, la soeur de sa grand-mère Kitty qui habite en foyer et qui souffre d’Alzheimer. Iris se dit qu’elle ne devrait pas s’impliquer, mais elle se présente quand même à l’hôpital et dès ce moment, le destin des deux femmes sera lié.

Entre les chapitres qui se déroulent dans l’Édimbourg contemporain, il y a des retours en arrière dans l’Inde coloniale des années 30 où les Lennox, des gens de la haute société, habitent avec leurs deux filles, Esme et Kitty, et leur nouveau poupon, Hugo. Esme et Kitty ne pourraient pas être plus différentes: Kitty est rangée et obéissante, veut se marier et imiter sa mère. Esme est un esprit libre. Elle oublie toujours quelque chose, elle tombe dans la lune, elle aime danser. Un bon après-midi, un événement tragique surviendra qui changera la vie de la famille. Après ce jour, rien ne sera plus pareil pour la famille, et le destin d’Esme sera changé à jamais.

Mon avis: J’ai tout aimé de ce livre: l’histoire, les personnages, l’écriture, la forme, l’ambiance. Je me suis vraiment attachée à Iris, cette jeune femme moderne un peu intemporelle et perdue  qui semble trouver un sens quelconque à sa vie lorsqu’elle rencontre Esme et commence à en prendre soin. Même si leur relation n’est pas facile, les femmes créent un lien dès leur rencontre, et Iris semble reconnaître en Esme ce qu’on appelle en anglais un « kindred spirit », une âme qui lui ressemble. Petit à petit, au fil des dévoilements, Iris découvrira pourquoi Esme était internée à Cauldstone depuis 61 ans…

L’écriture de l’auteure, même à travers la traduction, a vraiment réussi à me toucher. Je ressentais la douleur d’Esme et le vague à l’âme d’Iris. Tout est en douceur et en finesse, malgré certains thèmes assez sombres comme l’internement d’une personne saine d’esprit ou une relation quasi incestueuse qui réussit à ne pas nous sembler malsaine. Certains passages sont complètement déchirants, comme celui de la page 206 de mon édition.

Un vrai coup de coeur pour moi. Merci à Lou d’en avoir parlé lors du défi Kiltissime! C’est certain que je lirai les autres livres de Maggie O’Farrell.

Conseil: Si vous lisez ce livre, portez attention aux passages qui commencent par des points de suspension. C’est les pensées qui vont et viennent de Kitty, qui souffre d’Alzheimer. Je ne vous dévoile rien en disant ceci, et vous pourrez comprendre l’histoire un peu plus en sachant cela.

Pour écouter une entrevue de 54 minutes avec l’auteure, cliquez ici. L’entrevue a eu lieu dans le cadre de l’excellente émission de radio de la CBC Writers & Company, un incontournable pour tout amateur de littérature. Même si l’idée d’écouter 54 minutes ne vous dit rien, écoutez du moins la présentation par l’intervieweuse. Ses présentations sont toujours excellentes et donnent une belle revue de la vie et de la carrière de l’auteure. Durant cette entrevue, qui parle surtout de L’Étrange disparition d’Esme Lennox et de Cette main qui a pris la mienne, vous en apprendrez plus sur la vie et le parcours d’O’Farrell et vous entendrez son rire contagieux.

Voici un autre lien pour télécharger l’entrevue en Mp3, par exemple, et la mettre sur votre lecteur. Et un autre, au cas où.

Le site officiel assez bien fourni de l’auteure.

Lou et Martine ont toutes deux parlé en bien de ce livre. Cliquez sur leur nom pour voir leur critique.

Ce livre a été lu dans le cadre de notre défi C’est Kiltissime!

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L’Île au trésor – Robert Louis Stevenson

Robert Louis STEVENSON (1983 – cette édition)

Chefs-d’oeuvre jeunesse

199 pages

(version originale: Treasure Island, 1881-1883)

D’après ma signature à la première page, ce livre traîne chez moi probablement depuis sa parution en 1983. Et il n’avait jamais été ouvert. Pourtant, j’ai toujours été une avide lectrice, même petite, et j’ai toujours aimé les histoires d’aventures. Il aura fallu le mois Kiltissime pour que je daigne enfin l’ouvrir. Ce livre m’a enchantée. Et déçue. Enchantée, car j’ai beaucoup aimé, et déçue, car ce que j’avais entre les mains était une « adaptation inédite pour la jeunesse », donc une version un peu tronquée et amochée.

