No Name – Wilkie Collins

Wilkie Collins (1991 – V.O. 1862-1863)

Oxford University Press – World’s Classics

553 pages

Cet été, sur la blogosphère, une lecture commune de No Name de Wilkie Collins se promenait. Comme je voulais retenter cet auteur après un premier essai mitigé avec Pierre de lune, je me suis lancée. Puis, la plateforme où devait avoir lieu cet échange a été piratée, et tout est devenu un peu plus compliqué, alors j’ai remis ma fin de lecture, et me voici, plusieurs mois plus tard, pas fière du retard accumulé, mais très heureuse par ce deuxième essai qui m’a enchantée. Tout n’est peut-être pas fini entre M. Collins et moi…

Le résumé (Attention, révélations)

Magdalen et Norah Vanstone viennent d’une famille heureuse et sont deux jeunes femmes libres et épanouies. Jusqu’à ce que la mort de leurs parents, l’un après l’autre, les laisse orphelines. En temps normal, les deux jeunes femmes auraient dû hériter de tout, mais un secret familial bien gardé sera le malheur des filles: leurs parents n’étaient pas mariés à leur naissance, alors légalement, tout revient au parent le plus proche de M. Vanstone, son frère qui le déteste. Informés de ce problème potentiel peu avant leur mort, les Vanstone essaient de régler le tout, mais le malheur survient avant qu’ils puissent le faire. Magdalen et Norah deviennent alors « les enfants de personne » (nobody’s children – ces mots m’ont fait pleurer) et devront trimer dur pour survivre. Norah suivra Mrs Garth, la gouvernante, pour devenir elle-même gouvernante, mais Magdalen, qui n’accepte pas du tout son lot, fera tout en son possible et usera de duperies pour regagner cet héritage qui est le sien.

Mon avis

J’ai adoré cette lecture.  J’ai tout à fait embarqué dans cette histoire que je trouvais tout à fait déchirante, celle de deux soeurs qui par une erreur administrative et les règles d’un monde mené par les hommes perdent tout du jour au lendemain. Je comprenais tout à fait Magdalen de vouloir se venger et de tout faire pour y arriver. Ce qui m’a surprise, en fait, c’est que Wilkie Collins mette en scène un personnage féminin si fort et moderne pour l’époque, car apparemment que M. Collins avait quelques tendances misogynes. Bon, on peut dire que Magdalen paiera pour ses tromperies, mais elle finira quand même vainqueur à la toute fin.

Certains lecteurs ont trouvé le temps un peu long en lisant ce livre, et je peux comprendre. Il y a beaucoup de descriptions, mais étrangement, cette fois, ça a marché pour moi. Je les trouvais excellentes et je m’imaginais tout à fait la scène, les personnages ou les lieux, comme cette description de Vauxhall Walk à l’époque:

The network of dismal streets stretching over the surrounding neighbourhood contains a population for the most part of the poorer order. In the thoroughfares where shops abound, the sordid struggle with poverty shows itself unreservedly on the filthy pavement; gathers its forces through the week; and, strengthening to a tumult on Saturday night, sees the Sunday morning dawn in murky gaslight. Miserable women, whose faces never smile, hauntthe butchers’ shops in such London localities as these, with relics of the men’s wages saved from the public-house, clutched fast in their hands, with eyes that devour the meat they dare not buy, with eager fingers that touch it covetously, as the fingers of their richer sisters touch a precious stone. »

J’ai souvent ri des éléments très victoriens, comme le fait que 2 personnes dans la même maison s’écrivent au lieu de se parler de vive voix, ou d’autres extraits comme:

« Go on, my dear. What’s the next question? Come to the point! » She was far too genuine a woman to do anything of the sort. She skirted round the point […]

Forgetting all other anxieties in the anxiety to cheer him, she gently pressed the hand he gave her. « If that won’t tell him the truth, » she thought, « nothing will. » (C’est que Magdalen pensait pouvoir dire à Kirke, en pressant sa main, qu’elle l’aimait…)

Un autre exemple qui a sûrement choqué la galerie de l’époque:

Her voice faltered softly, and she put the lock of hair, with a languid gentleness, to her lips. It fell from her fingers into her bosom. A lovely tinge of colour rose on her cheeks, and spread downward to her neck, as if it followed the falling her.

Et comment ne pas aimer le clin d’oeil au Québec:

« Some months after Andrew’s arrival with his regiment at Quebec […] »

Apparemment que le 8 janvier est le 188e anniversaire de Wilkie! Ce billet tombe à point! Pour lire d’autres billets sur cet auteur, ou d’autres billets anglais, visitez la page récapitulative du mois anglais. C’est ici.

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7 Commentaires

Classé dans Collins Wilkie

7 réponses à “No Name – Wilkie Collins

  1. il ne faut pas que je lise ton billet ! Je l’ai dans ma PAL et je veux tout découvrir. Ca ne m’étonne pas que tu aies eu un coup d ecoeur ! Je sens aussi que je vais aimer ! J’ai pour l’instant apprécié tous els romans de cet auteur…

  2. Pingback: Livres lus en 2011 | les livres de Mélodie

  3. Pingback: Plaisirs à cultiver » Récapitulatif du mois anglais

  4. J’ai justement un peu peur de trouver le temps long… mais je l’ai chez moi tout comme d’autres Wilkies et j’ai bien envie d’en lire à nouveau dans l’année !

    • Il y a eu un petit moment, peut-être vers la page 400, où j’ai moi-même trouvé un peu le temps long, plus rien n’avançait, mais j’ai lu en diagonale pendant quelques pages et l’intérêt a repris, pour moi en tout cas. J’espère que tu l’aimeras 🙂

  5. Pingback: Récapitulatif du mois anglais | Plaisirs à cultiver

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