Aya de Yopougon, vol. 1 à 6 – Marguerite Abouet

Aya de Yopougon

Volumes 1 à 6

Marguerite ABOUET

Bayou

Semblant de résumé

Les six tomes de cette série nous relatent les histoires d’Aya, jeune fille de 19 ans qui vit à Yopougon, commune d’Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Autour d’Aya, qui rêve de faire médecine, gravitent sa famille et ses amis: Bintou, qui veut devenir célèbre, et Adjoua, qui devra vivre avec la dure réalité de jeune fille mère. Les parents des filles sont aussi des personnages principaux en soi et à travers eux, Marguerite Abouet réussit à faire passer toute une gamme d’opinions, de croyances, d’habitudes et de coutumes. On parlera d’homosexualité (inconcevable là-bas), de grossesse, de farniente, de mariage forcé, d’adultère, d’études, d’argent, de jeunes qui se cherchent, d’émigration, de fraude, de croyances, de coutumes, etc.

Mon avis

J’ai adoré! Encore une fois, merci à ma copine Annie pour cette jolie découverte que j’ai dévorée. J’ai tout aimé de cette série. Les illustrations de Clément Oubrerie sont magnifiques. Les histoires de Marguerite Abouet sont géniales, intéressantes, inspirantes et éducatives. C’est un minicours de sociologie africaine (ivoirienne, du moins) qu’elle nous donne sans toutefois que ce soit barbant. Certains personnages, surtout les hommes, et certaines histoires feront rager les femmes occidentales que nous sommes, mais il y a espoir et tout n’est pas perdu, car les jeunes filles, et même leurs mères, sont des femmes fortes qui sans nécessairement se battre officiellement, refusent de toujours accepter sans rien dire ce que la génération précédente a fait.

J’ai aussi beaucoup aimé les mots de cette série. La langue est presque un personnage en soi. À la fin de chaque tome, il y a un lexique ivoirien qui nous aide à mieux comprendre l’histoire, mais même sans s’y référer, on comprend le sens. (Exemples: ploco-placa: faire l’amour; gaou: idiot; djo: un mec, etc.). Il y a aussi les nombreux proverbes qui me semblent sans queue ni tête, mais qui sont tordants: « Quiconque ne veut pas manger, ne veut pas non plus aller à la selle. » (On récolte ce que l’on sème.);  « Les oreilles ont beau pousser, elles ne dépasseront jamais la tête. »; « Les fesses ont beau grossir, elles n’étouffent pas l’anus. » (Même si tu es gros et faible, tu as toujours un point faible.); « Les boutons qui sont entre les fesses de ton voisin ne doivent pas te déranger. »; « Retenir ses excréments dans le ventre n’est pas un remède contre la faim. »; « Personne ne peut presser tout seul l’abcès qu’il a dans son dos. »; « Le bouc pue mais les chèvres ne le repoussent pas. » (Il faut accepter de garder son mari malgré tout.). Et j’aurais pu continuer ainsi.

De plus, à la fin de chaque tome, il y a aussi le « bonus ivoirien ». Quelle merveilleuse idée! On y retrouve des recettes du pays, des modes d’emploi, comme celui qui montrera aux femmes à attacher son bébé sur son dos, et quelques courts textes pour expliquer un peu les us et coutumes du pays, comme la relation entre la Côte d’Ivoire et la France ou le (non) rôle des psychologues dans ce pays, etc.

Exemple de bonus ivoirien, où on apprend comment se trémousser grâce à Bintou.

Apparemment qu’un film est en cours…

L’illustrateur, Clément Oubrerie, a un blogue dans lequel vous pouvez voir ses illustrations.

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6 Commentaires

Classé dans Abouet Marguerite

6 réponses à “Aya de Yopougon, vol. 1 à 6 – Marguerite Abouet

  1. Depuis le temps que je les vois passer à la bibliothèque où je travaille, je ne m’étais jamais laissée tentée. Dès demain, je les emprunte ! tu as eu les mots qu’il fallait pour me convaincre 🙂

  2. Tu travailles dans une biblio! Chanceuse! J’étudie en ce moment dans ce domaine 🙂 Je n’aurais jamais pris ces livres sans la recommandation d’une amie, je pense. Mais en tout cas, je suis heureuse d’y avoir succombé 🙂 J’espère que tu aimeras.

  3. Isa

    moi aussi je suis une chanceuse ^^
    et j’ai beaucoup aimé cette série

    le père de mes enfants est ivoirien et j’ai vraiment eu plaisir à plonger dans ce monde qui me rappelle tant mon « ex » belle famille. je lis Aya et c’est ma ptite belle-soeur que j’entends parler ^^

    • J’espère un jour faire aussi partie des chanceuses 😉

      J’imagine que cette série t’a touchée particulièrement, alors! J’ai vraiment accroché à la langue. C’était magnifique. L’auteure et l’artistes ont vraiment réussi à rendre vivant ce coin du globe.

  4. Pingback: Livres lus en 2011 | les livres de Mélodie

  5. Belle saga, en effet, avec en effet de drôles d’expressions et des proverbes assez surprenants. J’ai aimé la fraîcheur, l’humour et le dynamisme de cette série, ainsi que son côté dépaysant. Bref, j’ai beaucoup apprécié!

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