L’histoire: La famille de Jim Hawkins, jeune homme d’environ 14 ans, est propriétaire d’une auberge dans le sud-ouest de l’Angleterre, l’Amiral Benbow. Un jour, un drôle de marin arrive: Billy Bones. Ce dernier est violent, porté sur la boisson et extrêmement nerveux. Il paie même le jeune Jim pour l’avertir si certains hommes se pointent, ce qui ne marche pas vraiment, car à chaque visite de ces hommes, Jim, qui est beaucoup trop naïf, n’y voit que du feu et n’avertit pas le marin, qui finira par mourir après une de ces visites. Après sa mort, Jim se retrouve avec une carte indiquant l’emplacement du légendaire trésor du capitaine Flint. Jim, le docteur Livesey et le châtelain Trelawney décident alors de partir à sa recherche et pour y arriver, ils doivent d’abord se rendre à Bristol et engager un équipage, qui se révélera être des pirates aussi à la recherche de ce trésor.

Mon avis: J’ai beaucoup aimé et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Mais comme j’avais une adaptation jeunesse entre les mains, certains trucs m’ont chicotée. L’édition est jolie et attrayante pour les jeunes, mais elle est truffée de fautes ou de coquilles (busculade, s’rrêta, etc.) , ce qui est inacceptable pour un livre qui s’adresse aux jeunes lecteurs et qui a été traduit maintes fois, et dont les versions sont disponibles un peu partout gratuitement. De plus, en comparant les versions Internet, j’ai pu m’apercevoir que ma version, même si elle me donne toutes les grandes lignes, est assez tronquée.

L’histoire principale de ce livre est la chasse au trésor, mais il est aussi intéressant de remettre ce roman dans son contexte social anglais, car il y a une morale, et les protagonistes, les bons et les méchants, sont très bien décrits. C’est pratiquement en gras et souligné. D’un côté, il y a les bons:  le jeune Jim, naïf et loyal, pour qui une parole vaut de l’or, même quand elle est donnée à un pirate; le docteur Livesey, qui honorera son serment d’Hippocrate et soignera les méchants; et le capitaine Smollett, qui lève le drapeau britannique même si ça risque de les faire prendre. De l’autre, il y a les méchants: Long John Silver, le chef des pirates qui n’hésite pas à trahir et à tuer pour arriver à ses fins; et les autres pirates, tous plus ivrognes et niais les uns que les autres. Évidemment, à la fin, les bons, ceux qui n’ont pas bu, qui ont été loyaux et qui ont bien servi Sa Majesté, gagneront, et les méchants auront presque tous une fin horrible.

À mon avis, c’est un livre que tout le monde devrait lire une fois dans sa vie, si ce n’est que pour savoir d’où viennent certaines images ou archétypes: le pirate à la jambe de bois, le perroquet, fidèle ami des marins, etc.

Ce livre, en version française, est disponible exempt de droits d’auteur sur Internet, ici, par exemple.

Ce billet fait partie du mois Kiltissime!

Pour une liste récapitulative des billets publiés jusqu’à maintenant, allez ici ou .

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Les Empreintes du diable – John Burnside

John BURNSIDE (2008)

Métailié

218 pages

(Traduction de The Devil’s Footprints – 2006)

J’utilise rarement les quatrièmes de couverture pour résumer les romans que je lis, mais cette fois, je dois m’y résoudre. Il se passe tant de choses en si peu de pages dans ce roman que je pense que je n’aurais pas su bien organiser ma pensée, d’autant plus que je n’ai pas adoré…

« Une nuit d’hiver, il y a très longtemps, alors que la neige venait de tomber, le diable a traversé le village de pêcheurs de Coldhaven en laissant la trace de ses pas dans les rues et sur les toits.

Michael a toujours vécu à Coldhaven et il s’y est toujours senti étranger, mais lorsque Moira, une de ses anciennes petites amies, décide que son mari violent est le diable et qu’elle se tue avec ses deux plus jeunes enfants en épargnant son aînée Hazel, elle met en marche un terrible engrenage qui va tout changer. Séduit et fasciné par la jeune Hazel, Michael va se laisser entraîner dans un voyage au bout duquel il sera forcé de faire face à ce qu’il est, d’affronter les démons de son passé. » (Tiré de la quatrième de couverture du livre des éditions Métailié).

