Archives de Tag: littérature américaine

La règle de quatre – Dustin Thomason et Ian Caldwell

CALDWELL, Ian et Dustin THOMASON (2005)

Michel Lafon

367 pages

J’ai un plaisir coupable et je l’assume : j’aime les livres du genre mystico-historiques, comme Le Da Vinci Code ou la série écossaise de Diana Gabaldon. Souvent, en vacances, c’est ce genre de livres qui m’accompagnent. Je les lis, je m’amuse bien, puis je les laisse là, à d’autres.

L’intrigue de La règle de quatre se déroule à Princeton, en 1999. Tom et Paul, amis et finissants universitaires, tenteront de résoudre le mystère de l’Hypnerotomachia Poliphili, un curieux livre très rare. Je ne peux pas en révéler beaucoup plus de peur de vendre la mèche, mais les étudiants résoudront des énigmes cachées dans le livre pour trouver la signification de sa création.

Dans le genre, j’ai déjà lu mieux, mais c’est tout de même divertissant. La prémisse de base est intéressante, mais l’intrigue et les personnages sont assez faibles, alors c’est très peu étoffé, et malgré les renseignements historiques intéressants, on s’attache peu aux protagonistes et on lit assez vite pour arriver à la fin. Le plus important, à mon avis, c’est que ce livre réussit à nous en faire découvrir un autre, l’Hypnerotomachia Poliphili, et à aiguiser notre curiosité. Si le livre nous pousse à aller chercher plus loin, c’est toujours ça de gagné.

Ma note : 3/5

(critique originale – 2005)

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Classé dans Caldwell Ian, Thomason Dustin

Demande à la poussière – John Fante

FANTE, John (1986 pour cette édition)

10/18

272 pages

Bandini est un jeune homme qui a enfin réussi à publier une nouvelle et qui désire maintenant devenir écrivain. Il vit son rêve jusqu’au bout de ses doigts et débarque à Los Angeles pour tenter sa chance.

Ici, ce ne sont pas les événements qui sont importants, c’est l’atmosphère, les émotions, la sensibilité à fleur de peau des personnages. J’ai adoré les réactions très bipolaires de Bandini, comme son enthousiaste extrême lorsqu’il reçoit son premier chèque et part le dépenser en un après-midi, puis le dégoût qui survient à son retour alors que son nouveau costume l’écoeure. À travers les mots de l’auteur, Bandini a expressions touchantes, sincères et naïves :

« Cinq cents dollars, bon Dieu! J’étais carrément un Morgan. Je pouvais prendre ma retraite. »

Comme dans bien des cas, je pense que j’aurais préféré lire ce livre en version originale, car j’ai beaucoup aimé le style direct et je pense que j’aurais encore plus apprécié la « vraie » plume de l’auteur. Je me serais bien passé des traductions très européennes des réalités américaines, mais dans les bibliothèques de Montréal, bizarrement, on ne retrouve les livres de Fante qu’en version traduite.

Ma note : 4/5

(critique d’origine – 2005)

version originale : Ask the Dusk (1939)

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Classé dans Fante John

My Fine Feathered Friend – William Grimes

GRIMES, William (2002)

85 pages

Un tout petit livre écrit par l’ex-critique culinaire du NY Times, William Grimes, qui plaira à tous les passionnés de cuisine.

Il y a quelques années, Grimes et sa femme ont eu une drôle de visite (ou de surprise) dans la cour arrière de leur demeure d’Astoria, en banlieue de New York  : un poulet. Celui-ci y a élu domicile pendant plusieurs mois en compagnie des nombreux chats errants du voisinage. Grimes et sa femme l’ont nourri, lui ont construit un abri et celui-ci n’a démontré aucune envie de partir.

Un livre qui se lit en moins d’une heure. C’est tordant et ça donne presque le goût d’élever un poulet dans notre cour! Je ne sais pas s’il est traduit ou s’il est facilement trouvable, mais si vous le voyez, n’hésitez pas. Vous passerez un excellent moment.

Ma note : 4.5/5

(critique d’origine – 2006)

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Rule of the Bone – Russell Banks

BANKS, Russell (1995)

Alfred A. Knopf

390 pages

Il avait tout pour me plaire, ce livre, car c’est un roman d’apprentissage sous forme de road trip, deux éléments que j’apprécie généralement dans un livre. Bone, 14 ans, jeune délinquant pas trop méchant, essaie de survivre et d’échapper à sa vie de famille minable. Des événements l’obligeront à quitter son patelin pour, tout d’abord, aller se cacher (et tout bousiller en passant) dans une maison de campagne. Ensuite, il vivra dans un bus abandonné (le fameux bus du film De Beaux Lendemains – ou The Sweet Hereafter) avec un vieux rasta qu’il accompagnera par la suite en Jamaïque. Là-bas, Bone se retrouvera et retrouvera sa valeur perdue il y a bien longtemps. Il découvrira aussi les côtés plus sombres des gens qu’il idéalise et acceptera ainsi mieux les siens.

