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Jane Eyre – Charlotte Brontë

Charlotte Brontë (cette édition 1992 – première édition 1847)

Wordsworth Classics

548 pages

J’avais adoré Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent en version traduite) d’Emily Brontë. Je ne m’attendais pas à adorer Jane Eyre. Je me disais que c’était assez improbable que deux sœurs aient le même talent ou je pensais que ce livre-ci serait une copie du premier, qu’il tiendrait sa notoriété du fait de la vie tragique de la famille, etc. Eh bien, honte à moi, femme de peu de foi. J’ai a-d-o-r-é. Je l’ai à peine terminé que j’aimerais le relire. Je veux voir le dernier film, des documentaires, lire sur l’auteure, sur ses sœurs, lire leur oeuvre, tout!

Pour tomber dans la comparaison facile, ce que d’autres ont sûrement déjà fait (en fait, il doit même exister des thèses de doctorat sur le sujet), je peux dire qu’après deux Brontë et quatre Austen, je préfère les livres des premières. Les histoires, même si elles décrivent un peu les mêmes sociétés et les mêmes enjeux, sont beaucoup plus noires. Gothiques? Du moins, elles me semblent pas mal plus substantielles et originales, même si j’aime quand même beaucoup l’humour des livres d’Austen.

Revenons au livre. Jane Eyre, jeune orpheline, va vivre chez sa tante maternelle. Sa tante et ses cousins la traitent comme un fardeau, une moins que rien. Après quelques épisodes d’humeur (c’est que la jeune Jane ne s’en laisse pas toujours imposer), on l’envoie à Lowood, une affreuse pension où Jane sera éduquée et se fera des amies, malgré la dure vie. À sa majorité, elle enseignera à Lowood deux ans avant de mettre une petite annonce dans le journal (c’est vous dire qu’elle était avant-gardiste) et de se trouver un poste de gouvernante à Thornfield pour la jeune Adèle, pupille de M. Rochester, propriétaire des lieux. Entre eux deux, une histoire se développera, mais ce ne sera pas de tout repos. Je m’arrête ici, pour ne pas dévoiler la fin.

Par où commencer? Par dire que je connaissais cette oeuvre de nom, mais que je ne connaissais pas du tout l’histoire. J’ai tout aimé de ce livre. J’ai aimé la description de la société anglaise de l’époque, de l’éducation, du rôle des hommes et des femmes, des régions, de la religion, etc. J’ai adoré que Jane, malgré son statut d’orpheline, ne soit pas qu’une victime. Dès les premières pages du livre, on découvre une fille forte et têtue qui n’a pas peur de parler haut et de dire ce qu’elle pense, que ce soit à sa tante, à son maître ou au révérend. J’ai adoré l’histoire d’amour tellement pas mièvre entre Jane et Rochester. J’ai adoré l’indépendance de Jane durant son exil, sa fidélité et ses principes. J’ai été vraiment impressionnée par le sang-froid et l’indépendance de Jane, deux qualités sûrement peu féminines et usitées à l’époque. C’est probablement une des raisons qui a poussé Charlotte Brontë à faire publier son livre sous le pseudonyme de Curer Bell. Enfin, sur une note plus légère, j’ai beaucoup apprécié que tout le français qui se retrouve dans le texte soit exempt de fautes! Souvent, dans des livres écrits en anglais, le français qui y est inséré n’est jamais révisé et il y a toujours des erreurs. Tellement peu professionnel, à mon avis.

Là où le bât blesse, c’est que Brontë, comme sa soeur et les autres auteurs de l’époque, semble vouloir parfois trop en mettre, ou plutôt tout mettre, comme pour étaler ses connaissances. Dans ce livre-ci, c’était le français et la religion (le père des Brontë était révérend). Ce n’est pas inintéressant, mais ce n’est pas non plus toujours pertinent. Ce n’est tout de fois pas désagréable. On lit quelques paragraphes plus rapidement que d’autres…

Je crois qu’on peut lire Jane Eyre sans connaître grand-chose de l’histoire de Brontë, comme moi, mais l’histoire devient des plus intéressante quand on connaît un peu la biographie de la famille. Charlotte Brontë et ses soeurs ont passé quelque temps dans une pension comme Lowood, où elles ont acquis une éducation, mais où deux des leurs sont mortes, et ces morts ont énormément affecté les soeurs (ressemblance avec Helen Burns dans le livre).  Charlotte, comme Jane Eyre, a aussi travaillé comme gouvernante, elle rêvait d’être institutrice et a même étudié en Belgique sous un maître qui ressemble étrangement à M. Rochester.

Si vous avez une liseuse, les œuvres des Brontë sont toutes offertes gratuitement à divers endroits sur le Web. Je pense entre autres au projet Gutenberg, où vous pouvez les télécharger en français ou en anglais. C’est ici. Ou à ebooksgratuits, ici. Pour s’amuser sur un blogue (français) consacré aux soeurs Brontë, c’est. Pour un blogue en anglais, tout aussi intéressant, allez là.

Ce livre était le premier du Défi La Plume au féminin. Avant de poursuivre avec un autre roman, je vais lire la vieille biographie des soeurs Brontë qui traîne ici depuis des années: La vie passionnée des Brontë de Jeanne Bluteau.

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