Au début de notre lecture, on s’imagine presque avoir entre les mains un livre de légendes, presque, à cause du diable qui serait venu il y a longtemps. Puis, on entre dans un quotidien cru, où la vie conjugale de Michael bat de l’aile et où une mère assassine ses deux fils avant de se suicider. Ensuite, il y a des retours dans le passé de Michael et de celui de ses parents, où on apprend des choses pas toujours jojo. Enfin, folie passagère ou moment de lucidité, Michael et Hazel s’enfuiront de Coldhaven (je ne révèle rien, c’est écrit dans le résumé).

Mon avis: Je n’ai vraiment pas aimé. Je fais attention à mes mots, car j’ai des copines qui ont adoré, mais moi, ça m’a laissée de glace. Ça m’a même exaspérée. Il y a tant d’histoires et presque toutes sont laissées sans fin. On ne saura jamais pourquoi les parents de Michael étaient harcelés. On ne saura pas pourquoi Moira a vraiment assassiné ses fils ni si Hazel est la fille de Michael, etc. Pour moi, la boucle n’a pas été bouclée (et c’est sûrement voulu), et ce n’est vraiment pas mon genre littéraire. J’ai même vraiment détesté la fin, où après avoir fait pénitence (marche de 150 km, l’accident sur la route, voir la mort de près, la petite église mystérieuse perdue au milieu de nulle part), Michael revient à la maison et tout semble bien aller… Puis parlons-en, de ces 150 km… Michael et Hazel roulent pendant des jours avant que Michael fasse demi-tour à pied! Et ils n’auraient fait que 150 km? Problème de logique.

Un des seuls points positifs, à mon avis, est la description du village et de la côte écossaise. Les parents de Michael se sont installés là parce que c’était beau, parce qu’ils pouvaient voir la mer et les oiseaux, parce qu’ils pouvaient être seuls, et on y croit. On veut même aller voir, mais pas s’y installer, si les habitants sont vraiment aussi fous que l’auteur le décrit…

Si vous allez voir les billets récapitulatifs, vous verrez sûrement d’autres avis sur ce livre.

http://www.myloubook.com/archive/2011/06/15/le-mois-kiltissime-le-recap.html

http://www.myloubook.com/archive/2011/06/15/le-mois-kiltissime-le-recap.html

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Classé dans Burnside John

Le Fond de l’enfer – Ian Rankin

Ian RANKIN (2004)

Le Livre de poche

315 pages

(Traduction de Hide and Seek (1990))

Un junkie est retrouvé mort dans un squat d’Édimbourg, sachet de poudre à la main. Tout porte à croire que c’est une surdose, mais quelques éléments inhabituels, comme un 2e sachet de drogue impure, un signe satanique et des chandelles disposées étrangement, intriguent l’inspecteur Rebus, qui sera entraîné à pousser l’enquête plus loin.

J’avais beaucoup beaucoup aimé la première enquête de Rebus, Knots & Crosses, mais celle-ci m’a laissée froide. Son premier livre était rempli de l’innocence du débutant, on dirait que dans celui-ci, Rankin a tout fait pour essayer d’écrire un « vrai » polar noir et il en a trop mis: la fugueuse qui aboutit chez lui, les prostitués mâles, les bonzes de la société d’Édimbourg qui participent à des jeux sexuels, Rebus qui doit faire partie d’un comité antidrogue à cause de son frère en prison, etc. Tout ça, en plus des éléments habituels de Rankin (nom d’auteurs parsemés ici et là, religion, etc.), ça fait trop.

Si j’avais commencé les livres de Rebus par celui-ci, je n’aurais pas continué. Et si je n’avais pas eu le troisième ici, je ne sais pas si j’aurais continué. Heureusement, j’ai tâté le troisième et ouf, c’est du bonbon.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)

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Classé dans Rankin Ian

Knots & Crosses – Ian Rankin

Ian RANKIN (1re édition – 1987)

226 pages

Orion (pour cette édition de 2005)

Version traduite: L’Étrangleur d’Édimbour

Dans ce premier roman mettant en vedette John Rebus, l’inspecteur doit résoudre l’enlèvement et le meurtre de fillettes à Édimbourg, crimes qui le toucheront de près… En même temps, son frère a ses propres ennuis, et tout est peut-être lié.

Il est difficile de ne pas comparer la série de Rebus avec la série de Wallander de Henning Mankell: deux inspecteurs, deux hommes divorcés pères d’une fillette, deux hommes plutôt amochés, deux villes qui sont presque des personnages (Édimbourg et Ystad). Mais quand c’est bien fait, la pilule passe bien et le tout peut être apprécié.