Un livre très touchant. Malgré tous les problèmes de Bone, tous ses mauvais coups, on ne le déteste pas et on ne le plaint pas. On veut seulement qu’il s’en sorte, même si ça veut dire qu’il devra parfois désobéir à la loi. Au fil des pages, on sera témoins de son éveil alors qu’il prend conscience de son être, de sa vie, et qu’il chemine (et en arrache) pour bâtir son propre système de valeurs, son propre code moral.

C’était le tout premier Russell Banks que je lisais et certainement pas le dernier. J’ai adoré les personnages (même les vilains étaient super), et l’histoire, qui bouge beaucoup, n’était jamais ennuyeuse. Banks aurait pu étirer la sauce et nous donner 100 pages de plus, mais il s’est limité au nécessaire et il n’y a rien de superflu dans ce livre.

4.5/5

(critique originale – 2006)

J’ai lu le livre en version originale anglaise, mais il existe une traduction: Sous le règne de Bone.

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Jim Morrison. Life, Death, Legend – Stephen Davis

DAVIS, Stephen (2004)

Gotham Books

482 pages

J’ai finalement terminé ce livre entamé il y a plus d’un an. J’adore les Doors et Jim Morrison. J’ai lu plein d’autres biographies sur eux. Pourquoi alors est-ce que ça m’a pris tant de temps pour terminer ce livre-là? Parce qu’il est poche, poche, poche. Et que j’étais en rage après chaque chapitre.

J’ai essayé de trouver de l’information sur l’auteur, Stephen Davis, mais tout ce que j’ai pu tirer du web, c’est qu’il a écrit beaucoup d’autres biographies de rockers. Je ne sais pas quel âge il a, quel est son parcours et s’il a de la crédibilité ou non. Mais ce que je peux dire, c’est qu’après avoir lu ce livre, ce qui me frappe le plus, c’est que Davis a voulu essayer de nous choquer et de réduire la vie de Morrison à un ramassis de potins.

Bon, il ne faut pas se leurrer. On sait tous comment était Morrison. C’était « Sex, Drugs and Rock and Roll », mais à quoi ça sert de savoir qu’à telle date, Jim s’est soûlé à tel bar et qu’à 3 h du matin, il vomissait dehors? Et peut-on vraiment croire un type anonyme qui dit qu’à telle date, il a vu sortir Morrison de tel bar avec un autre homme et qu’ils s’en allaient baiser à tel motel? Je ne dis pas que c’est faux, mais comment peut-on baser un livre au complet sur des anecdotes qui viennent de gens qui parlent presque toujours sous le couvert de l’anonymat et qui n’avaient aucun rapport intime avec Morrison? Ce n’est pas un livre sur la mafia. Les « informateurs » ne courent aucun risque.

Avez-vous déjà entendu parler des tests de psychologie où on demande à un nombre déterminé de témoins de raconter une scène ou un accident qu’ils viennent de voir? Eh bien, le pourcentage de gens qui relatent l’événement correctement est minimal et ce pourcentage diminue encore plus lorsqu’on leur repose la question quelque temps plus tard et ainsi de suite. Alors, comment peut-on croire un type anonyme qui a vu Morrison 2 minutes en 1967? Voyons! C’est sûr que son souvenir a été modifié au fil des années après avoir raconté l’anecdote plusieurs fois, après en avoir appris sur les frasques de Morrison, etc.

Il faut aussi noter que les « vrais » initiés du club Morrison n’ont pas participé à cet ouvrage, comme ses amis proches qui sont encore vivants, sa famille et la famille de Pamela Courson. Et ceux qui ont donné leurs impressions sur le livre ne sont pas plus impressionnés que moi.

En plus, l’écriture est nulle, nulle, nulle. C’est très A+B=C. La plupart du temps, on a droit à des phrases du genre: « Le 18 avril 1968, Jim est allé au Whiskey Bar. Il a bu 42 gin-tonics. Il est parti à 2 h du matin. Il a vomi et s’est effondré dans les buissons. Il s’est réveillé le lendemain à 7 h. » Pourri. Comment l’auteur sait-il ça? Un oiseau le lui a dit? Il rapporte aussi un tas de disputes entre Pam et Jim. On sait tous que ces deux-là s’entretuaient la plupart du temps et on peut croire les événements si on veut quand des témoins les rapportent, mais quand Davis parle de choses où les deux étaient clairement seuls, comment le croire?

La seule bonne chose qui sort de ce livre, c’est que Davis a fait un très bon travail chronologique et historique. Il nous replace le parcours de Morrison dans la période des années 60 et nous présente beaucoup d’acteurs importants de l’époque (Warhol, Dylan, Nico, etc.) C’est intéressant de voir ce qui se passait autour des Doors à cette époque.

Un livre pourri à mon avis. Un ramassis de cochonneries.

Ma note : 1/5

(critique originale – 2006)

Si vous voulez des livres plus intéressants, lisez plutôt Noone Here Gets Out Alive de Hopkins et Sugerman (entourage des Doors) ou Riders on the Storm de John Densmore (batteur des Doors) ou Light my Fire de Ray Manzarek (claviériste de Doors). Oui, ces gens ont probablement tous une façon unique de voir les événements passés et oui, ils racontent quelques-unes des frasques célèbres de Morrison, mais au moins, ils ont vécu avec lui et autour de lui pendant ces années.

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Classé dans Davis Stephen