Je suis fan de polars. Mais non seulement les polars que j’aime doivent-ils être intéressants, ils doivent aussi m’apporter plus qu’une enquête: un peu d’histoire ou de sociologie (Ellroy) ou d’exotisme (Mankell) ou de descriptions d’un de mes endroits préférés (Édimbourg, cette fois). Et avec Rankin, ça a cliqué. Tellement, que je vais même tenter de lire la série cet été…

Ce qui est super avec cette nouvelle édition d’Orion, c’est que Rankin a écrit une introduction. Il a relu son livre pour la première fois en presque 20 ans et il nous explique le pourquoi et le comment de la naissance de cette série, nous révélant au passage quelques trucs personnels. Par exemple, Rankin a écrit ce premier Rebus en 7 mois en 1985, alors qu’il était aux études supérieures et qu’il devait écrire une thèse sur Muriel Spark. Il dit qu’il ne connaissait pas les polars, qu’il n’était pas si intéressé que ça par ce genre et que ce livre devait se tenir seul, c’est-à-dire qu’il ne devait pas y avoir une série, et il nous révèle que Rebus mourait dans son premier brouillon!

Aussi, un peu honteux, Rankin écrit que ce premier Rebus est rempli de passages d’initiés (comme la radio qu’il possède) ou d’information insérée pour montrer qu’il est connaissant. Par exemple, à l’époque, il était très fier de donner à son inspecteur le nom de Rebus, qui signifie « rébus » (jeu, devinette). Il était aussi fier des noms d’auteurs lancés ici et là, comme Spark, Mailer, Burgess, et des mots complexes, comme « manumission of dreams » qui renvoya Rankin à son dictionnaire lorsqu’il relut son livre pour en écrire l’introduction. Enfin, d’après Rankin, Rebus ressemble plus à l’étudiant qu’il était qu’à un vrai policier.

J’ai trouvé très sympathique cette introduction qui nous en dit plus sur l’auteur et sur les erreurs de débutant qu’il a faites. Grâce à ces quelques pages de l’édition 2005, je n’ai que plus envie de lire les autres enquêtes de Rebus.

Les enquêtes de l’inspecteur John Rebus

  1. Knots and Crosses (L’étrangleur d’Édimbourg)
  2. Hide and Seek (Le Fond de l’enfer)
  3. Tooth and Nail (ou Wolfman) (Rebus et le loup-garou de Londres)
  4. Strip Jack (Piège pour un élu)
  5. The Black Book (Le Carnet noir)
  6. Mortal Causes (Causes mortelles)
  7. Let it Bleed (Ainsi saigne-t-il)
  8. Black and Blue (L’Ombre du tueur)
  9. The Hanging Garden (Le Jardin des pendus)
  10. Dead Souls (La Mort dans l’âme)
  11. Set in Darkness (Du fond des ténèbres)
  12. The Falls (La Colline des chagrins)
  13. Resurrection Men (Une dernière chance pour Rebus)
  14. A Question of Blood (Cicatrices)
  15. Fleshmarket Close (Fleshmarket Close)
  16. The Naming of the Dead (L’appel des morts)
  17. Exit Music (Exit Music)
Ceci était mon premier billet C’est Kiltissime!

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C’est Kiltissime!

Les gens qui me connaissent savent que j’adore l’Écosse. De tous les pays que j’ai visités, c’est celui où mon coeur est resté. L’Écosse, c’est exactement comme vous l’imaginez, comme dans les films et les livres, et même plus.

Je ne suis pas la seule à penser ça. Ma bonne amie Isa est elle aussi tombée amoureuse du pays en y allant et depuis, elle répand la bonne nouvelle autour d’elle et elle fait des adeptes. Son enthousiasme est contagieux, alors quand elle a lancé l’idée d’un mois écossais, C’est Kiltissime, du 15 juin au 15 juillet, on est plusieurs à avoir accepté le défi.

Pendant ce mois, j’essaierai de mettre quelques critiques de livres sur ce blogue et quelques récits de voyage sur mon blogue « de tous les jours », Les humeurs de Mélodie. Et pourquoi pas une recette ou deux sur Les chaudrons de Mélodie?

Si vous voulez en savoir plus, lire nos critiques, voir des photos, etc. Revenez sur ce site, mais surtout, visitez ceux des deux organisatrices qui s’arrangeront pour faire un décompte de tous les billets, si c’est possible! Et si vous avez un blogue et que vous voulez participer, welcome, me mate!

Les sites des organisatrices

MyLouBook

Cryssilda

Il y a même un site Facebook, Kiltissime is the word. Il faut demander à être membre.

 

 

 

 

 

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